Accueil

Auteur

anicolas

 

Alexandre Nicolas :

Cartographe - géomaticien,

ancien officier géographe

du Ministère de la Défense.

Lire la suite...  

AUTEUR
Fort de son expérience (15 ans déjà !) et de ses références, Le-cartographe (cartographe-géomaticien et graphistes) vous garantit un travail de qualité et des délais de réalisation toujours respectés.
Chaque projet est personnalisé, conçu et réalisé dans le respect de la sémiologie graphique et de l'information géographique. Système d'information géographique (SIG), modèles numériques de terrain (MNT), images satellites et une importante base de données (vecteurs, rasters), sont autant d'outils utilisés indispensables au travail du cartographe.

LES DERNIERS ARTICLES DU CARTOGRAPHE

Derniers Ouvrages

  • 22 May, 2015
    Les Anglais

    Les Anglais

    Les Anglais, dans le doute ! de Éric Albert, cartographie d'Alexandre Nicolas aux Éditions Atelier Henry Dougier HD.

    anglais couv


    Note de l'éditeur :
    L’Angleterre traverse une crise identitaire. Ou disons plutôt un léger vague à l’âme. Une vraie crise menant à une révolution ne relèverait vraiment pas du tempérament anglais. Mais tout de même, la nation qui domine le Royaume-Uni ne sait plus très bien qui elle est. À l’intérieur du pays, les Écossais sont tentés de couper les ponts. À l’étranger, l’Union européenne les ulcère. Londres est devenue une ville-monde, désormais si peu anglaise. Le nord du pays est délaissé par des élites concentrées au sud. Les classes sociales, autrefois si bien séparées, sont remises en question. L’ancien empire qui dominait le monde n’est plus qu’une puissance moyenne.
    Et pourtant, l’influence anglaise demeure immense à travers le monde. Ses médias, sa musique, son humour restent des références. Le pragmatisme et la bienséance quotidienne font de l’Angleterre l’une des nations qui sait le mieux s’adapter au monde moderne, conjuguant famille royale et modernité sans apparente contradiction.
    Éric Albert
    est installé à Londres depuis 2003. Il est journaliste pour Le Monde et Radio France.


    Collection "Lignes de vie d’un peuple" : Conçue par les ateliers henry dougier (fondateur des Éditions Autrement), cette collection « raconte » les peuples aujourd’hui, trop souvent invisibles. Elle met en scène leurs valeurs, leurs interrogations, leurs créations, leurs passions partagées dans une grande enquête tissée d’histoires fortes, révélatrices de leur culture profonde.

     

    Dans la même collection :

     Collection Lignes de vie d'un peuple

    La couverture est de la photographe et graphiste Céline Boyer (Série " Empreintes").

    Lire la suite ...
  • 19 May, 2015
    La menace Poutine

    La menace Poutine

    Article de Matthieu Chillaud, publié sur le site Atlantico le 17 mai 2015, cartographie d'Alexandre Nicolas.

    La menace Poutine : les trois États baltes demandent la présence permanente de l’OTAN...
    Mindaugas Neimontas, le porte-parole du ministre de la défense lituanien a défendu récemment sa demande d’obtention de troupes permanentes de l’OTAN en avançant qu’il en allait de la sécurité de son pays.
    Les pays baltes et la menace Poutine

    Atlantico : Cette demande de déploiement vis-à-vis de l’OTAN est ancienne, pour quelle(s) raison(s) est-elle renouvelée à ce moment précis ?
    Matthieu Chillaud : Cette demande est effectivement très ancienne et il est vrai que ce qui s’est passé en Ukraine a conféré à celle-ci une légitimité manifeste. Je pense qu’il y a deux dimensions à cette problématique. La première est stratégique : un rapide coup d’œil sur la carte ci-dessus démontre que si les Russes voulaient attaquer avec des armes classiques les trois pays baltes, ils n’auraient aucun problème et cela même si des troupes permanentes de l’Otan étaient installées sur le territoire. Les pays baltes ne disposent d’aucune profondeur stratégique et seraient aussi facilement que rapidement occupés.
     
    La deuxième est psychologique : chacun des trois pays baltes a le sentiment que la présence de soldats de l’Otan sur leur territoire, aussi infime soit-il, aurait un effet multiplicateur de puissance tandis que pour les Russes, voir des soldats de l’Alliance atlantique dans les trois pays aurait probablement un effet psychologique bien plus important que combattre des soldats estoniens, lettons ou lituaniens. Je vous rappelle que l’expert américain Zbiegniew Brzezinski en début d’année plaida devant le Congrès US pour que les Américains pré-positionnent dans les pays baltes des troupes, peu nombreuses pour qu’elles ne provoquent pas la Russie, mais de façon suffisamment ostentatoires pour bien montrer à celle-ci la détermination de l’OTAN. Nous sommes dans la même logique. Souvenez-vous, en outre, des conclusions du Sommet de l’Otan au Pays de Galles : le flanc Est de l’Alliance atlantique, notamment dans la région de la Baltique, allait être renforcé par une force opérationnelle de 5000 hommes capable de se projeter dans les régions périphériques. Si cette force n’est certes pas stationnée de façon permanente dans les pays baltes, il n’en reste pas moins que l’on est à un cheveu d’accéder de facto aux revendications de ces derniers.
     
    Les exercices militaires se sont multipliés ces derniers mois. L’OTAN organise actuellement en Estonie des exercices "Siil 2015" en Estonie, tandis que la Russie a organisé des manœuvres militaires dans la mer Baltique et plus récemment à la frontière estonienne avec 2000 hommes. La peur s’est-elle installée chez les populations Baltes ?  
    S’il n’y avait que ça. Il faut se souvenir des déclarations du Ministre britannique de la Défense Michael Fallon en février 2015 qui estimait que les trois pays baltes seraient possiblement les prochaines cibles de la Russie après que celle-ci eut annexé la Crimée. D’après lui, la menace posée par Vladimir Poutine à l'Europe était équivalente à celle de l'État islamique (sic). Toute une série d’événements n’ont pas manqué, non plus, d’attirer l’attention des commentateurs : l’enlèvement du policier estonien par les services secrets russes le 5 septembre 2014 à la frontière russo-estonienne – deux jours après la visite du Président Obama à Tallinn –, la décision de la Lituanie de publier un petit manuel de survie en cas d’attaque et de rétablir la conscription après qu’il eut été supprimé en 2008, l’organisation d’exercices militaires très importants de l’OTAN dans les trois pays (ainsi qu’en Pologne), etc.
     
    Je reste, cependant, circonspect sur l’effet que cela a parmi les populations baltes. J’habite en Estonie depuis dix ans et je ne perçois pas de changements fondamentaux parmi les Estoniens. Je pense que cela est mutatis mutandis comparable à ce que l’on pourrait observer en Lettonie et en Lituanie. Il y a certes une inquiétude latente mais certainement pas de peur.

    Les pays baltes ont pris leur indépendance depuis plus de 25 ans, pourquoi les tensions restent-elles aussi fortes entre les Etats Baltes et la Russie ?
    Il existe toute une série de raisons imbriquées les unes dans les autres. Certaines sont très émotionnelles, d’autres sont plus pragmatiques. Par exemple, je soutiens depuis longtemps la thèse qu’il existe dans les trois pays baltes, depuis le rétablissement de leur indépendance, un réflexe machinal de méfiance vis-à-vis de la Russie et un automatisme de confiance vis-à-vis des ennemis de la Russie. En raison de ce syndrome de l’enfant battu – ils ont tout de même été annexés par l’Union soviétique en 1945 pour ne retrouver leur indépendance qu’au tout début des années 1990 –, associé l’adage voulant que "l’ennemi de mon ennemi, soit mon ami", certains voient en Estonie, en Lettonie et en Lituanie ce qui s’est récemment passé en Ukraine – comme ce qui s’était en Géorgie avant, voire en Tchétchénie – comme une illustration de l’impérialisme russe à l’œuvre contre une volonté d’émancipation nationale, dont celle-ci est alors la victime comme leur pays de 1945 le fut de leur variante soviétique. On soutient tous aimuths tous les pays hostiles à la Russie ce qui ne peut qu’irriter cette dernière. Pour la Russie, il y a une crainte viscérale que les pays baltes contribuent à ce sentiment d’encerclement de puissances hostiles, en premier lieu l’Otan, perception qu’elle a depuis une vingtaine d’années. Ce sentiment s’exacerbe depuis que les pays baltes ont rejoint l’Otan. Cela risque de s’empirer si les pays baltes accueillent des bases permanentes.

