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anicolas

 

Alexandre Nicolas :

Cartographe - géomaticien,

ancien officier géographe

du Ministère de la Défense.

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AUTEUR
Fort de son expérience (15 ans déjà !) et de ses références, Le-cartographe (cartographe-géomaticien et graphistes) vous garantit un travail de qualité et des délais de réalisation toujours respectés.
Chaque projet est personnalisé, conçu et réalisé dans le respect de la sémiologie graphique et de l'information géographique. Système d'information géographique (SIG), modèles numériques de terrain (MNT), images satellites et une importante base de données (vecteurs, rasters), sont autant d'outils utilisés indispensables au travail du cartographe.

LES DERNIERS ARTICLES DU CARTOGRAPHE

Derniers Ouvrages

  • 22 April, 2015
    Les Inuits

    Les Inuits

    Les Inuits, résistans ! de Anne Pélouas, cartographie d'Alexandre Nicolas aux Éditions Atelier Henry Dougier HD.

    Les Inuits, résistans ! de Anne Pélouas

    Note de l'éditeur :

    Peuple de l’Arctique à l’histoire millénaire, les Inuits ont traversé le XXe siècle en passant du nomadisme à la sédentarité. Doués d’une faculté d’adaptation exceptionnelle, ils traversent aujourd’hui les temps troubles générés par le réchauffement climatique, lequel affecte davantage les pôles que le reste de la planète. Dans toutes les sphères de leur vie au quotidien, autant politique qu’économique, culturelle ou sociale, on sent chez eux une formidable aptitude à la résilience, sans reniement des valeurs fondamentales de leur culture ancestrale.
    Exemple avec les Inuits du Nord du Canada.

    Anne Pélouas est journaliste indépendante, correspondante du journal Le Monde au Canada, où elle est installée depuis 1988. Elle y a réalisé de nombreux reportages et portraits, tant pour des magazines français que québécois, dans des domaines variés : politique, économie, environnement, nature, tourisme, gastronomie… Mais sa passion première va au Grand Nord canadien et à ceux qui l’habitent.

     

    Collection "Lignes de vie d’un peuple" : Conçue par les ateliers henry dougier (fondateur des Éditions Autrement), cette collection « raconte » les peuples aujourd’hui, trop souvent invisibles. Elle met en scène leurs valeurs, leurs interrogations, leurs créations, leurs passions partagées dans une grande enquête tissée d’histoires fortes, révélatrices de leur culture profonde.

     

    Dans la même collection :

     

    La couverture est de la photographe et graphiste Céline Boyer (Série " Empreintes").

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  • 21 April, 2015
    Les Roumains

    Les Roumains

    Les Roumains de Mirel Bran, cartographie d'Alexandre Nicolas aux Éditions Atelier Henry Dougier HD.

    Les Roumains de Mirel Bran

    Note de l'éditeur :

    Peuple de frontière, les Roumains sont partagés entre la raison de l’Occident et la rêverie de l’Orient. Habitués à négocier avec les grands empires, ils ont fait de la débrouillardise un mode de vie. Le repli sur soi qu’ils manifestent à travers l’histoire se double d’une ouverture qui a souvent permis aux Latins de l’Europe de l’Est de brûler les étapes.

    Mirel Bran est le correspondant des journaux Le Monde et Le Point et de la chaîne France 24 à Bucarest. Fondateur de la maison de production Tadami Presse, il est également réalisateur de films documentaires. Mirel Bran est auteur de Bucarest, le dégel aux Éditions Autrement et Le chasseur de la Securitate aux Éditions du Cygne.

     

    Collection "Lignes de vie d’un peuple" : Conçue par les ateliers henry dougier (fondateur des Éditions Autrement), cette collection « raconte » les peuples aujourd’hui, trop souvent invisibles. Elle met en scène leurs valeurs, leurs interrogations, leurs créations, leurs passions partagées dans une grande enquête tissée d’histoires fortes, révélatrices de leur culture profonde.

     

    Dans la même collection :

     

    La couverture est de la photographe et graphiste Céline Boyer (Série " Empreintes").

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  • 14 April, 2015
    XXI - Hors-Série

    XXI - Hors-Série

    Les Maisons de l'Islam. L'incroyable diversité du monde musulman. 12 récits, photos et bande dessinée. Réalisation de la cartographie de ce hors-série de XXI.

    Depuis quatorze siècles, le monde musulman partage un même livre. Du Coran, « récitation » de la parole divine, sont nées les traditions. Que la mondialisation oppose. Du Pakistan à la Syrie, de l'Égypte au Soudan, du Yémen à la Turquie, c'est un monde qui se confronte à lui-même. Pour ce hors série, XXI a rassemblé ses meilleurs reportages consacrés à l'Islam. Une anthologie à retrouver dès aujourd'hui chez votre libraire !

    es Maisons de l'Islam. L'incroyable diversité du monde musulman

     

    Éditorial :

    Derrière la résistance de la société française à accepter de plain-pied que Moustafa, Hossine ou Mohamed - ce dernier étant un prénom les plus attribués - soient traités à l'égal des Hugo, Louis, Jules ou Arsène, il y a un "secret de famille".

    L’expression est du journaliste et écrivain français Slimane Zeghidour. L’origine de ce secret de famille remonte à la prise d’Alger en 1830 ; il se noue en 1871 avec la transformation de ce vaste territoire en trois départements français avec le même statut que la Creuse ou le Loir-et-Cher ; il connaît une étape décisive en 1962 avec l’indépendance et les accords d’Évian ; il se prolonge avec les enfants de l’immigration venus de l’autre rive de la Méditerranée.
    Ce « secret de famille » s’énonce en une phrase : pendant près d’un siècle, sur quatre générations, des millions de Français ont été privés de droits politiques. Pour justifier cette inégalité de traitement, contradictoire avec l’idéal universaliste, le Second Empire puis la République ont mis en avant… la protection de l’islam.
    Quand, le 24 octobre 1870, le décret Crémieux accorde la citoyenneté française aux 37 000 juifs d’Algérie, il précise aussi que « l’indigène musulman est français, néanmoins il continuera à être régi par la charia ». Des millions d’Arabes et Berbères, français mais appelés officiellement « indigènes », sont ainsi dotés d’une citoyenneté musulmane. Le syllogisme est poussé jusqu’à l’absurde puisque même un Arabe converti au catholicisme ne peut acquérir la pleine citoyenneté française… parce qu’il est musulman ! CQFD.
    De 1881 à 1945, un « Code de l’indigénat », qualifié par les historiens du droit de « monstre juridique », s’applique dans les trois départements français d’Algérie. Il comprend vingt-sept infractions spéciales, dont « le départ du territoire de la commune sans permis de voyage », « la réunion sans autorisation pour fête religieuse » ou « l’acte irrespectueux ».
    L’État célèbre alors les bachaghas, caïds et chaouchs, ainsi que « les structures traditionnelles indigènes ». Dans un joyeux chaos intellectuel, la République invoque même le secours d’Allah (en arabe !) sur les écussons et les blasons de ses soldats, voire même sur certains billets de banque, sans que jamais le Parlement donne le droit de vote aux Arabo-Berbères, « non pleinement français ».
    Même l’abrogation officielle du Code de l’indigénat après la Seconde Guerre mondiale n’ouvre pas sur une citoyenneté de plein droit. En 1948, un « double collège » est institué : une voix de « Français d’Algérie » pèse autant que huit voix de « Français musulmans ».
    Slimane Zeghidour conserve les cartes d’identité de son grand-père et de son père avec les mentions officielles d’« indigène », puis de « Français musulman », puis de « sujet français musulman non naturalisé » et enfin de FSNA « Français de souche nord-africaine ».
    La contradiction éclate avec la guerre d’Algérie, mais l’ambiguïté demeure. Il existe une difficulté persistante à nommer ces « Français de la diversité ». En cinquante ans, les médias et les dirigeants politiques français ont successivement utilisé les termes de « harkis » (les supplétifs engagés au sein de l’armée française, qui ont pu gagner l’Hexagone après 1962, et ont été regroupés dans des camps officiels), puis de « jeunes harkis » pour leurs enfants et même leurs petits-enfants, et enfin de « beurs », « jeunes des quartiers » ou encore de « Français issus de l’immigration ».
    Immanquablement un Français à la peau basanée se voit demander « de quelle origine il est » comme si le fait de naître à Villeurbanne, Villeneuve-sur-Lot ou Grigny ne suffisait pas. En janvier dernier, au 20 Heures de France 2, David Pujadas a pu lancer benoîtement un reportage en parlant d’un « musulman marié à une Française ». L’approche coloniale façonne encore notre inconscient collectif.
    Les secrets de famille sont faits pour être levés et dépassés. Mohamed, Moustafa, Slimane comme Houria, Salima et Fatima sont français lorsqu’ils sont nés sur notre sol ou qu’ils ont été naturalisés. Ils peuvent être musulmans ou pas, c’est leur choix. Rien ne les sépare des autres Français. Il fallait l’écrire avant de poser un regard apaisé sur ces « maisons de l’islam » à travers le monde .

