| France - Anglet, le parc écologique Izadia |
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| Mercredi, 03 Juin 2009 09:10 |
Présentation du parc écologique Izadia d'Anglet (64) :Situé à l'embouchure de l'Adour, au bord de l'océan Atlantique et de la plage de la Barre, le parc Izadia (nature en langue basque) présente un milieu naturel en voie de réhabilitation très agréable pour les promeneurs.
La création de ce parc pour protéger cette nature singulière a nécessité la conception d'un paysage savant, fruit du paysagiste aujourd'hui décédé Guillaume Geoffroy-Dechaume (atelier Acanthe), et d'une réalisation architecturale de Philippe Madec : la Maison de la Nature servant de porte physique et pédagogique.
Photo satellite : Le parc Izadia avant les travaux de réhabilitation
![]() Ouvert en 2008, c'est un endroit idéal pour y emmener des enfants afin de leur faire découvrir un patrimoine naturel à leur échelle.
Photo : Vue du lac nord
![]() Ce parc, d'environ 14 ha, se découvre à travers dix étapes depuis la Chambre de la vanne, qui restaure la circulation aquatique entre l'océan et le lac nord, en passant par la Plage aux oiseaux ou la Pelouse à hélianthème. La visite du parc dure environ 1h30.
Carte : Le parc écologique Izadia
Les dix étapes du site :
1 - La Chambre de la vanne : Grâce aux récents travaux de réhabilitation, la chambre de la vanne, lieu "historique" du site, rétablit la connexion entre le lac nord et l'Adour. A terme, cette connexion devrait permettre de rétablir l'état lagunaire passé du lac nord, augmentant sa biodiversité par des échanges biologiques avec l'océan Atlantique.
Photo : La Chambre de la vanne
2 - L'entre-deux-lacs : La digue de l'Entre-deux-lacs constitue un excellent site d'observation des deux lacs, nord et sud, permettant de visualiser aisément leurs spécificités. Les deux lacs restent isolés hydrauliquement afin de conserver le caractère saumâtre (milieu plus ou moins salé) du lac sud, indépendant de l'évolution lagunaire du lac nord (milieu salé). Le "biseau salé", zone de confrontation des nappes souterraines d'eaux douce et salée, croise cette digue.
Photo : vue de l'entre-deux-lacs
3 - La plage aux oiseaux : Ce milieu, aménagé par la main de l'homme (exemple de réaffectation écologique), est destiné à favoriser, par inondation à marée haute et exondation à marée basse, la fixation sur cette plage d'une faune marine (vers, mollusques, crustacés, ...) et, par conséquent, celle de nombreux oiseaux susceptibles de s'en nourrir (petits échassiers).
Photo : La plage aux oiseaux
4 - Le marais saumâtre : Ce milieu, de très grand intérêt patrimonial, est caractérisé par le jonc maritime et la laîche étirée lui donnant cette physionomie si particulière. C'est un biotope de prédilection pour une faune très riche (libellules, amphibiens, passereaux) qui vit ou vient s'y nourrir et s'y désaltérer.
Photo : Le marais saumâtre
5 - Le biseau salé : C'est le lieu idéal pour juger de la proximité et de la confrontation des nappes souterraines d'eau salée (nappe marine à l'ouest) et d'eau douce (nappes de Chiberta à l'est). Cette zone de confrontation des nappes (appelée "biseau salé"), qui fait la particularité du parc, se déplace latéralement (axe ouest-est), sous vos pieds, en fonction de l'amplitude des marées et des précipitations.
Photo : Le biseau salé
6 - La lande à cistes : La lande à ciste à feuilles de sauge représente, selon l'intensité des contraintes écologiques liées à la proximité de l'océan, soit un milieu permanent, soit un stade dynamique intermédiaire conduisant de la pelouse sableuse à la pinède de pin maritime. Grâce à un bon ensoleillement, elle constitue un milieu pouvant supporter de fortes chaleurs, biotope idéal pour le lézard ocellé (espèce de reptile protégée).