    Comment la Russie de Poutine s’y prend-elle pour déstabiliser les pays baltes ? Les déstabilisations russes visent-elles les pays baltes ou plutôt l’OTAN ? Pourquoi ?
    Si l’on s’accorde à estimer qu’une attaque armée classique des forces russes au travers des frontières baltes – voire finlandaise – est très peu probable, la crainte partagée par les responsables baltes est bien celle d’actions subversives menaçant leur stabilité interne et leur intégrité territoriale. On parle beaucoup d’hybridité de la menace pour parler de ce que pourrait être le casus belli. Combiner des moyens militaires classiques à des cyberattaques et à de la propagande afin de rendre "indolore" une attaque armée a été le moyen utilisé en Ukraine.
     
    On craint que les Russes utilisent la même technique dans les pays baltes.
    Les déstabilisations russes, en tout cas, ne visent pas seulement les pays baltes mais il est bien plus facile de s’attaquer à ces derniers plutôt qu’aux autres pays membres de l’Alliance. Je vous rappelle que chacun des trois pays, certes à des degrés divers, accueillent d’importantes minorités russophones. Les utiliser comme relais est tentant. Pour autant, il ne faut pas s’imaginer que ces populations russophones constituent un bloc homogène aux ordres de Moscou.  
    En quoi le fait que les pays baltes soient membres de l’OTAN et de l’Union européenne change tout par rapport à la situation en Ukraine ? Est-ce suffisant pour dissuader la Russie de réaliser un coup de force dans les pays baltes ?
    On peut certes jouer aux Cassandres mais j’ai beaucoup de mal à imaginer que la Russie, les pays baltes et l’Otan ne se considèrent pas comme des entités rationnelles lesquelles défendent avec raison leurs intérêts de sécurité.
     
    Les trois pays baltes sont membres de jure et de l’Otan et de l’UE. Cette qualité leur garantit une solidarité politico-stratégique. S’attaquer à un pays baltes impliquerait un casus fœderis, l’OTAN se devrait de porter assistance au(x) pays attaqué(s). Pour Moscou, le jeu n’en vaut a priori pas la chandelle. Par contre, tester la solidarité de l’Alliance est tentant pour une Russie inquiète, voire alarmée, à l’idée que l’OTAN après avoir intégré en son sein ses anciennes provinces baltiques, accueille l’Ukraine. Avancer ses pions sans jamais franchir la ligne rouge, geste qui serait suicidaire, est précisément ce que recherche Moscou. Quant à l’UE, c’est une entité politico-économique qui n’est pas une alliance militaire. Au risque d’utiliser une litote sibylline, je ne vois pas l’UE ne rien faire si les pays baltes étaient attaqués.

    Lire la suite ...
  • 11 May, 2015
    Les Israéliens

    Les Israéliens

    Les Israéliens, hypercréatifs ! de Jacques Bendelac et Mati Ben Avraham, cartographie d'Alexandre Nicolas aux Éditions Atelier Henry Dougier HD.

    Les Israéliens, hypercréatifs ! de Jacques Bendelac et Mati Ben Avraham

    Note de l'éditeur :
    Si le conflit israélo-palestinien est largement couvert par les médias, la société israélienne reste assez méconnue du public francophone. Ce livre invite à découvrir un peuple pluriel et complexe, un État où s’amalgament des rescapés de la Shoah, des immigrants originaires d’horizons très différents, des juifs de stricte observance, des juifs libéraux, des juifs laïcs, des juifs athées voire agnostiques, des chrétiens aux multiples facettes, des musulmans sunnites – des citoyens qui rejettent l’autorité de l’État, et d’autres qui s’en accommodent tant que leurs intérêts sont préservés.
    Dans ce pays laïc, mais empreint de religiosité, dans cet État démocratique, mais tenté par l’autoritarisme, les Israéliens se dotent d’une culture originale et développent une créativité à toute épreuve, tout en revendiquant le droit à la normalité dans un environnement hostile. Ce livre est un voyage au sein d’un peuple-mosaïque dans un État moderne. Un portrait réaliste et attachant des Israéliens aujourd’hui.
    Jacques Bendelac
    est économiste et chercheur en sciences sociales à Jérusalem. Il est notamment l’auteur de Israël-Palestine : demain, deux États partenaires ? aux Éditions Armand Colin, et Les Arabes d’Israël, entre intégration et rupture aux Éditions Autrement.
    Mati Ben-Avraham est journaliste indépendant à Jérusalem. Il a été le rédacteur en chef du service des informations en langue française de la radio israélienne et réalisateur sur la 1re chaîne de télévision israélienne.


    Collection "Lignes de vie d’un peuple" : Conçue par les ateliers henry dougier (fondateur des Éditions Autrement), cette collection « raconte » les peuples aujourd’hui, trop souvent invisibles. Elle met en scène leurs valeurs, leurs interrogations, leurs créations, leurs passions partagées dans une grande enquête tissée d’histoires fortes, révélatrices de leur culture profonde.

     

    Dans la même collection :

     Collection Lignes de vie d'un peuple

    La couverture est de la photographe et graphiste Céline Boyer (Série " Empreintes").

     

    Lire la suite ...
  • 10 May, 2015
    Les Arméniens

    Les Arméniens

    Les Arméniens, 100 ans après de Séda Mavian, cartographie d'Alexandre Nicolas aux Éditions Atelier Henry Dougier HD.
    les Armeniens, 100 après de Séda MavianNote de l'éditeur :
    Quand on évoque les Arméniens, on pense Aznavour, chrétiens d’Orient, montagnes et mont Ararat, églises et monastères, génocide, contentieux avec la Turquie, problèmes avec l’Azerbaïdjan, et conflit du Karabagh. Mais l’on se rend vite compte des limites de nos connaissances. De ce peuple que nous croyons connaître, nous n’avons en réalité qu’une perception réduite et embrouillée.
    Écrit par une spécialiste de l’Arménie, tant de sa mémoire que de son actualité, ce livre a l’intérêt d’exposer avec clarté et originalité la situation présente du peuple arménien, d’en révéler franchement les diverses facettes, les débats qui l’animent, les combats qu’il mène, et les nombreux défis, souvent graves, auxquels il a à faire face.
    Faisant écho à la commémoration du centenaire du Génocide de 1915, ce livre est indispensable à ceux que son destin ne laisse pas indifférent.
    Sèda Mavian est journaliste, correspondante à Yèrèvan en Arménie des Nouvelles d’Arménie Magazine (Nam), le principal mensuel arménien de France. Historienne de formation, elle a collaboré à L’Histoire du peuple arménien sous la direction de Gérard Dédéyan (Éd. Privat, 2006) et est l’auteur d’un essai intitulé « Ma mémoire du Génocide », paru dans La Règle du Jeu (n° 49, mai 2012, Paris).


    Collection "Lignes de vie d’un peuple"
    : Conçue par les ateliers henry dougier (fondateur des Éditions Autrement), cette collection « raconte » les peuples aujourd’hui, trop souvent invisibles. Elle met en scène leurs valeurs, leurs interrogations, leurs créations, leurs passions partagées dans une grande enquête tissée d’histoires fortes, révélatrices de leur culture profonde.

     

    Dans la même collection :

     Collection Lignes de vie d'un peuple

    La couverture est de la photographe et graphiste Céline Boyer (Série " Empreintes").