    Carte : plan de Khartoum

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  • 8 April, 2015
    XXI - N°30

    XXI - N°30

    Réalisation de la cartographie de ce nouveau numéro de XXI.

    Illustration : couverture du n°30 (Printemps 2015) de la revue XXI

    Illustration : couverture du n°30 (Printemps 2015) de la revue XXI

     

    Éditorial :

    Au Royaume-Uni, le quotidien The Daily Telegraph est une institution depuis 1855. Début 2015, l’un de ses éditorialistes politiques, Peter Oborne, a jeté un joli pavé dans la mare, en publiant sur le site Opendemocracy un récit sobre et terrible à la fois sur les moeurs de notre métier.

    Son témoignage commence par une déclaration d’amour : « Mon grand-père, le colonel Oborne, était un lecteur du “Telegraph”. Il le lisait chaque matin attentivement en dégustant ses oeufs au bacon. Je pensais souvent à lui en écrivant mes articles. » L’histoire qu’il raconte commence comme tant d’autres en Occident : la chute des ventes (un demi-million d’acheteurs chaque jour quand même !), la panique des propriétaires, les vagues de licenciements, le remplacement de la rédaction en chef et l’essor de « la culture du clic », sans vergogne ni vérification.

    Mais la suite est plus singulière. Peter Oborne évoque sa difficulté à faire paraître un article – qui sera in fine refusé –, à propos de la fermeture unilatérale par HSBC de comptes de Britanniques musulmans. Son trouble augmente quelques mois plus tard en constatant le traitement a minima, « en page 5 de la section “Affaires” du “Telegraph” », d’un autre dossier gênant pour HSBC. Puis ce sera le voile pudique posé par le quotidien sur les manifestations à Hongkong, le centre névralgique de la banque et son fief historique. Là-bas, HSBC est partout, en affiche dans les couloirs de métro et en logo à chaque coin de rue. Le « service minimum » du quotidien précède une tribune offerte à l’ambassadeur de Chine et un supplément lucratif, intitulé « China Watch »…

    Osborne continue sa litanie de bizarreries éditoriales, dont la répétition ne laisse guère de doute sur la nature des pressions exercées. Ses chefs finissent par lui avouer qu’il leur est impossible de froisser l’un des plus gros annonceurs du titre. L’éditorialiste dresse alors la liste de ces impasses au directeur du journal, et met en copie le fils des propriétaires, Aidan Barclay.

    Héritier de l’une des quarante plus grandes fortunes du royaume, M. Barclay en personne le reçoit avec une grande courtoisie, lui offre une tasse de thé et lui propose de se mettre à l’aise. Il le couvre d’éloges mais sans bouger d’un pouce, faisant mine de s’étonner de ce malentendu. L’understandment britannique n’est pas un mythe et la scène pourrait se glisser chez John le Carré.

    Le conflit ouvert se termine par la démission de l’éditorialiste, avant que les listings d’HSBC sur les titulaires de comptes en Suisse non déclarés au fisc ne fassent la Une de la presse européenne. Évidemment, le vénérable quotidien se tait – ou presque. Peter Osborne se fait cruel : « Vous aviez besoin d’un microscope pour trouver le traitement de l’affaire par le “Telegraph” : lundi, rien ; mardi, six petits paragraphes en bas à gauche de la page 2 ; mercredi, sept paragraphes enfouis dans les pages “Entreprises”. »

    Un silence contraint. HSBC pèse 50 milliards d’euros de chiffre d’affaires, 14 milliards d’euros de résultat net et des centaines de millions d’investissements publicitaires. Peter Osborne s’insurge : « Nos lecteurs sont intelligents et sensibles. Si les priorités publicitaires priment sur les choix éditoriaux, comment peuvent-ils continuer à nous faire confiance ? La couverture de l’affaire HSBC est une fraude vis-à-vis d’eux. Le journal a mis ses intérêts au-dessus de son devoir d’informer. Quand j’ai posé à la direction du “Telegraph” des questions détaillées au sujet de ses relations avec les annonceurs, j’ai reçu la réponse suivante : “Vos questions sont pleines d’inexactitudes, et nous n’avons donc pas l’intention d’y répondre”. »

    Osborne n’est pas un activiste. C’est un conservateur bon teint, auteur d’une enquête fouillée sur le spin doctor de Tony Blair, Alastair Campbell, incarnation à ses yeux de « l’émergence d’une classe médiatique ». Son récit nous invite à ne pas regarder la paille dans l’oeil du voisin, sans voir la poutre dans le nôtre. Qui racontera les arrangements en coulisse avec Total, Axa, la Société générale, BNP Paribas, Areva ou LVMH ? Qui peut croire que les plus grandes fortunes françaises achètent des titres déficitaires par amour de la presse ? Qui peut imaginer que les médias sont indifférents aux intérêts de leurs sponsors quand ils acceptent des « contenus partenaires » ou des suppléments dédiés aux marques ?

    Grâce à votre fidélité, nous n’avons pas à affronter ces dilemmes. Ce numéro de XXI est la trentième livraison de 210 pages de journalisme.

    Et seulement de journalisme.

    Laurent Beccaria et Patrick de Saint-Exupéry

    Revue XXI - carte

     

    http://www.revue21.fr

     

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  • 8 April, 2015
    L'Atlas global

    L'Atlas global

    L'Atlas global, sous la direction de Christian Grataloup et Gilles Fumey, conception et réalisation de la cartographie Alexandre Nicolas aux Éditions Les Arènes. Direction artistique de Quintin Leeds.

     

    L'Atlas global

     

    Note de l'éditeur :

    50 cartes inédites pour comprendre "la désoccidentalisation du monde".

    L'Atlas global est un essai en images, conçu par une équipe de vingt-six historiens et géographes de renom. En soixante cartes et infographies inédites, ils nous racontent comment l’Occident s’est vu (parfois à tort) au centre du monde et pourquoi, au tournant du xxie siècle, les cartes du pouvoir ont été rebattues. Un autre monde émerge sous nos yeux, largement  désoccidentalisé. La beauté, le bonheur, les prisons, le sport, les déchets, les virus, les habitudes alimentaires, la vieillesse, le climat… On peut tout cartographier.