Photo : La lande à cistes
7 - Aulnaie et ormaie : L'aulnaie glutineuse est très fréquente dans les dépressions humides de la région. Vous vous y rafraîchirez sous son ombrage, en observant notamment le dryoptère des chartreux (une fougère). L'ormaie littorale, développée sur la rive est du lac sud, constitue en revanche un milieu boisé fort rare le long de notre littoral, et joue notamment le rôle de réservoir de biodiversité et d'épurateur des nappes d'eau. Ces deux types de boisement sont d'un grand intérêt écologique.
8 - La pelouse à hélianthème à gouttes : Se parant d'or en mai-juin, à la floraison des hélianthèmes (Cistacées), cette pelouse constitue le stade pionner de colonisation des sables décalcifiés. De minuscules plantes annuelles étonnantes s'y développent et bouclent leur cycle de développement au début du printemps. Cette pelouse constitue le biotope favori des lapins de garenne qui, par le remaniement du sable, ne manquent pas d'en provoquer le rajeunissement.
9 - La pinède à chêne-liège : Implantée sur le littoral atlantique au milieu du XIXème siècle afin de fixer les arrière-dunes, la pinède y est devenue caractéristique à tel point qu'elle constitue désormais un habitat d'intérêt communautaire à préserver. Le sous-bois de la pinède du parc étant déstructuré et appauvri, la mise en œuvre d'opérations de réhabilitations écologique (notamment réimplantations d'arbustes, élimination de plantes exotiques invasives) doit lui permettre de retrouver, à terme, son intégrité et son grand rôle écologique et paysager.
10 - L'aire de cultures expérimentales : Espace expérimental de mise en pépinière de semis ou boutures, il permet de cultiver les végétaux faisant l'objet de programmes de réimplantation dans divers biotopes du parc, dans le cadre de sa réhabilitation écologique. Ceci concerne notamment les plantes ayant besoin d'un sol sableux pour se développer, avant leur transplantation définitive dans le parc.
Photo : L'aire de cultures expérimentales
Lexique :
Un biotope : En écologie, un biotope est un ensemble d'éléments caractérisant un milieu physico-chimique déterminé et uniforme qui héberge une flore et une faune spécifiques (la biocénose).
Une lagune : Les lagunes sont des plans d'eau littoraux, généralement de faible profondeur, séparés de la mer par un cordon littoral appelé lido. D'un point de vue hydrologique, la communication avec le milieu marin est réalisée par un grau, dans le cas présent, c'est la chambre de la vanne. Le caractère temporaire ou permanent de ces échanges avec la mer confère aux eaux lagunaires un caractère saumâtre.
Eau saumâtre : Une eau saumâtre est une eau dont la teneur en sels est sensiblement inférieure à celle de l'eau de mer. La concentration totale de sels dissous y est généralement comprise entre 1 et 10 g/l alors qu'elle est (en moyenne) de 35 g/l pour l'eau de mer. Les lagunes possèdent généralement des eaux saumâtres.
Un biseau salé : Partie d'un aquifère côtier envahi par l'eau salée (généralement marine), comprise entre la base de l'aquifère et une interface de séparation eau douce - eau salée : le coin d'eau salée est sous l'eau douce. L'intrusion d'un biseau salé au delà d'une position naturelle de faible pénétration, est quasi systématiquement la conséquence d'une surexploitation de l'aquifère. Une diminution suffisante des exploitations, dans le cadre d'une gestion concertée par exemple, permet d'envisager un retour à la normale à moyen terme.
Une exondation : Phénomène présentant une sortie, hors de l'eau, d'une terre inondée (cf. les marais salants).
Pinède : Une pinède est une forêt ou une plantation de pins, arbres conifères du genre Pinus.
Sources :
Site officiel du parc écologique IZADIA : www.izadia.fr www.le-cartographe.net |
Cartographe - géomaticien
indépendant et ancien officier
géographe du Ministère de
la Défense, actuellement réserviste
au 1er RPIMa à Bayonne...