    Lire la suite ...
  • 22 April, 2015
    Les Inuits

    Les Inuits

    Les Inuits, résistans ! de Anne Pélouas, cartographie d'Alexandre Nicolas aux Éditions Atelier Henry Dougier HD.

    Les Inuits, résistans ! de Anne Pélouas

    Note de l'éditeur :

    Peuple de l’Arctique à l’histoire millénaire, les Inuits ont traversé le XXe siècle en passant du nomadisme à la sédentarité. Doués d’une faculté d’adaptation exceptionnelle, ils traversent aujourd’hui les temps troubles générés par le réchauffement climatique, lequel affecte davantage les pôles que le reste de la planète. Dans toutes les sphères de leur vie au quotidien, autant politique qu’économique, culturelle ou sociale, on sent chez eux une formidable aptitude à la résilience, sans reniement des valeurs fondamentales de leur culture ancestrale.
    Exemple avec les Inuits du Nord du Canada.

    Anne Pélouas est journaliste indépendante, correspondante du journal Le Monde au Canada, où elle est installée depuis 1988. Elle y a réalisé de nombreux reportages et portraits, tant pour des magazines français que québécois, dans des domaines variés : politique, économie, environnement, nature, tourisme, gastronomie… Mais sa passion première va au Grand Nord canadien et à ceux qui l’habitent.

     

    Collection "Lignes de vie d’un peuple" : Conçue par les ateliers henry dougier (fondateur des Éditions Autrement), cette collection « raconte » les peuples aujourd’hui, trop souvent invisibles. Elle met en scène leurs valeurs, leurs interrogations, leurs créations, leurs passions partagées dans une grande enquête tissée d’histoires fortes, révélatrices de leur culture profonde.

     


    Dans la même collection :

     Collection Lignes de vie d'un peuple

    La couverture est de la photographe et graphiste Céline Boyer (Série " Empreintes").

    Lire la suite ...
  • 21 April, 2015
    Les Roumains

    Les Roumains

    Les Roumains de Mirel Bran, cartographie d'Alexandre Nicolas aux Éditions Atelier Henry Dougier HD.

    Les Roumains de Mirel Bran

    Note de l'éditeur :

    Peuple de frontière, les Roumains sont partagés entre la raison de l’Occident et la rêverie de l’Orient. Habitués à négocier avec les grands empires, ils ont fait de la débrouillardise un mode de vie. Le repli sur soi qu’ils manifestent à travers l’histoire se double d’une ouverture qui a souvent permis aux Latins de l’Europe de l’Est de brûler les étapes.

    Mirel Bran est le correspondant des journaux Le Monde et Le Point et de la chaîne France 24 à Bucarest. Fondateur de la maison de production Tadami Presse, il est également réalisateur de films documentaires. Mirel Bran est auteur de Bucarest, le dégel aux Éditions Autrement et Le chasseur de la Securitate aux Éditions du Cygne.

     

    Collection "Lignes de vie d’un peuple" : Conçue par les ateliers henry dougier (fondateur des Éditions Autrement), cette collection « raconte » les peuples aujourd’hui, trop souvent invisibles. Elle met en scène leurs valeurs, leurs interrogations, leurs créations, leurs passions partagées dans une grande enquête tissée d’histoires fortes, révélatrices de leur culture profonde.

     

    Dans la même collection :

     Collection Lignes de vie d'un peuple

    La couverture est de la photographe et graphiste Céline Boyer (Série " Empreintes").

    Lire la suite ...
  • 14 April, 2015
    XXI - Hors-Série

    XXI - Hors-Série

    Les Maisons de l'Islam. L'incroyable diversité du monde musulman. 12 récits, photos et bande dessinée. Réalisation de la cartographie de ce hors-série de XXI.

    Depuis quatorze siècles, le monde musulman partage un même livre. Du Coran, « récitation » de la parole divine, sont nées les traditions. Que la mondialisation oppose. Du Pakistan à la Syrie, de l'Égypte au Soudan, du Yémen à la Turquie, c'est un monde qui se confronte à lui-même. Pour ce hors série, XXI a rassemblé ses meilleurs reportages consacrés à l'Islam. Une anthologie à retrouver dès aujourd'hui chez votre libraire !

    es Maisons de l'Islam. L'incroyable diversité du monde musulman

     

    Éditorial :

    Derrière la résistance de la société française à accepter de plain-pied que Moustafa, Hossine ou Mohamed - ce dernier étant un prénom les plus attribués - soient traités à l'égal des Hugo, Louis, Jules ou Arsène, il y a un "secret de famille".

    L’expression est du journaliste et écrivain français Slimane Zeghidour. L’origine de ce secret de famille remonte à la prise d’Alger en 1830 ; il se noue en 1871 avec la transformation de ce vaste territoire en trois départements français avec le même statut que la Creuse ou le Loir-et-Cher ; il connaît une étape décisive en 1962 avec l’indépendance et les accords d’Évian ; il se prolonge avec les enfants de l’immigration venus de l’autre rive de la Méditerranée.
    Ce « secret de famille » s’énonce en une phrase : pendant près d’un siècle, sur quatre générations, des millions de Français ont été privés de droits politiques. Pour justifier cette inégalité de traitement, contradictoire avec l’idéal universaliste, le Second Empire puis la République ont mis en avant… la protection de l’islam.
    Quand, le 24 octobre 1870, le décret Crémieux accorde la citoyenneté française aux 37 000 juifs d’Algérie, il précise aussi que « l’indigène musulman est français, néanmoins il continuera à être régi par la charia ». Des millions d’Arabes et Berbères, français mais appelés officiellement « indigènes », sont ainsi dotés d’une citoyenneté musulmane. Le syllogisme est poussé jusqu’à l’absurde puisque même un Arabe converti au catholicisme ne peut acquérir la pleine citoyenneté française… parce qu’il est musulman ! CQFD.
    De 1881 à 1945, un « Code de l’indigénat », qualifié par les historiens du droit de « monstre juridique », s’applique dans les trois départements français d’Algérie. Il comprend vingt-sept infractions spéciales, dont « le départ du territoire de la commune sans permis de voyage », « la réunion sans autorisation pour fête religieuse » ou « l’acte irrespectueux ».
    L’État célèbre alors les bachaghas, caïds et chaouchs, ainsi que « les structures traditionnelles indigènes ». Dans un joyeux chaos intellectuel, la République invoque même le secours d’Allah (en arabe !) sur les écussons et les blasons de ses soldats, voire même sur certains billets de banque, sans que jamais le Parlement donne le droit de vote aux Arabo-Berbères, « non pleinement français ».
    Même l’abrogation officielle du Code de l’indigénat après la Seconde Guerre mondiale n’ouvre pas sur une citoyenneté de plein droit. En 1948, un « double collège » est institué : une voix de « Français d’Algérie » pèse autant que huit voix de « Français musulmans ».
    Slimane Zeghidour conserve les cartes d’identité de son grand-père et de son père avec les mentions officielles d’« indigène », puis de « Français musulman », puis de « sujet français musulman non naturalisé » et enfin de FSNA « Français de souche nord-africaine ».
    La contradiction éclate avec la guerre d’Algérie, mais l’ambiguïté demeure. Il existe une difficulté persistante à nommer ces « Français de la diversité ». En cinquante ans, les médias et les dirigeants politiques français ont successivement utilisé les termes de « harkis » (les supplétifs engagés au sein de l’armée française, qui ont pu gagner l’Hexagone après 1962, et ont été regroupés dans des camps officiels), puis de « jeunes harkis » pour leurs enfants et même leurs petits-enfants, et enfin de « beurs », « jeunes des quartiers » ou encore de « Français issus de l’immigration ».
    Immanquablement un Français à la peau basanée se voit demander « de quelle origine il est » comme si le fait de naître à Villeurbanne, Villeneuve-sur-Lot ou Grigny ne suffisait pas. En janvier dernier, au 20 Heures de France 2, David Pujadas a pu lancer benoîtement un reportage en parlant d’un « musulman marié à une Française ». L’approche coloniale façonne encore notre inconscient collectif.
    Les secrets de famille sont faits pour être levés et dépassés. Mohamed, Moustafa, Slimane comme Houria, Salima et Fatima sont français lorsqu’ils sont nés sur notre sol ou qu’ils ont été naturalisés. Ils peuvent être musulmans ou pas, c’est leur choix. Rien ne les sépare des autres Français. Il fallait l’écrire avant de poser un regard apaisé sur ces « maisons de l’islam » à travers le monde .