    Cet atlas est réalisé sous la direction de Patrick Boucheron, professeur à la Sorbonne et directeur éditorial au Seuil, Gilles Fumey, professeur à la Sorbonne et chercheur au CNRS et Christian Grataloup, professeur à Sciences-Po Paris.

     

    atl glob carte1

     

    atl glob carte2

     

    Quelques critiques de l'ouvrage :

    Une nouvelle cartographie pour un monde global : Les Échos

    Pour aller plus loin :

    Nos Assiettes ne sont pas si mondialisées de Gilles Fumey

    « nous » global de Christian Grataloup

    L'atlas global à l'école du citoyen du monde de Christian Grataloup

     

     

    RFI - Autour de la question - Peut-on faire le portrait du monde ? (avec G. Fumey et C. Grataloup, le 6 janv. 2015)

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  • 2 April, 2015
    6MOIS - N°9

    6MOIS - N°9

    Dans toutes les bonnes librairies, sort ce mercredi 2 mars 2015 le nouveau numéro du magazine 6MOIS, le XXIe siècle en images, magazine qui donne la part belle à la photo et au photojournalisme. Réalisation cartographique d'Alexandre Nicolas.

     

    Couverture du n°9 du magazine 6MOIS

     

    Éditorial :

    Publier n’est jamais un acte anodin. Au regard de la justice, c’est la direction d’une publication qui est susceptible d’être poursuivie comme « auteur principal » d’un délit de presse, les journalistes, dessinateurs ou photographes n’étant que des « complices ». Si chacun est libre de s’exprimer en privé sans aucune limite, seul le fait de rendre public des textes ou des images est socialement et juridiquement contestable. La direction de Charlie Hebdo et ses journalistes avaient longuement débattu avant de publier les caricatures de Mahomet. Ils ont toujours assumé leur décision, y compris devant les tribunaux. Ils en sont morts.

    A chaque numéro de 6Mois, nous avons entre nous des débats. Ils sont parfois passionnels, même si leur portée n’a évidemment rien à voir avec la publication des caricatures de Mahomet. Ce numéro de 6Mois a été l’occasion de deux dilemmes.

    Le premier concerne le reportage sur les effets des pesticides en Argentine. Cette enquête exceptionnelle comporte de nombreux clichés d’enfants qui souffrent de malformations dues aux produits chimiques. Certaines images sont insoutenables. Plusieurs portfolios successifs ont été montés par la rédaction et la direction artistique, avec ou sans les photos les plus cruelles. Toute la question était celle de l’effroi. Jusqu’où montrer ? Nous avons choisi d’être explicites – ne pas cacher l’existence d’enfants lourdement handicapés – sans publier les photos qui nous révulsaient nous-mêmes. Les légendes et l’entretien avec Fabrice Nicolino nous ont semblé suffisamment clairs.

    Le second débat est plus paradoxal encore. Il a agité la rédaction autour de l’entretien avec Christophe Bangert. Ce photojournaliste allemand est l’auteur d’un livre dérangeant dont le nom dit tout : War Porn. Il y a rassemblé ses images les plus choquantes, notamment d’Irak, et s’élève contre leur non-publication dans les journaux. Une occultation de la réalité de la guerre, dit-il. Pour la mort comme pour le sexe, les limites entre l’érotisme (la suggestion) et la pornographie (la vision) sont ténues, variables dans le temps et dans l’espace. Il existe une esthétisation de la violence contre laquelle le photographe allemand s’insurge. L’interview est passionnante. Mais fallait-il publier en regard des images tirées de War Porn ? Nous nous sommes limités à une seule photo, en restant sur le seuil de l’horreur. La discussion fut vive. « C’est de l’hypocrisie ! », tonnait l’un. « Illogique ! », ajoutait l’autre. Nous pensons que le débat est important. A chaque lecteur de décider s’il a envie ou non d’acheter War Porn. Notre responsabilité est de permettre à chacun de s’interroger sans forcément passer par l’effroi.

    Le journalisme est un dilemme perpétuel. Les frontières sont mouvantes. Nous avançons sans certitudes, sur un fil, dans le chaos des événements. L’important est de faire des choix et de les assumer, au nom justement de ceux qui ont payé leur engagement de leur sang. Il y a un beau vers de René Char, qui vaut pour les journalistes comme pour chacune de nos vies : « Tu ne peux pas te relire, mais tu peux signer. »


    Laurent Beccaria, Patrick de Saint Exupéry et Marie-Pierre Subtil

     

    www.6mois.fr

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  • 31 March, 2015
    Monde francophone

    Monde francophone

    Petit dictionnaire du monde francophone, Tout ce qu'il faut savoir sur les 45 pays et territoires francophones, de Ilyes Zouari, cartographie d'Alexandre Nicolas aux Éditions L'Harmattan.

    Petit dictionnaire du monde francophone

     

    Note de l'auteur :

    Le Monde francophone s’étend sur plus de 16,3 millions de km2, soit près de quatre fois l’Union européenne. Ce vaste espace, où le français n’a jamais été autant parlé, regroupe plus de 450 millions de personnes, réparties sur 33 pays et non moins de 4 continents.
    Se voulant fiable et crédible, évitant toutes exagération, ou propagande, ce livre, le premier du genre, se base sur une définition simple et de bon sens que l’on peut retenir pour décrire un pays ou territoire francophone, à savoir : une terre où l’on peut vivre en français, car langue de l’administration, de l’enseignement, des affaires et des médias, et ce, seul ou dans le cadre d’un bilinguisme parfait avec une langue locale "partenaire", pour reprendre le terme utilisé par l’OIF. La liste des pays étudiés ne correspond donc pas totalement à celle des membres de cette organisation, désormais davantage politique que culturelle. Ce qui n’empêche pas pour autant l’ouvrage de présenter la vingtaine de pays et de territoires francophiles et/ou abritant des minorités de langue française (Flandre, Sarre, Suisse alémanique occidentale, Roumanie, Liban, État brésilien de l’Amapa, provinces anglophones de la moitié est du Canada…).

     

    Le Petit dictionnaire du Monde francophone, c’est :

    • une mine d’informations précises et à jour.
    • une présentation détaillée des 45 pays et territoires francophones autour de neuf rubriques : géographie, économie, culture, gastronomie, "ça vaut le détour", proverbes, sites internet des principaux journaux et magazines d’information…
    • de nombreuses cartes géographiques, reflétant toutes les dimensions réelles des pays et continents.
    • un petit lexique du "français d’ailleurs" répertoriant une sélection de termes spécifiques aux autres terres francophones.
    • une présentation des pays et territoires francophiles et/ou abritant des minorités de langue française, avec indication de la situation du français et de son enseignement.
    • un répertoire des principaux organismes, événements et médias panfrancophones.
    • et d’abondantes données chiffrées, parfois inédites, comme le fait que la distance en territoire francophone continu est de 6 080 km entre Alger et la frontière sud-est de la RDC, près de Lubumbashi (soit deux fois et demie Paris-Moscou !), ou encore que la Guadeloupe suffirait à elle seule à abriter toute la population mondiale à raison d’une moyenne raisonnable de 4, 5 personnes/m2.

    Les nombreux sites internet référencés pour chaque pays et territoire ainsi que le petit lexique du "français d’ailleurs" permettront au lecteur de s’immerger dans la réalité francophone quotidienne de ces différents peuples et de constater la grande vitalité de la langue française, ainsi que la créativité qui anime l’espace francophone : qui sait, par exemple, que l’équivalent sénégalais du journal satirique Le Canard enchaîné s’appelle Le Cafard libéré ? ou encore que le slogan récemment arboré en Tunisie lors d’une manifestation anti-gaz de schiste contre une multinationale anglo-néerlandaise était "N’inshistez pas, non à la gazastrophe !"