    Carte : plan de Khartoum

    Lire la suite ...
  • 8 April, 2015
    XXI - N°30

    XXI - N°30

    Réalisation de la cartographie de ce nouveau numéro de XXI.

    Illustration : couverture du n°30 (Printemps 2015) de la revue XXI

    Illustration : couverture du n°30 (Printemps 2015) de la revue XXI

     

    Éditorial :

    Au Royaume-Uni, le quotidien The Daily Telegraph est une institution depuis 1855. Début 2015, l’un de ses éditorialistes politiques, Peter Oborne, a jeté un joli pavé dans la mare, en publiant sur le site Opendemocracy un récit sobre et terrible à la fois sur les moeurs de notre métier.

    Son témoignage commence par une déclaration d’amour : « Mon grand-père, le colonel Oborne, était un lecteur du “Telegraph”. Il le lisait chaque matin attentivement en dégustant ses oeufs au bacon. Je pensais souvent à lui en écrivant mes articles. » L’histoire qu’il raconte commence comme tant d’autres en Occident : la chute des ventes (un demi-million d’acheteurs chaque jour quand même !), la panique des propriétaires, les vagues de licenciements, le remplacement de la rédaction en chef et l’essor de « la culture du clic », sans vergogne ni vérification.

    Mais la suite est plus singulière. Peter Oborne évoque sa difficulté à faire paraître un article – qui sera in fine refusé –, à propos de la fermeture unilatérale par HSBC de comptes de Britanniques musulmans. Son trouble augmente quelques mois plus tard en constatant le traitement a minima, « en page 5 de la section “Affaires” du “Telegraph” », d’un autre dossier gênant pour HSBC. Puis ce sera le voile pudique posé par le quotidien sur les manifestations à Hongkong, le centre névralgique de la banque et son fief historique. Là-bas, HSBC est partout, en affiche dans les couloirs de métro et en logo à chaque coin de rue. Le « service minimum » du quotidien précède une tribune offerte à l’ambassadeur de Chine et un supplément lucratif, intitulé « China Watch »…

    Osborne continue sa litanie de bizarreries éditoriales, dont la répétition ne laisse guère de doute sur la nature des pressions exercées. Ses chefs finissent par lui avouer qu’il leur est impossible de froisser l’un des plus gros annonceurs du titre. L’éditorialiste dresse alors la liste de ces impasses au directeur du journal, et met en copie le fils des propriétaires, Aidan Barclay.

    Héritier de l’une des quarante plus grandes fortunes du royaume, M. Barclay en personne le reçoit avec une grande courtoisie, lui offre une tasse de thé et lui propose de se mettre à l’aise. Il le couvre d’éloges mais sans bouger d’un pouce, faisant mine de s’étonner de ce malentendu. L’understandment britannique n’est pas un mythe et la scène pourrait se glisser chez John le Carré.

    Le conflit ouvert se termine par la démission de l’éditorialiste, avant que les listings d’HSBC sur les titulaires de comptes en Suisse non déclarés au fisc ne fassent la Une de la presse européenne. Évidemment, le vénérable quotidien se tait – ou presque. Peter Osborne se fait cruel : « Vous aviez besoin d’un microscope pour trouver le traitement de l’affaire par le “Telegraph” : lundi, rien ; mardi, six petits paragraphes en bas à gauche de la page 2 ; mercredi, sept paragraphes enfouis dans les pages “Entreprises”. »

    Un silence contraint. HSBC pèse 50 milliards d’euros de chiffre d’affaires, 14 milliards d’euros de résultat net et des centaines de millions d’investissements publicitaires. Peter Osborne s’insurge : « Nos lecteurs sont intelligents et sensibles. Si les priorités publicitaires priment sur les choix éditoriaux, comment peuvent-ils continuer à nous faire confiance ? La couverture de l’affaire HSBC est une fraude vis-à-vis d’eux. Le journal a mis ses intérêts au-dessus de son devoir d’informer. Quand j’ai posé à la direction du “Telegraph” des questions détaillées au sujet de ses relations avec les annonceurs, j’ai reçu la réponse suivante : “Vos questions sont pleines d’inexactitudes, et nous n’avons donc pas l’intention d’y répondre”. »

    Osborne n’est pas un activiste. C’est un conservateur bon teint, auteur d’une enquête fouillée sur le spin doctor de Tony Blair, Alastair Campbell, incarnation à ses yeux de « l’émergence d’une classe médiatique ». Son récit nous invite à ne pas regarder la paille dans l’oeil du voisin, sans voir la poutre dans le nôtre. Qui racontera les arrangements en coulisse avec Total, Axa, la Société générale, BNP Paribas, Areva ou LVMH ? Qui peut croire que les plus grandes fortunes françaises achètent des titres déficitaires par amour de la presse ? Qui peut imaginer que les médias sont indifférents aux intérêts de leurs sponsors quand ils acceptent des « contenus partenaires » ou des suppléments dédiés aux marques ?

    Grâce à votre fidélité, nous n’avons pas à affronter ces dilemmes. Ce numéro de XXI est la trentième livraison de 210 pages de journalisme.

    Et seulement de journalisme.

    Laurent Beccaria et Patrick de Saint-Exupéry

    Revue XXI - carte

     

    http://www.revue21.fr

     

    Lire la suite ...
  • 8 April, 2015
    L'Atlas global

    L'Atlas global

    L'Atlas global, sous la direction de Christian Grataloup et Gilles Fumey, conception et réalisation de la cartographie Alexandre Nicolas aux Éditions Les Arènes. Direction artistique de Quintin Leeds.

     

    L'Atlas global

     

    Note de l'éditeur :

    50 cartes inédites pour comprendre "la désoccidentalisation du monde".

    L'Atlas global est un essai en images, conçu par une équipe de vingt-six historiens et géographes de renom. En soixante cartes et infographies inédites, ils nous racontent comment l’Occident s’est vu (parfois à tort) au centre du monde et pourquoi, au tournant du xxie siècle, les cartes du pouvoir ont été rebattues. Un autre monde émerge sous nos yeux, largement  désoccidentalisé. La beauté, le bonheur, les prisons, le sport, les déchets, les virus, les habitudes alimentaires, la vieillesse, le climat… On peut tout cartographier.

    Cet atlas est réalisé sous la direction de Patrick Boucheron, professeur à la Sorbonne et directeur éditorial au Seuil, Gilles Fumey, professeur à la Sorbonne et chercheur au CNRS et Christian Grataloup, professeur à Sciences-Po Paris.

     

    atl glob carte1

     

    atl glob carte2

     

    Quelques critiques de l'ouvrage :

    Une nouvelle cartographie pour un monde global : Les Échos

    Pour aller plus loin :

    Nos Assiettes ne sont pas si mondialisées de Gilles Fumey

    « nous » global de Christian Grataloup

    L'atlas global à l'école du citoyen du monde de Christian Grataloup

     

     

    RFI - Autour de la question - Peut-on faire le portrait du monde ? (avec G. Fumey et C. Grataloup, le 6 janv. 2015)

    Lire la suite ...
  • 2 April, 2015
    6MOIS - N°9

    6MOIS - N°9

    Dans toutes les bonnes librairies, sort ce mercredi 2 mars 2015 le nouveau numéro du magazine 6MOIS, le XXIe siècle en images, magazine qui donne la part belle à la photo et au photojournalisme. Réalisation cartographique d'Alexandre Nicolas.

     

    Couverture du n°9 du magazine 6MOIS

     

    Éditorial :

    Publier n’est jamais un acte anodin. Au regard de la justice, c’est la direction d’une publication qui est susceptible d’être poursuivie comme « auteur principal » d’un délit de presse, les journalistes, dessinateurs ou photographes n’étant que des « complices ». Si chacun est libre de s’exprimer en privé sans aucune limite, seul le fait de rendre public des textes ou des images est socialement et juridiquement contestable. La direction de Charlie Hebdo et ses journalistes avaient longuement débattu avant de publier les caricatures de Mahomet. Ils ont toujours assumé leur décision, y compris devant les tribunaux. Ils en sont morts.

    A chaque numéro de 6Mois, nous avons entre nous des débats. Ils sont parfois passionnels, même si leur portée n’a évidemment rien à voir avec la publication des caricatures de Mahomet. Ce numéro de 6Mois a été l’occasion de deux dilemmes.

    Le premier concerne le reportage sur les effets des pesticides en Argentine. Cette enquête exceptionnelle comporte de nombreux clichés d’enfants qui souffrent de malformations dues aux produits chimiques. Certaines images sont insoutenables. Plusieurs portfolios successifs ont été montés par la rédaction et la direction artistique, avec ou sans les photos les plus cruelles. Toute la question était celle de l’effroi. Jusqu’où montrer ? Nous avons choisi d’être explicites – ne pas cacher l’existence d’enfants lourdement handicapés – sans publier les photos qui nous révulsaient nous-mêmes. Les légendes et l’entretien avec Fabrice Nicolino nous ont semblé suffisamment clairs.

    Le second débat est plus paradoxal encore. Il a agité la rédaction autour de l’entretien avec Christophe Bangert. Ce photojournaliste allemand est l’auteur d’un livre dérangeant dont le nom dit tout : War Porn. Il y a rassemblé ses images les plus choquantes, notamment d’Irak, et s’élève contre leur non-publication dans les journaux. Une occultation de la réalité de la guerre, dit-il. Pour la mort comme pour le sexe, les limites entre l’érotisme (la suggestion) et la pornographie (la vision) sont ténues, variables dans le temps et dans l’espace. Il existe une esthétisation de la violence contre laquelle le photographe allemand s’insurge. L’interview est passionnante. Mais fallait-il publier en regard des images tirées de War Porn ? Nous nous sommes limités à une seule photo, en restant sur le seuil de l’horreur. La discussion fut vive. « C’est de l’hypocrisie ! », tonnait l’un. « Illogique ! », ajoutait l’autre. Nous pensons que le débat est important. A chaque lecteur de décider s’il a envie ou non d’acheter War Porn. Notre responsabilité est de permettre à chacun de s’interroger sans forcément passer par l’effroi.

    Le journalisme est un dilemme perpétuel. Les frontières sont mouvantes. Nous avançons sans certitudes, sur un fil, dans le chaos des événements. L’important est de faire des choix et de les assumer, au nom justement de ceux qui ont payé leur engagement de leur sang. Il y a un beau vers de René Char, qui vaut pour les journalistes comme pour chacune de nos vies : « Tu ne peux pas te relire, mais tu peux signer. »


    Laurent Beccaria, Patrick de Saint Exupéry et Marie-Pierre Subtil

     

    www.6mois.fr

    Lire la suite ...

Les derniers ouvrages publiés

  • Les Anglais

    Les Anglais

    Les Anglais, dans le doute ! de Éric Albert, cartographie d'Alexandre Nicolas aux Éditions Atelier Henry Dougier HD.

    anglais couv


    Note de l'éditeur :
    L’Angleterre traverse une crise identitaire. Ou disons plutôt un léger vague à l’âme. Une vraie crise menant à une révolution ne relèverait vraiment pas du tempérament anglais. Mais tout de même, la nation qui domine le Royaume-Uni ne sait plus très bien qui elle est. À l’intérieur du pays, les Écossais sont tentés de couper les ponts. À l’étranger, l’Union européenne les ulcère. Londres est devenue une ville-monde, désormais si peu anglaise. Le nord du pays est délaissé par des élites concentrées au sud. Les classes sociales, autrefois si bien séparées, sont remises en question. L’ancien empire qui dominait le monde n’est plus qu’une puissance moyenne.
    Et pourtant, l’influence anglaise demeure immense à travers le monde. Ses médias, sa musique, son humour restent des références. Le pragmatisme et la bienséance quotidienne font de l’Angleterre l’une des nations qui sait le mieux s’adapter au monde moderne, conjuguant famille royale et modernité sans apparente contradiction.
    Éric Albert
    est installé à Londres depuis 2003. Il est journaliste pour Le Monde et Radio France.


    Collection "Lignes de vie d’un peuple" : Conçue par les ateliers henry dougier (fondateur des Éditions Autrement), cette collection « raconte » les peuples aujourd’hui, trop souvent invisibles. Elle met en scène leurs valeurs, leurs interrogations, leurs créations, leurs passions partagées dans une grande enquête tissée d’histoires fortes, révélatrices de leur culture profonde.

     

    Dans la même collection :

     Collection Lignes de vie d'un peuple

    La couverture est de la photographe et graphiste Céline Boyer (Série " Empreintes").

    Lire la suite ...
  • La menace Poutine

    La menace Poutine

    Article de Matthieu Chillaud, publié sur le site Atlantico le 17 mai 2015, cartographie d'Alexandre Nicolas.

    La menace Poutine : les trois États baltes demandent la présence permanente de l’OTAN...
    Mindaugas Neimontas, le porte-parole du ministre de la défense lituanien a défendu récemment sa demande d’obtention de troupes permanentes de l’OTAN en avançant qu’il en allait de la sécurité de son pays.
    Les pays baltes et la menace Poutine

    Atlantico : Cette demande de déploiement vis-à-vis de l’OTAN est ancienne, pour quelle(s) raison(s) est-elle renouvelée à ce moment précis ?
    Matthieu Chillaud : Cette demande est effectivement très ancienne et il est vrai que ce qui s’est passé en Ukraine a conféré à celle-ci une légitimité manifeste. Je pense qu’il y a deux dimensions à cette problématique. La première est stratégique : un rapide coup d’œil sur la carte ci-dessus démontre que si les Russes voulaient attaquer avec des armes classiques les trois pays baltes, ils n’auraient aucun problème et cela même si des troupes permanentes de l’Otan étaient installées sur le territoire. Les pays baltes ne disposent d’aucune profondeur stratégique et seraient aussi facilement que rapidement occupés.
     
    La deuxième est psychologique : chacun des trois pays baltes a le sentiment que la présence de soldats de l’Otan sur leur territoire, aussi infime soit-il, aurait un effet multiplicateur de puissance tandis que pour les Russes, voir des soldats de l’Alliance atlantique dans les trois pays aurait probablement un effet psychologique bien plus important que combattre des soldats estoniens, lettons ou lituaniens. Je vous rappelle que l’expert américain Zbiegniew Brzezinski en début d’année plaida devant le Congrès US pour que les Américains pré-positionnent dans les pays baltes des troupes, peu nombreuses pour qu’elles ne provoquent pas la Russie, mais de façon suffisamment ostentatoires pour bien montrer à celle-ci la détermination de l’OTAN. Nous sommes dans la même logique. Souvenez-vous, en outre, des conclusions du Sommet de l’Otan au Pays de Galles : le flanc Est de l’Alliance atlantique, notamment dans la région de la Baltique, allait être renforcé par une force opérationnelle de 5000 hommes capable de se projeter dans les régions périphériques. Si cette force n’est certes pas stationnée de façon permanente dans les pays baltes, il n’en reste pas moins que l’on est à un cheveu d’accéder de facto aux revendications de ces derniers.
     