     

    Quelques cartes de l'ouvrage :

    Carte : l'Afrique de l'Ouest francophone

    L'Afrique de l'Ouest francophone

    Carte : L'Europe de l'Ouest francophone

    L'Europe de l'Ouest francophone

     

    Ilyes Zouari est administrateur/auteur de la revue Population & Avenir, spécialisée en démographie et en géographie humaine, et administrateur de l’association Paris-Québec.

     

    www.le-cartographe.net

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  • 24 March, 2015
    XXI - N°29

    XXI - N°29

    Réalisation de la cartographie de ce nouveau numéro de XXI.

    Illustration : couverture du n° 29 (Hiver 2015) de la revue XXI

    Illustration : couverture du n° 29 de la revue XXI

     

    Note de l'éditeur concernant ce n° :

    C'est une petite phrase perdue au milieu d’un magazine qui soudain accroche l’œil. Le rédacteur en chef du Mainichi Shimbun (« le journal de chaque jour »), le plus ancien quotidien du Japon, y donne une interview insipide. Si le pays de la technologie et du futurisme est le paradis de la presse prospère, ses dirigeants semblent les inventeurs de la langue de bois : pas un adjectif ne dépasse. Mais quand le grand reporter Alain Louyot demande à Hajime Ogawa, heureux responsable de ce quotidien aux 3 350 000 exemplaires diffusés chaque jour, s’il a été contraint de réduire les effectifs de la rédaction, le Japonais s’offusque : « Non, heureusement ! Les journalistes constituent le capital le plus précieux d’un titre, un véritable trésor » (The Good Life, décembre 2014).

    « Un véritable trésor. » Ces mots sonnent étrangement à notre oreille. Depuis dix ans, les rédactions des journaux occidentaux sont atteintes par une hémorragie spectaculaire. Elles subissent des réductions de 20 à 50 % de leur effectif. D’une seule voix, leurs directions critiquent l’inadaptation et l’inefficacité de rédactions recrutées au temps où la publicité tombait du ciel et où les lecteurs se multipliaient selon le principe de la division cellulaire. Elles sont affublées de tous les maux : pléthoriques, peu productives, rétives au changement, accrochées à leurs privilèges. Elles subissent le sort de toutes les entreprises de main-d’œuvre, ajustées au plus près des comptes d’exploitation, concurrencées par la technologie ou les algorithmes.

    Pris dans l’effet ciseaux d’une baisse des revenus et d’une augmentation des coûts, nous avons perdu de vue l’évidence. À quand remonte la date où, pour la dernière fois en France, une rédaction a été qualifiée de « trésor » ?

    L’essentiel des reportages de XXI est écrit par des auteurs extérieurs. C’est le principe même de ce journalisme narratif que nous vous proposons, ce travail au long cours, mêlant texte, bande dessinée et photoreportage. Forts de la souplesse que procurent la technologie et le télétravail, nous aurions pu compléter chaque numéro par l’apport de journalistes free-lance, de secrétaires de rédaction ou de graphistes interchangeables chaque trimestre.

    Financièrement, ce dispositif aurait été avantageux. Mais dès que vous nous en avez donné les moyens, grâce au succès des revues XXI et 6Mois, nous avons recruté un noyau de permanents et une vraie rédaction.

    Parce que c’est un trésor.

     

    Rue Jacob, la rédaction de XXI et 6Mois compte onze membres, dont sept journalistes. C’est une toute petite rédaction par rapport aux hebdomadaires ou aux quotidiens. Mais un Huron y retrouverait le même assemblage de talents écarlates et de caractères trempés que dans les « grandes rédactions ».

    Pour s’intégrer à une rédaction, il faut avoir le goût des autres et le respect de ceux qui ne pensent et ne vivent pas comme soi. L’émulation est vitale : le talent appelle le talent. Ça râle et ça discute. Ça s’exclame. Ça va, ça vient. Chaque semaine, plusieurs chaises restent vides : l’un est en Indonésie, l’autre à Roubaix ; l’une au Congo, l’autre à Montpellier. Au retour, ça raconte, ça débat. Ça n’est pas d’accord. Il y a des discussions stupides sur des détails, des débats sans fin sur une phrase, une idée. Mais rien n’est accessoire, chaque mot est important.

     Vous retrouvez leurs signatures dans les pages d’actualité, dans les « Pour aller plus loin » ou sur le site de XXI, refait à neuf (très beau – allez le voir ! – et dites-nous ce que vous en pensez). Tous les numéros comportent également au moins un reportage ou un entretien au long cours réalisé par un membre de la rédaction, parfois davantage.

    Comme XXI est une revue neuve, sa rédaction est jeune. Saison après saison, nous voyons leur plume s’affiner, leur curiosité s’aiguiser, leurs doutes grandir. Leurs personnalités colorent peu à peu ces pages, qui bientôt deviendront d’abord les leurs. Dans quelques années, nous pourrons glisser que nous avons connu Mathilde Boussion, Marion Quillard, Léna Mauger, Mathieu Palain ou Victoria Scoffier à leurs débuts. Et un murmure d’étonnement accueillera notre sourire.

    Une rédaction est comme la quille d’un bateau : invisible à fleur d’eau et pourtant indispensable. Oui, un trésor.

     

    Laurent Beccaria et Patrick de Saint-Exupéry

    http://www.revue21.fr

     

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  • 26 February, 2015
    Disparus d'Argentine

    Disparus d'Argentine

    Sur les pas des disparus d’Argentine (1976-1983), de Gaby Etchebarne, cartographie d'Alexandre Nicolas aux Éditions Karthala.

    Sur les pas des disparus d’Argentine (1976-1983), de Gaby Etchebarne

    Note de l'éditeur :

    Qui se préoccupera du sort de deux « défroquées » ? Telle fut la réponse des militaires argentins à ceux qui craignaient la réaction des amies de Cathy et Léonie – deux anciennes religieuses françaises engagées au côté des plus démunis –, après leur arrestation et leur disparition, sous la dictature du général Videla en 1977.

    Leurs tortionnaires se sont trompés car, trente ans après, ici comme en Amérique latine, leur mémoire resurgit encore. Cathy et Léonie font partie des trente mille disparus d’Argentine. Leur seul crime a été de défendre les plus pauvres, de vivre au milieu d’eux, comme eux. Guidées par la foi, elles sont allées au bout de leur engagement.

    L’auteur(e) de ce livre a vécu et travaillé avec elles pendant plusieurs années. En compagnie de la cinéaste basque Audrey Hoc, créatrice du documentaire en forme de DVD qui accompagne cet ouvrage, elle a voulu retrouver les traces de leurs pas, parcourir les quartiers où elles ont partagé la vie des défavorisés, les lieux où elles ont souffert des horreurs de l’arrestation, de la prison et de la torture, avant d’être jetées, vivantes, dans l’immensité de l’océan.

    En période de crise, beaucoup de gens réclament encore une « main de fer », seule capable de redresser un pays en difficulté. Combien faudra-t-il de dictateurs, combien de milliers de victimes, pour que nous renoncions enfin à cette illusion terrifiante ? Heureusement, Cathy et Léonie sont là, toujours vivantes, qui nous montrent le chemin, car l’amour ne meurt pas

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  • 26 February, 2015
    Atlas Savoie Mont-Blanc

    Atlas Savoie Mont-Blanc

    Atlas Savoie Mont-Blanc, un territoire unique, de Lionel Laslaz, Christophe Gauchon et Olivier Pasquet, cartographie et infographies d'Alexandre Nicolas aux Éditions Autrement.