    Les exercices militaires se sont multipliés ces derniers mois. L’OTAN organise actuellement en Estonie des exercices "Siil 2015" en Estonie, tandis que la Russie a organisé des manœuvres militaires dans la mer Baltique et plus récemment à la frontière estonienne avec 2000 hommes. La peur s’est-elle installée chez les populations Baltes ?  
    S’il n’y avait que ça. Il faut se souvenir des déclarations du Ministre britannique de la Défense Michael Fallon en février 2015 qui estimait que les trois pays baltes seraient possiblement les prochaines cibles de la Russie après que celle-ci eut annexé la Crimée. D’après lui, la menace posée par Vladimir Poutine à l'Europe était équivalente à celle de l'État islamique (sic). Toute une série d’événements n’ont pas manqué, non plus, d’attirer l’attention des commentateurs : l’enlèvement du policier estonien par les services secrets russes le 5 septembre 2014 à la frontière russo-estonienne – deux jours après la visite du Président Obama à Tallinn –, la décision de la Lituanie de publier un petit manuel de survie en cas d’attaque et de rétablir la conscription après qu’il eut été supprimé en 2008, l’organisation d’exercices militaires très importants de l’OTAN dans les trois pays (ainsi qu’en Pologne), etc.
     
    Je reste, cependant, circonspect sur l’effet que cela a parmi les populations baltes. J’habite en Estonie depuis dix ans et je ne perçois pas de changements fondamentaux parmi les Estoniens. Je pense que cela est mutatis mutandis comparable à ce que l’on pourrait observer en Lettonie et en Lituanie. Il y a certes une inquiétude latente mais certainement pas de peur.

    Les pays baltes ont pris leur indépendance depuis plus de 25 ans, pourquoi les tensions restent-elles aussi fortes entre les Etats Baltes et la Russie ?
    Il existe toute une série de raisons imbriquées les unes dans les autres. Certaines sont très émotionnelles, d’autres sont plus pragmatiques. Par exemple, je soutiens depuis longtemps la thèse qu’il existe dans les trois pays baltes, depuis le rétablissement de leur indépendance, un réflexe machinal de méfiance vis-à-vis de la Russie et un automatisme de confiance vis-à-vis des ennemis de la Russie. En raison de ce syndrome de l’enfant battu – ils ont tout de même été annexés par l’Union soviétique en 1945 pour ne retrouver leur indépendance qu’au tout début des années 1990 –, associé l’adage voulant que "l’ennemi de mon ennemi, soit mon ami", certains voient en Estonie, en Lettonie et en Lituanie ce qui s’est récemment passé en Ukraine – comme ce qui s’était en Géorgie avant, voire en Tchétchénie – comme une illustration de l’impérialisme russe à l’œuvre contre une volonté d’émancipation nationale, dont celle-ci est alors la victime comme leur pays de 1945 le fut de leur variante soviétique. On soutient tous aimuths tous les pays hostiles à la Russie ce qui ne peut qu’irriter cette dernière. Pour la Russie, il y a une crainte viscérale que les pays baltes contribuent à ce sentiment d’encerclement de puissances hostiles, en premier lieu l’Otan, perception qu’elle a depuis une vingtaine d’années. Ce sentiment s’exacerbe depuis que les pays baltes ont rejoint l’Otan. Cela risque de s’empirer si les pays baltes accueillent des bases permanentes.

    Comment la Russie de Poutine s’y prend-elle pour déstabiliser les pays baltes ? Les déstabilisations russes visent-elles les pays baltes ou plutôt l’OTAN ? Pourquoi ?
    Si l’on s’accorde à estimer qu’une attaque armée classique des forces russes au travers des frontières baltes – voire finlandaise – est très peu probable, la crainte partagée par les responsables baltes est bien celle d’actions subversives menaçant leur stabilité interne et leur intégrité territoriale. On parle beaucoup d’hybridité de la menace pour parler de ce que pourrait être le casus belli. Combiner des moyens militaires classiques à des cyberattaques et à de la propagande afin de rendre "indolore" une attaque armée a été le moyen utilisé en Ukraine.
     
    On craint que les Russes utilisent la même technique dans les pays baltes.
    Les déstabilisations russes, en tout cas, ne visent pas seulement les pays baltes mais il est bien plus facile de s’attaquer à ces derniers plutôt qu’aux autres pays membres de l’Alliance. Je vous rappelle que chacun des trois pays, certes à des degrés divers, accueillent d’importantes minorités russophones. Les utiliser comme relais est tentant. Pour autant, il ne faut pas s’imaginer que ces populations russophones constituent un bloc homogène aux ordres de Moscou.  
    En quoi le fait que les pays baltes soient membres de l’OTAN et de l’Union européenne change tout par rapport à la situation en Ukraine ? Est-ce suffisant pour dissuader la Russie de réaliser un coup de force dans les pays baltes ?
    On peut certes jouer aux Cassandres mais j’ai beaucoup de mal à imaginer que la Russie, les pays baltes et l’Otan ne se considèrent pas comme des entités rationnelles lesquelles défendent avec raison leurs intérêts de sécurité.
     
    Les trois pays baltes sont membres de jure et de l’Otan et de l’UE. Cette qualité leur garantit une solidarité politico-stratégique. S’attaquer à un pays baltes impliquerait un casus fœderis, l’OTAN se devrait de porter assistance au(x) pays attaqué(s). Pour Moscou, le jeu n’en vaut a priori pas la chandelle. Par contre, tester la solidarité de l’Alliance est tentant pour une Russie inquiète, voire alarmée, à l’idée que l’OTAN après avoir intégré en son sein ses anciennes provinces baltiques, accueille l’Ukraine. Avancer ses pions sans jamais franchir la ligne rouge, geste qui serait suicidaire, est précisément ce que recherche Moscou. Quant à l’UE, c’est une entité politico-économique qui n’est pas une alliance militaire. Au risque d’utiliser une litote sibylline, je ne vois pas l’UE ne rien faire si les pays baltes étaient attaqués.

    Lire la suite ...
  • Les Israéliens

    Les Israéliens

    Les Israéliens, hypercréatifs ! de Jacques Bendelac et Mati Ben Avraham, cartographie d'Alexandre Nicolas aux Éditions Atelier Henry Dougier HD.

    Les Israéliens, hypercréatifs ! de Jacques Bendelac et Mati Ben Avraham

    Note de l'éditeur :
    Si le conflit israélo-palestinien est largement couvert par les médias, la société israélienne reste assez méconnue du public francophone. Ce livre invite à découvrir un peuple pluriel et complexe, un État où s’amalgament des rescapés de la Shoah, des immigrants originaires d’horizons très différents, des juifs de stricte observance, des juifs libéraux, des juifs laïcs, des juifs athées voire agnostiques, des chrétiens aux multiples facettes, des musulmans sunnites – des citoyens qui rejettent l’autorité de l’État, et d’autres qui s’en accommodent tant que leurs intérêts sont préservés.
    Dans ce pays laïc, mais empreint de religiosité, dans cet État démocratique, mais tenté par l’autoritarisme, les Israéliens se dotent d’une culture originale et développent une créativité à toute épreuve, tout en revendiquant le droit à la normalité dans un environnement hostile. Ce livre est un voyage au sein d’un peuple-mosaïque dans un État moderne. Un portrait réaliste et attachant des Israéliens aujourd’hui.
    Jacques Bendelac
    est économiste et chercheur en sciences sociales à Jérusalem. Il est notamment l’auteur de Israël-Palestine : demain, deux États partenaires ? aux Éditions Armand Colin, et Les Arabes d’Israël, entre intégration et rupture aux Éditions Autrement.
    Mati Ben-Avraham est journaliste indépendant à Jérusalem. Il a été le rédacteur en chef du service des informations en langue française de la radio israélienne et réalisateur sur la 1re chaîne de télévision israélienne.


    Collection "Lignes de vie d’un peuple" : Conçue par les ateliers henry dougier (fondateur des Éditions Autrement), cette collection « raconte » les peuples aujourd’hui, trop souvent invisibles. Elle met en scène leurs valeurs, leurs interrogations, leurs créations, leurs passions partagées dans une grande enquête tissée d’histoires fortes, révélatrices de leur culture profonde.