    Atlas Savoie Mont-Blanc de Lionel Laslaz

     

    Note de l'éditeur :

    Près de 100 cartes et infographies pour comprendre les Pays de Savoie, leur histoire et leur développement contemporain.

    • Un territoire attractif et dynamique démographiquement, une identité forte ;
    • Des espaces d’innovation dans l’industrie et l’énergie ;
    • Les Alpes, socle du développement agricole et pôle du tourisme français ;
    •  Une approche originale : logement, gastronomie, géographie électorale, lieux de mémoire…

     

    Dans le contexte de la création de la collectivité territoriale Savoie Mont-Blanc, rapprochement de la Savoie et de la Haute-Savoie, les auteurs s’attachent à analyser les points communs et les spécificités de ces départements aujourd’hui.

     

    « Un regard percutant sur les Pays de Savoie, carrefour des Alpes françaises en pleine mutation. »

     

    Quelques cartes de l'atlas :

    Infographie : un voisinage urbain attractif

    Infographie : un voisinage urbain attractif

     Carte : les Savoie en vélo

    Carte : Les Savoie en vélo

     Infographie : des régions agricoles sovoyardes inégalement riches

    Infographie : des régions agricoles sovoyardes inégalement riches

     Carte : le Centre-ville d'Annecy, pôle touristique

    Carte : le Centre-ville d'Annecy, pôle touristique

     Carte : le Parc National de la Vanoise au défi des sports d'hiver

    Carte : le Parc National de la Vanoise au défi des sports d'hiver

     

    Atlas également publiés aux Éditions Autrement :

    Atlas géopolitique d'Israël , Les défis d'une démocratie en guerre, Frédéric Encel (2008)

    Atlas militaire et stratégique par la Fondation pour la Recherche Stratégique (FRS ), dirigé par Bruno Tertrais (2009)

    Atlas des mafias, Acteurs, trafic et marchés de la criminalité organisée, Fabrizio Maccaglia et M.A. Matard-Bonucci (2009)

    Atlas mondial du nucléaire, civil et militaire de Bruno Tertrais (2011)

    Atlas des Tsiganes, les dessous de la question rom, Samuel Delépine (2012)

    Atlas des espaces protégés, Les sociétés face à la nature, L. Laslaz (Dir.) - S. Depraz - S. Guyot - S. Héritier (2012)

    Atlas de la grande Europe, Économie, culture, politique, P. Beckouche et Y. Richard (2013)

    Altas des montagnes. Espaces habités, mondes imaginés, Xavier Bernier et Christophe Gauchon (2013)

    Atlas de l'élevage herbivore en France, Filières innovantes, territoires vivants de L. Rieutort, J. Ryschawy, A. Doreau et C. Guinot (2014)

     

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Les derniers ouvrages publiés

  • Les Inuits

    Les Inuits

    Les Inuits, résistans ! de Anne Pélouas, cartographie d'Alexandre Nicolas aux Éditions Atelier Henry Dougier HD.

    Les Inuits, résistans ! de Anne Pélouas

    Note de l'éditeur :

    Peuple de l’Arctique à l’histoire millénaire, les Inuits ont traversé le XXe siècle en passant du nomadisme à la sédentarité. Doués d’une faculté d’adaptation exceptionnelle, ils traversent aujourd’hui les temps troubles générés par le réchauffement climatique, lequel affecte davantage les pôles que le reste de la planète. Dans toutes les sphères de leur vie au quotidien, autant politique qu’économique, culturelle ou sociale, on sent chez eux une formidable aptitude à la résilience, sans reniement des valeurs fondamentales de leur culture ancestrale.
    Exemple avec les Inuits du Nord du Canada.

    Anne Pélouas est journaliste indépendante, correspondante du journal Le Monde au Canada, où elle est installée depuis 1988. Elle y a réalisé de nombreux reportages et portraits, tant pour des magazines français que québécois, dans des domaines variés : politique, économie, environnement, nature, tourisme, gastronomie… Mais sa passion première va au Grand Nord canadien et à ceux qui l’habitent.

     

    Collection "Lignes de vie d’un peuple" : Conçue par les ateliers henry dougier (fondateur des Éditions Autrement), cette collection « raconte » les peuples aujourd’hui, trop souvent invisibles. Elle met en scène leurs valeurs, leurs interrogations, leurs créations, leurs passions partagées dans une grande enquête tissée d’histoires fortes, révélatrices de leur culture profonde.

     

    Dans la même collection :

     

    La couverture est de la photographe et graphiste Céline Boyer (Série " Empreintes").

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  • Les Roumains

    Les Roumains

    Les Roumains de Mirel Bran, cartographie d'Alexandre Nicolas aux Éditions Atelier Henry Dougier HD.

    Les Roumains de Mirel Bran

    Note de l'éditeur :

    Peuple de frontière, les Roumains sont partagés entre la raison de l’Occident et la rêverie de l’Orient. Habitués à négocier avec les grands empires, ils ont fait de la débrouillardise un mode de vie. Le repli sur soi qu’ils manifestent à travers l’histoire se double d’une ouverture qui a souvent permis aux Latins de l’Europe de l’Est de brûler les étapes.

    Mirel Bran est le correspondant des journaux Le Monde et Le Point et de la chaîne France 24 à Bucarest. Fondateur de la maison de production Tadami Presse, il est également réalisateur de films documentaires. Mirel Bran est auteur de Bucarest, le dégel aux Éditions Autrement et Le chasseur de la Securitate aux Éditions du Cygne.

     

    Collection "Lignes de vie d’un peuple" : Conçue par les ateliers henry dougier (fondateur des Éditions Autrement), cette collection « raconte » les peuples aujourd’hui, trop souvent invisibles. Elle met en scène leurs valeurs, leurs interrogations, leurs créations, leurs passions partagées dans une grande enquête tissée d’histoires fortes, révélatrices de leur culture profonde.

     

    Dans la même collection :

     

    La couverture est de la photographe et graphiste Céline Boyer (Série " Empreintes").

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  • XXI - Hors-Série

    XXI - Hors-Série

    Les Maisons de l'Islam. L'incroyable diversité du monde musulman. 12 récits, photos et bande dessinée. Réalisation de la cartographie de ce hors-série de XXI.

    Depuis quatorze siècles, le monde musulman partage un même livre. Du Coran, « récitation » de la parole divine, sont nées les traditions. Que la mondialisation oppose. Du Pakistan à la Syrie, de l'Égypte au Soudan, du Yémen à la Turquie, c'est un monde qui se confronte à lui-même. Pour ce hors série, XXI a rassemblé ses meilleurs reportages consacrés à l'Islam. Une anthologie à retrouver dès aujourd'hui chez votre libraire !

    es Maisons de l'Islam. L'incroyable diversité du monde musulman

     

    Éditorial :

    Derrière la résistance de la société française à accepter de plain-pied que Moustafa, Hossine ou Mohamed - ce dernier étant un prénom les plus attribués - soient traités à l'égal des Hugo, Louis, Jules ou Arsène, il y a un "secret de famille".

    L’expression est du journaliste et écrivain français Slimane Zeghidour. L’origine de ce secret de famille remonte à la prise d’Alger en 1830 ; il se noue en 1871 avec la transformation de ce vaste territoire en trois départements français avec le même statut que la Creuse ou le Loir-et-Cher ; il connaît une étape décisive en 1962 avec l’indépendance et les accords d’Évian ; il se prolonge avec les enfants de l’immigration venus de l’autre rive de la Méditerranée.
    Ce « secret de famille » s’énonce en une phrase : pendant près d’un siècle, sur quatre générations, des millions de Français ont été privés de droits politiques. Pour justifier cette inégalité de traitement, contradictoire avec l’idéal universaliste, le Second Empire puis la République ont mis en avant… la protection de l’islam.
    Quand, le 24 octobre 1870, le décret Crémieux accorde la citoyenneté française aux 37 000 juifs d’Algérie, il précise aussi que « l’indigène musulman est français, néanmoins il continuera à être régi par la charia ». Des millions d’Arabes et Berbères, français mais appelés officiellement « indigènes », sont ainsi dotés d’une citoyenneté musulmane. Le syllogisme est poussé jusqu’à l’absurde puisque même un Arabe converti au catholicisme ne peut acquérir la pleine citoyenneté française… parce qu’il est musulman ! CQFD.
    De 1881 à 1945, un « Code de l’indigénat », qualifié par les historiens du droit de « monstre juridique », s’applique dans les trois départements français d’Algérie. Il comprend vingt-sept infractions spéciales, dont « le départ du territoire de la commune sans permis de voyage », « la réunion sans autorisation pour fête religieuse » ou « l’acte irrespectueux ».
    L’État célèbre alors les bachaghas, caïds et chaouchs, ainsi que « les structures traditionnelles indigènes ». Dans un joyeux chaos intellectuel, la République invoque même le secours d’Allah (en arabe !) sur les écussons et les blasons de ses soldats, voire même sur certains billets de banque, sans que jamais le Parlement donne le droit de vote aux Arabo-Berbères, « non pleinement français ».
    Même l’abrogation officielle du Code de l’indigénat après la Seconde Guerre mondiale n’ouvre pas sur une citoyenneté de plein droit. En 1948, un « double collège » est institué : une voix de « Français d’Algérie » pèse autant que huit voix de « Français musulmans ».
    Slimane Zeghidour conserve les cartes d’identité de son grand-père et de son père avec les mentions officielles d’« indigène », puis de « Français musulman », puis de « sujet français musulman non naturalisé » et enfin de FSNA « Français de souche nord-africaine ».
    La contradiction éclate avec la guerre d’Algérie, mais l’ambiguïté demeure. Il existe une difficulté persistante à nommer ces « Français de la diversité ». En cinquante ans, les médias et les dirigeants politiques français ont successivement utilisé les termes de « harkis » (les supplétifs engagés au sein de l’armée française, qui ont pu gagner l’Hexagone après 1962, et ont été regroupés dans des camps officiels), puis de « jeunes harkis » pour leurs enfants et même leurs petits-enfants, et enfin de « beurs », « jeunes des quartiers » ou encore de « Français issus de l’immigration ».
    Immanquablement un Français à la peau basanée se voit demander « de quelle origine il est » comme si le fait de naître à Villeurbanne, Villeneuve-sur-Lot ou Grigny ne suffisait pas. En janvier dernier, au 20 Heures de France 2, David Pujadas a pu lancer benoîtement un reportage en parlant d’un « musulman marié à une Française ». L’approche coloniale façonne encore notre inconscient collectif.
    Les secrets de famille sont faits pour être levés et dépassés. Mohamed, Moustafa, Slimane comme Houria, Salima et Fatima sont français lorsqu’ils sont nés sur notre sol ou qu’ils ont été naturalisés. Ils peuvent être musulmans ou pas, c’est leur choix. Rien ne les sépare des autres Français. Il fallait l’écrire avant de poser un regard apaisé sur ces « maisons de l’islam » à travers le monde .

    Carte : plan de Khartoum

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  • XXI - N°30

    XXI - N°30

    Réalisation de la cartographie de ce nouveau numéro de XXI.

    Illustration : couverture du n°30 (Printemps 2015) de la revue XXI

    Illustration : couverture du n°30 (Printemps 2015) de la revue XXI

     

    Éditorial :

    Au Royaume-Uni, le quotidien The Daily Telegraph est une institution depuis 1855. Début 2015, l’un de ses éditorialistes politiques, Peter Oborne, a jeté un joli pavé dans la mare, en publiant sur le site Opendemocracy un récit sobre et terrible à la fois sur les moeurs de notre métier.

    Son témoignage commence par une déclaration d’amour : « Mon grand-père, le colonel Oborne, était un lecteur du “Telegraph”. Il le lisait chaque matin attentivement en dégustant ses oeufs au bacon. Je pensais souvent à lui en écrivant mes articles. » L’histoire qu’il raconte commence comme tant d’autres en Occident : la chute des ventes (un demi-million d’acheteurs chaque jour quand même !), la panique des propriétaires, les vagues de licenciements, le remplacement de la rédaction en chef et l’essor de « la culture du clic », sans vergogne ni vérification.

    Mais la suite est plus singulière. Peter Oborne évoque sa difficulté à faire paraître un article – qui sera in fine refusé –, à propos de la fermeture unilatérale par HSBC de comptes de Britanniques musulmans. Son trouble augmente quelques mois plus tard en constatant le traitement a minima, « en page 5 de la section “Affaires” du “Telegraph” », d’un autre dossier gênant pour HSBC. Puis ce sera le voile pudique posé par le quotidien sur les manifestations à Hongkong, le centre névralgique de la banque et son fief historique. Là-bas, HSBC est partout, en affiche dans les couloirs de métro et en logo à chaque coin de rue. Le « service minimum » du quotidien précède une tribune offerte à l’ambassadeur de Chine et un supplément lucratif, intitulé « China Watch »…

    Osborne continue sa litanie de bizarreries éditoriales, dont la répétition ne laisse guère de doute sur la nature des pressions exercées. Ses chefs finissent par lui avouer qu’il leur est impossible de froisser l’un des plus gros annonceurs du titre. L’éditorialiste dresse alors la liste de ces impasses au directeur du journal, et met en copie le fils des propriétaires, Aidan Barclay.

    Héritier de l’une des quarante plus grandes fortunes du royaume, M. Barclay en personne le reçoit avec une grande courtoisie, lui offre une tasse de thé et lui propose de se mettre à l’aise. Il le couvre d’éloges mais sans bouger d’un pouce, faisant mine de s’étonner de ce malentendu. L’understandment britannique n’est pas un mythe et la scène pourrait se glisser chez John le Carré.

    Le conflit ouvert se termine par la démission de l’éditorialiste, avant que les listings d’HSBC sur les titulaires de comptes en Suisse non déclarés au fisc ne fassent la Une de la presse européenne. Évidemment, le vénérable quotidien se tait – ou presque. Peter Osborne se fait cruel : « Vous aviez besoin d’un microscope pour trouver le traitement de l’affaire par le “Telegraph” : lundi, rien ; mardi, six petits paragraphes en bas à gauche de la page 2 ; mercredi, sept paragraphes enfouis dans les pages “Entreprises”. »

    Un silence contraint. HSBC pèse 50 milliards d’euros de chiffre d’affaires, 14 milliards d’euros de résultat net et des centaines de millions d’investissements publicitaires. Peter Osborne s’insurge : « Nos lecteurs sont intelligents et sensibles. Si les priorités publicitaires priment sur les choix éditoriaux, comment peuvent-ils continuer à nous faire confiance ? La couverture de l’affaire HSBC est une fraude vis-à-vis d’eux. Le journal a mis ses intérêts au-dessus de son devoir d’informer. Quand j’ai posé à la direction du “Telegraph” des questions détaillées au sujet de ses relations avec les annonceurs, j’ai reçu la réponse suivante : “Vos questions sont pleines d’inexactitudes, et nous n’avons donc pas l’intention d’y répondre”. »

    Osborne n’est pas un activiste. C’est un conservateur bon teint, auteur d’une enquête fouillée sur le spin doctor de Tony Blair, Alastair Campbell, incarnation à ses yeux de « l’émergence d’une classe médiatique ». Son récit nous invite à ne pas regarder la paille dans l’oeil du voisin, sans voir la poutre dans le nôtre. Qui racontera les arrangements en coulisse avec Total, Axa, la Société générale, BNP Paribas, Areva ou LVMH ? Qui peut croire que les plus grandes fortunes françaises achètent des titres déficitaires par amour de la presse ? Qui peut imaginer que les médias sont indifférents aux intérêts de leurs sponsors quand ils acceptent des « contenus partenaires » ou des suppléments dédiés aux marques ?