     

    Dans la même collection :

     Collection Lignes de vie d'un peuple

    La couverture est de la photographe et graphiste Céline Boyer (Série " Empreintes").

     

    Lire la suite ...
  • Les Arméniens

    Les Arméniens

    Les Arméniens, 100 ans après de Séda Mavian, cartographie d'Alexandre Nicolas aux Éditions Atelier Henry Dougier HD.
    les Armeniens, 100 après de Séda MavianNote de l'éditeur :
    Quand on évoque les Arméniens, on pense Aznavour, chrétiens d’Orient, montagnes et mont Ararat, églises et monastères, génocide, contentieux avec la Turquie, problèmes avec l’Azerbaïdjan, et conflit du Karabagh. Mais l’on se rend vite compte des limites de nos connaissances. De ce peuple que nous croyons connaître, nous n’avons en réalité qu’une perception réduite et embrouillée.
    Écrit par une spécialiste de l’Arménie, tant de sa mémoire que de son actualité, ce livre a l’intérêt d’exposer avec clarté et originalité la situation présente du peuple arménien, d’en révéler franchement les diverses facettes, les débats qui l’animent, les combats qu’il mène, et les nombreux défis, souvent graves, auxquels il a à faire face.
    Faisant écho à la commémoration du centenaire du Génocide de 1915, ce livre est indispensable à ceux que son destin ne laisse pas indifférent.
    Sèda Mavian est journaliste, correspondante à Yèrèvan en Arménie des Nouvelles d’Arménie Magazine (Nam), le principal mensuel arménien de France. Historienne de formation, elle a collaboré à L’Histoire du peuple arménien sous la direction de Gérard Dédéyan (Éd. Privat, 2006) et est l’auteur d’un essai intitulé « Ma mémoire du Génocide », paru dans La Règle du Jeu (n° 49, mai 2012, Paris).


    Collection "Lignes de vie d’un peuple"
    : Conçue par les ateliers henry dougier (fondateur des Éditions Autrement), cette collection « raconte » les peuples aujourd’hui, trop souvent invisibles. Elle met en scène leurs valeurs, leurs interrogations, leurs créations, leurs passions partagées dans une grande enquête tissée d’histoires fortes, révélatrices de leur culture profonde.

     

    Dans la même collection :

     Collection Lignes de vie d'un peuple

    La couverture est de la photographe et graphiste Céline Boyer (Série " Empreintes").

    Lire la suite ...
  • Les Inuits

    Les Inuits

    Les Inuits, résistans ! de Anne Pélouas, cartographie d'Alexandre Nicolas aux Éditions Atelier Henry Dougier HD.

    Les Inuits, résistans ! de Anne Pélouas

    Note de l'éditeur :

    Peuple de l’Arctique à l’histoire millénaire, les Inuits ont traversé le XXe siècle en passant du nomadisme à la sédentarité. Doués d’une faculté d’adaptation exceptionnelle, ils traversent aujourd’hui les temps troubles générés par le réchauffement climatique, lequel affecte davantage les pôles que le reste de la planète. Dans toutes les sphères de leur vie au quotidien, autant politique qu’économique, culturelle ou sociale, on sent chez eux une formidable aptitude à la résilience, sans reniement des valeurs fondamentales de leur culture ancestrale.
    Exemple avec les Inuits du Nord du Canada.

    Anne Pélouas est journaliste indépendante, correspondante du journal Le Monde au Canada, où elle est installée depuis 1988. Elle y a réalisé de nombreux reportages et portraits, tant pour des magazines français que québécois, dans des domaines variés : politique, économie, environnement, nature, tourisme, gastronomie… Mais sa passion première va au Grand Nord canadien et à ceux qui l’habitent.

     

    Collection "Lignes de vie d’un peuple" : Conçue par les ateliers henry dougier (fondateur des Éditions Autrement), cette collection « raconte » les peuples aujourd’hui, trop souvent invisibles. Elle met en scène leurs valeurs, leurs interrogations, leurs créations, leurs passions partagées dans une grande enquête tissée d’histoires fortes, révélatrices de leur culture profonde.

     


    Dans la même collection :

     Collection Lignes de vie d'un peuple

    La couverture est de la photographe et graphiste Céline Boyer (Série " Empreintes").

    Lire la suite ...
  • Les Roumains

    Les Roumains

    Les Roumains de Mirel Bran, cartographie d'Alexandre Nicolas aux Éditions Atelier Henry Dougier HD.

    Les Roumains de Mirel Bran

    Note de l'éditeur :

    Peuple de frontière, les Roumains sont partagés entre la raison de l’Occident et la rêverie de l’Orient. Habitués à négocier avec les grands empires, ils ont fait de la débrouillardise un mode de vie. Le repli sur soi qu’ils manifestent à travers l’histoire se double d’une ouverture qui a souvent permis aux Latins de l’Europe de l’Est de brûler les étapes.

    Mirel Bran est le correspondant des journaux Le Monde et Le Point et de la chaîne France 24 à Bucarest. Fondateur de la maison de production Tadami Presse, il est également réalisateur de films documentaires. Mirel Bran est auteur de Bucarest, le dégel aux Éditions Autrement et Le chasseur de la Securitate aux Éditions du Cygne.

     

    Collection "Lignes de vie d’un peuple" : Conçue par les ateliers henry dougier (fondateur des Éditions Autrement), cette collection « raconte » les peuples aujourd’hui, trop souvent invisibles. Elle met en scène leurs valeurs, leurs interrogations, leurs créations, leurs passions partagées dans une grande enquête tissée d’histoires fortes, révélatrices de leur culture profonde.

     

    Dans la même collection :

     Collection Lignes de vie d'un peuple

    La couverture est de la photographe et graphiste Céline Boyer (Série " Empreintes").

    Lire la suite ...
  • XXI - Hors-Série

    XXI - Hors-Série

    Les Maisons de l'Islam. L'incroyable diversité du monde musulman. 12 récits, photos et bande dessinée. Réalisation de la cartographie de ce hors-série de XXI.

    Depuis quatorze siècles, le monde musulman partage un même livre. Du Coran, « récitation » de la parole divine, sont nées les traditions. Que la mondialisation oppose. Du Pakistan à la Syrie, de l'Égypte au Soudan, du Yémen à la Turquie, c'est un monde qui se confronte à lui-même. Pour ce hors série, XXI a rassemblé ses meilleurs reportages consacrés à l'Islam. Une anthologie à retrouver dès aujourd'hui chez votre libraire !

    es Maisons de l'Islam. L'incroyable diversité du monde musulman

     

    Éditorial :

    Derrière la résistance de la société française à accepter de plain-pied que Moustafa, Hossine ou Mohamed - ce dernier étant un prénom les plus attribués - soient traités à l'égal des Hugo, Louis, Jules ou Arsène, il y a un "secret de famille".