    Grâce à votre fidélité, nous n’avons pas à affronter ces dilemmes. Ce numéro de XXI est la trentième livraison de 210 pages de journalisme.

    Et seulement de journalisme.

    Laurent Beccaria et Patrick de Saint-Exupéry

    Revue XXI - carte

     

    http://www.revue21.fr

     

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  • L'Atlas global

    L'Atlas global

    L'Atlas global, sous la direction de Christian Grataloup et Gilles Fumey, conception et réalisation de la cartographie Alexandre Nicolas aux Éditions Les Arènes. Direction artistique de Quintin Leeds.

     

    L'Atlas global

     

    Note de l'éditeur :

    50 cartes inédites pour comprendre "la désoccidentalisation du monde".

    L'Atlas global est un essai en images, conçu par une équipe de vingt-six historiens et géographes de renom. En soixante cartes et infographies inédites, ils nous racontent comment l’Occident s’est vu (parfois à tort) au centre du monde et pourquoi, au tournant du xxie siècle, les cartes du pouvoir ont été rebattues. Un autre monde émerge sous nos yeux, largement  désoccidentalisé. La beauté, le bonheur, les prisons, le sport, les déchets, les virus, les habitudes alimentaires, la vieillesse, le climat… On peut tout cartographier.

    Cet atlas est réalisé sous la direction de Patrick Boucheron, professeur à la Sorbonne et directeur éditorial au Seuil, Gilles Fumey, professeur à la Sorbonne et chercheur au CNRS et Christian Grataloup, professeur à Sciences-Po Paris.

     

    atl glob carte1

     

    atl glob carte2

     

    Quelques critiques de l'ouvrage :

    Une nouvelle cartographie pour un monde global : Les Échos

    Pour aller plus loin :

    Nos Assiettes ne sont pas si mondialisées de Gilles Fumey

    « nous » global de Christian Grataloup

    L'atlas global à l'école du citoyen du monde de Christian Grataloup

     

     

    RFI - Autour de la question - Peut-on faire le portrait du monde ? (avec G. Fumey et C. Grataloup, le 6 janv. 2015)

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  • 6MOIS - N°9

    6MOIS - N°9

    Dans toutes les bonnes librairies, sort ce mercredi 2 mars 2015 le nouveau numéro du magazine 6MOIS, le XXIe siècle en images, magazine qui donne la part belle à la photo et au photojournalisme. Réalisation cartographique d'Alexandre Nicolas.

     

    Couverture du n°9 du magazine 6MOIS

     

    Éditorial :

    Publier n’est jamais un acte anodin. Au regard de la justice, c’est la direction d’une publication qui est susceptible d’être poursuivie comme « auteur principal » d’un délit de presse, les journalistes, dessinateurs ou photographes n’étant que des « complices ». Si chacun est libre de s’exprimer en privé sans aucune limite, seul le fait de rendre public des textes ou des images est socialement et juridiquement contestable. La direction de Charlie Hebdo et ses journalistes avaient longuement débattu avant de publier les caricatures de Mahomet. Ils ont toujours assumé leur décision, y compris devant les tribunaux. Ils en sont morts.

    A chaque numéro de 6Mois, nous avons entre nous des débats. Ils sont parfois passionnels, même si leur portée n’a évidemment rien à voir avec la publication des caricatures de Mahomet. Ce numéro de 6Mois a été l’occasion de deux dilemmes.

    Le premier concerne le reportage sur les effets des pesticides en Argentine. Cette enquête exceptionnelle comporte de nombreux clichés d’enfants qui souffrent de malformations dues aux produits chimiques. Certaines images sont insoutenables. Plusieurs portfolios successifs ont été montés par la rédaction et la direction artistique, avec ou sans les photos les plus cruelles. Toute la question était celle de l’effroi. Jusqu’où montrer ? Nous avons choisi d’être explicites – ne pas cacher l’existence d’enfants lourdement handicapés – sans publier les photos qui nous révulsaient nous-mêmes. Les légendes et l’entretien avec Fabrice Nicolino nous ont semblé suffisamment clairs.

    Le second débat est plus paradoxal encore. Il a agité la rédaction autour de l’entretien avec Christophe Bangert. Ce photojournaliste allemand est l’auteur d’un livre dérangeant dont le nom dit tout : War Porn. Il y a rassemblé ses images les plus choquantes, notamment d’Irak, et s’élève contre leur non-publication dans les journaux. Une occultation de la réalité de la guerre, dit-il. Pour la mort comme pour le sexe, les limites entre l’érotisme (la suggestion) et la pornographie (la vision) sont ténues, variables dans le temps et dans l’espace. Il existe une esthétisation de la violence contre laquelle le photographe allemand s’insurge. L’interview est passionnante. Mais fallait-il publier en regard des images tirées de War Porn ? Nous nous sommes limités à une seule photo, en restant sur le seuil de l’horreur. La discussion fut vive. « C’est de l’hypocrisie ! », tonnait l’un. « Illogique ! », ajoutait l’autre. Nous pensons que le débat est important. A chaque lecteur de décider s’il a envie ou non d’acheter War Porn. Notre responsabilité est de permettre à chacun de s’interroger sans forcément passer par l’effroi.

    Le journalisme est un dilemme perpétuel. Les frontières sont mouvantes. Nous avançons sans certitudes, sur un fil, dans le chaos des événements. L’important est de faire des choix et de les assumer, au nom justement de ceux qui ont payé leur engagement de leur sang. Il y a un beau vers de René Char, qui vaut pour les journalistes comme pour chacune de nos vies : « Tu ne peux pas te relire, mais tu peux signer. »


    Laurent Beccaria, Patrick de Saint Exupéry et Marie-Pierre Subtil

     

    www.6mois.fr

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  • Monde francophone

    Monde francophone

    Petit dictionnaire du monde francophone, Tout ce qu'il faut savoir sur les 45 pays et territoires francophones, de Ilyes Zouari, cartographie d'Alexandre Nicolas aux Éditions L'Harmattan.

    Petit dictionnaire du monde francophone

     

    Note de l'auteur :

    Le Monde francophone s’étend sur plus de 16,3 millions de km2, soit près de quatre fois l’Union européenne. Ce vaste espace, où le français n’a jamais été autant parlé, regroupe plus de 450 millions de personnes, réparties sur 33 pays et non moins de 4 continents.
    Se voulant fiable et crédible, évitant toutes exagération, ou propagande, ce livre, le premier du genre, se base sur une définition simple et de bon sens que l’on peut retenir pour décrire un pays ou territoire francophone, à savoir : une terre où l’on peut vivre en français, car langue de l’administration, de l’enseignement, des affaires et des médias, et ce, seul ou dans le cadre d’un bilinguisme parfait avec une langue locale "partenaire", pour reprendre le terme utilisé par l’OIF. La liste des pays étudiés ne correspond donc pas totalement à celle des membres de cette organisation, désormais davantage politique que culturelle. Ce qui n’empêche pas pour autant l’ouvrage de présenter la vingtaine de pays et de territoires francophiles et/ou abritant des minorités de langue française (Flandre, Sarre, Suisse alémanique occidentale, Roumanie, Liban, État brésilien de l’Amapa, provinces anglophones de la moitié est du Canada…).