    L’expression est du journaliste et écrivain français Slimane Zeghidour. L’origine de ce secret de famille remonte à la prise d’Alger en 1830 ; il se noue en 1871 avec la transformation de ce vaste territoire en trois départements français avec le même statut que la Creuse ou le Loir-et-Cher ; il connaît une étape décisive en 1962 avec l’indépendance et les accords d’Évian ; il se prolonge avec les enfants de l’immigration venus de l’autre rive de la Méditerranée.
    Ce « secret de famille » s’énonce en une phrase : pendant près d’un siècle, sur quatre générations, des millions de Français ont été privés de droits politiques. Pour justifier cette inégalité de traitement, contradictoire avec l’idéal universaliste, le Second Empire puis la République ont mis en avant… la protection de l’islam.
    Quand, le 24 octobre 1870, le décret Crémieux accorde la citoyenneté française aux 37 000 juifs d’Algérie, il précise aussi que « l’indigène musulman est français, néanmoins il continuera à être régi par la charia ». Des millions d’Arabes et Berbères, français mais appelés officiellement « indigènes », sont ainsi dotés d’une citoyenneté musulmane. Le syllogisme est poussé jusqu’à l’absurde puisque même un Arabe converti au catholicisme ne peut acquérir la pleine citoyenneté française… parce qu’il est musulman ! CQFD.
    De 1881 à 1945, un « Code de l’indigénat », qualifié par les historiens du droit de « monstre juridique », s’applique dans les trois départements français d’Algérie. Il comprend vingt-sept infractions spéciales, dont « le départ du territoire de la commune sans permis de voyage », « la réunion sans autorisation pour fête religieuse » ou « l’acte irrespectueux ».
    L’État célèbre alors les bachaghas, caïds et chaouchs, ainsi que « les structures traditionnelles indigènes ». Dans un joyeux chaos intellectuel, la République invoque même le secours d’Allah (en arabe !) sur les écussons et les blasons de ses soldats, voire même sur certains billets de banque, sans que jamais le Parlement donne le droit de vote aux Arabo-Berbères, « non pleinement français ».
    Même l’abrogation officielle du Code de l’indigénat après la Seconde Guerre mondiale n’ouvre pas sur une citoyenneté de plein droit. En 1948, un « double collège » est institué : une voix de « Français d’Algérie » pèse autant que huit voix de « Français musulmans ».
    Slimane Zeghidour conserve les cartes d’identité de son grand-père et de son père avec les mentions officielles d’« indigène », puis de « Français musulman », puis de « sujet français musulman non naturalisé » et enfin de FSNA « Français de souche nord-africaine ».
    La contradiction éclate avec la guerre d’Algérie, mais l’ambiguïté demeure. Il existe une difficulté persistante à nommer ces « Français de la diversité ». En cinquante ans, les médias et les dirigeants politiques français ont successivement utilisé les termes de « harkis » (les supplétifs engagés au sein de l’armée française, qui ont pu gagner l’Hexagone après 1962, et ont été regroupés dans des camps officiels), puis de « jeunes harkis » pour leurs enfants et même leurs petits-enfants, et enfin de « beurs », « jeunes des quartiers » ou encore de « Français issus de l’immigration ».
    Immanquablement un Français à la peau basanée se voit demander « de quelle origine il est » comme si le fait de naître à Villeurbanne, Villeneuve-sur-Lot ou Grigny ne suffisait pas. En janvier dernier, au 20 Heures de France 2, David Pujadas a pu lancer benoîtement un reportage en parlant d’un « musulman marié à une Française ». L’approche coloniale façonne encore notre inconscient collectif.
    Les secrets de famille sont faits pour être levés et dépassés. Mohamed, Moustafa, Slimane comme Houria, Salima et Fatima sont français lorsqu’ils sont nés sur notre sol ou qu’ils ont été naturalisés. Ils peuvent être musulmans ou pas, c’est leur choix. Rien ne les sépare des autres Français. Il fallait l’écrire avant de poser un regard apaisé sur ces « maisons de l’islam » à travers le monde .

    Carte : plan de Khartoum

    Lire la suite ...
  • XXI - N°30

    XXI - N°30

    Réalisation de la cartographie de ce nouveau numéro de XXI.

    Illustration : couverture du n°30 (Printemps 2015) de la revue XXI

    Illustration : couverture du n°30 (Printemps 2015) de la revue XXI

     

    Éditorial :

    Au Royaume-Uni, le quotidien The Daily Telegraph est une institution depuis 1855. Début 2015, l’un de ses éditorialistes politiques, Peter Oborne, a jeté un joli pavé dans la mare, en publiant sur le site Opendemocracy un récit sobre et terrible à la fois sur les moeurs de notre métier.

    Son témoignage commence par une déclaration d’amour : « Mon grand-père, le colonel Oborne, était un lecteur du “Telegraph”. Il le lisait chaque matin attentivement en dégustant ses oeufs au bacon. Je pensais souvent à lui en écrivant mes articles. » L’histoire qu’il raconte commence comme tant d’autres en Occident : la chute des ventes (un demi-million d’acheteurs chaque jour quand même !), la panique des propriétaires, les vagues de licenciements, le remplacement de la rédaction en chef et l’essor de « la culture du clic », sans vergogne ni vérification.

    Mais la suite est plus singulière. Peter Oborne évoque sa difficulté à faire paraître un article – qui sera in fine refusé –, à propos de la fermeture unilatérale par HSBC de comptes de Britanniques musulmans. Son trouble augmente quelques mois plus tard en constatant le traitement a minima, « en page 5 de la section “Affaires” du “Telegraph” », d’un autre dossier gênant pour HSBC. Puis ce sera le voile pudique posé par le quotidien sur les manifestations à Hongkong, le centre névralgique de la banque et son fief historique. Là-bas, HSBC est partout, en affiche dans les couloirs de métro et en logo à chaque coin de rue. Le « service minimum » du quotidien précède une tribune offerte à l’ambassadeur de Chine et un supplément lucratif, intitulé « China Watch »…

    Osborne continue sa litanie de bizarreries éditoriales, dont la répétition ne laisse guère de doute sur la nature des pressions exercées. Ses chefs finissent par lui avouer qu’il leur est impossible de froisser l’un des plus gros annonceurs du titre. L’éditorialiste dresse alors la liste de ces impasses au directeur du journal, et met en copie le fils des propriétaires, Aidan Barclay.

    Héritier de l’une des quarante plus grandes fortunes du royaume, M. Barclay en personne le reçoit avec une grande courtoisie, lui offre une tasse de thé et lui propose de se mettre à l’aise. Il le couvre d’éloges mais sans bouger d’un pouce, faisant mine de s’étonner de ce malentendu. L’understandment britannique n’est pas un mythe et la scène pourrait se glisser chez John le Carré.

    Le conflit ouvert se termine par la démission de l’éditorialiste, avant que les listings d’HSBC sur les titulaires de comptes en Suisse non déclarés au fisc ne fassent la Une de la presse européenne. Évidemment, le vénérable quotidien se tait – ou presque. Peter Osborne se fait cruel : « Vous aviez besoin d’un microscope pour trouver le traitement de l’affaire par le “Telegraph” : lundi, rien ; mardi, six petits paragraphes en bas à gauche de la page 2 ; mercredi, sept paragraphes enfouis dans les pages “Entreprises”. »

    Un silence contraint. HSBC pèse 50 milliards d’euros de chiffre d’affaires, 14 milliards d’euros de résultat net et des centaines de millions d’investissements publicitaires. Peter Osborne s’insurge : « Nos lecteurs sont intelligents et sensibles. Si les priorités publicitaires priment sur les choix éditoriaux, comment peuvent-ils continuer à nous faire confiance ? La couverture de l’affaire HSBC est une fraude vis-à-vis d’eux. Le journal a mis ses intérêts au-dessus de son devoir d’informer. Quand j’ai posé à la direction du “Telegraph” des questions détaillées au sujet de ses relations avec les annonceurs, j’ai reçu la réponse suivante : “Vos questions sont pleines d’inexactitudes, et nous n’avons donc pas l’intention d’y répondre”. »

    Osborne n’est pas un activiste. C’est un conservateur bon teint, auteur d’une enquête fouillée sur le spin doctor de Tony Blair, Alastair Campbell, incarnation à ses yeux de « l’émergence d’une classe médiatique ». Son récit nous invite à ne pas regarder la paille dans l’oeil du voisin, sans voir la poutre dans le nôtre. Qui racontera les arrangements en coulisse avec Total, Axa, la Société générale, BNP Paribas, Areva ou LVMH ? Qui peut croire que les plus grandes fortunes françaises achètent des titres déficitaires par amour de la presse ? Qui peut imaginer que les médias sont indifférents aux intérêts de leurs sponsors quand ils acceptent des « contenus partenaires » ou des suppléments dédiés aux marques ?

    Grâce à votre fidélité, nous n’avons pas à affronter ces dilemmes. Ce numéro de XXI est la trentième livraison de 210 pages de journalisme.

    Et seulement de journalisme.

    Laurent Beccaria et Patrick de Saint-Exupéry

    Revue XXI - carte

     

    http://www.revue21.fr

     

    Lire la suite ...