     

    Le Petit dictionnaire du Monde francophone, c’est :

    • une mine d’informations précises et à jour.
    • une présentation détaillée des 45 pays et territoires francophones autour de neuf rubriques : géographie, économie, culture, gastronomie, "ça vaut le détour", proverbes, sites internet des principaux journaux et magazines d’information…
    • de nombreuses cartes géographiques, reflétant toutes les dimensions réelles des pays et continents.
    • un petit lexique du "français d’ailleurs" répertoriant une sélection de termes spécifiques aux autres terres francophones.
    • une présentation des pays et territoires francophiles et/ou abritant des minorités de langue française, avec indication de la situation du français et de son enseignement.
    • un répertoire des principaux organismes, événements et médias panfrancophones.
    • et d’abondantes données chiffrées, parfois inédites, comme le fait que la distance en territoire francophone continu est de 6 080 km entre Alger et la frontière sud-est de la RDC, près de Lubumbashi (soit deux fois et demie Paris-Moscou !), ou encore que la Guadeloupe suffirait à elle seule à abriter toute la population mondiale à raison d’une moyenne raisonnable de 4, 5 personnes/m2.

    Les nombreux sites internet référencés pour chaque pays et territoire ainsi que le petit lexique du "français d’ailleurs" permettront au lecteur de s’immerger dans la réalité francophone quotidienne de ces différents peuples et de constater la grande vitalité de la langue française, ainsi que la créativité qui anime l’espace francophone : qui sait, par exemple, que l’équivalent sénégalais du journal satirique Le Canard enchaîné s’appelle Le Cafard libéré ? ou encore que le slogan récemment arboré en Tunisie lors d’une manifestation anti-gaz de schiste contre une multinationale anglo-néerlandaise était "N’inshistez pas, non à la gazastrophe !"

     

    Quelques cartes de l'ouvrage :

    Carte : l'Afrique de l'Ouest francophone

    L'Afrique de l'Ouest francophone

    Carte : L'Europe de l'Ouest francophone

    L'Europe de l'Ouest francophone

     

    Ilyes Zouari est administrateur/auteur de la revue Population & Avenir, spécialisée en démographie et en géographie humaine, et administrateur de l’association Paris-Québec.

     

    www.le-cartographe.net

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  • XXI - N°29

    XXI - N°29

    Réalisation de la cartographie de ce nouveau numéro de XXI.

    Illustration : couverture du n° 29 (Hiver 2015) de la revue XXI

    Illustration : couverture du n° 29 de la revue XXI

     

    Note de l'éditeur concernant ce n° :

    C'est une petite phrase perdue au milieu d’un magazine qui soudain accroche l’œil. Le rédacteur en chef du Mainichi Shimbun (« le journal de chaque jour »), le plus ancien quotidien du Japon, y donne une interview insipide. Si le pays de la technologie et du futurisme est le paradis de la presse prospère, ses dirigeants semblent les inventeurs de la langue de bois : pas un adjectif ne dépasse. Mais quand le grand reporter Alain Louyot demande à Hajime Ogawa, heureux responsable de ce quotidien aux 3 350 000 exemplaires diffusés chaque jour, s’il a été contraint de réduire les effectifs de la rédaction, le Japonais s’offusque : « Non, heureusement ! Les journalistes constituent le capital le plus précieux d’un titre, un véritable trésor » (The Good Life, décembre 2014).

    « Un véritable trésor. » Ces mots sonnent étrangement à notre oreille. Depuis dix ans, les rédactions des journaux occidentaux sont atteintes par une hémorragie spectaculaire. Elles subissent des réductions de 20 à 50 % de leur effectif. D’une seule voix, leurs directions critiquent l’inadaptation et l’inefficacité de rédactions recrutées au temps où la publicité tombait du ciel et où les lecteurs se multipliaient selon le principe de la division cellulaire. Elles sont affublées de tous les maux : pléthoriques, peu productives, rétives au changement, accrochées à leurs privilèges. Elles subissent le sort de toutes les entreprises de main-d’œuvre, ajustées au plus près des comptes d’exploitation, concurrencées par la technologie ou les algorithmes.

    Pris dans l’effet ciseaux d’une baisse des revenus et d’une augmentation des coûts, nous avons perdu de vue l’évidence. À quand remonte la date où, pour la dernière fois en France, une rédaction a été qualifiée de « trésor » ?

    L’essentiel des reportages de XXI est écrit par des auteurs extérieurs. C’est le principe même de ce journalisme narratif que nous vous proposons, ce travail au long cours, mêlant texte, bande dessinée et photoreportage. Forts de la souplesse que procurent la technologie et le télétravail, nous aurions pu compléter chaque numéro par l’apport de journalistes free-lance, de secrétaires de rédaction ou de graphistes interchangeables chaque trimestre.

    Financièrement, ce dispositif aurait été avantageux. Mais dès que vous nous en avez donné les moyens, grâce au succès des revues XXI et 6Mois, nous avons recruté un noyau de permanents et une vraie rédaction.

    Parce que c’est un trésor.

     

    Rue Jacob, la rédaction de XXI et 6Mois compte onze membres, dont sept journalistes. C’est une toute petite rédaction par rapport aux hebdomadaires ou aux quotidiens. Mais un Huron y retrouverait le même assemblage de talents écarlates et de caractères trempés que dans les « grandes rédactions ».

    Pour s’intégrer à une rédaction, il faut avoir le goût des autres et le respect de ceux qui ne pensent et ne vivent pas comme soi. L’émulation est vitale : le talent appelle le talent. Ça râle et ça discute. Ça s’exclame. Ça va, ça vient. Chaque semaine, plusieurs chaises restent vides : l’un est en Indonésie, l’autre à Roubaix ; l’une au Congo, l’autre à Montpellier. Au retour, ça raconte, ça débat. Ça n’est pas d’accord. Il y a des discussions stupides sur des détails, des débats sans fin sur une phrase, une idée. Mais rien n’est accessoire, chaque mot est important.

     Vous retrouvez leurs signatures dans les pages d’actualité, dans les « Pour aller plus loin » ou sur le site de XXI, refait à neuf (très beau – allez le voir ! – et dites-nous ce que vous en pensez). Tous les numéros comportent également au moins un reportage ou un entretien au long cours réalisé par un membre de la rédaction, parfois davantage.

    Comme XXI est une revue neuve, sa rédaction est jeune. Saison après saison, nous voyons leur plume s’affiner, leur curiosité s’aiguiser, leurs doutes grandir. Leurs personnalités colorent peu à peu ces pages, qui bientôt deviendront d’abord les leurs. Dans quelques années, nous pourrons glisser que nous avons connu Mathilde Boussion, Marion Quillard, Léna Mauger, Mathieu Palain ou Victoria Scoffier à leurs débuts. Et un murmure d’étonnement accueillera notre sourire.

    Une rédaction est comme la quille d’un bateau : invisible à fleur d’eau et pourtant indispensable. Oui, un trésor.

     

    Laurent Beccaria et Patrick de Saint-Exupéry

    http://www.revue21.fr

     

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