| Myanmar - un pays constitué de plusieurs pays |
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| Mardi, 11 Novembre 2008 00:00 |
I - Paysage géographique du bassin de l'Irrawaddy :
Avec ses 676 000 km² environ, la Birmanie est le plus étendu des 5 pays de l'Asie du Sud-Est continentale, y occupant plus du 1/3 des terres. L'Union of Myanmar, ainsi que l'a rebatisée la junte le 18 juin 1989, s'étire sur quelques 1 800 km, des sommets pré-himalayens au nord, jusqu'au plaines côtières de la mer d'Andaman au sud. Les dernières estimations de sa population (2006) avancent le chiffre de 55 390 habitants avec une densité d'environ 75 hab./km². Carte - Relief du bassin de l'Irrawady
Carte - Densité de population du bassin de l'Irrawady
Sensiblement inférieure à la densité moyenne régionale (plus de 120), la birmanie est souvent considérée, en comparaison avec son voisin le Bangladesh (1 045 hab./km²), comme étant un "creux démographique". En fait, cette faiblesse relative de la densité est essentiellement celle des régions périphériques, c'est-à-dire les 7 Etats dont la population est en majeure partie composée de représentants des minorités ethniques. Dans les provinces ou divisions birmanes du centre du pays, ainsi que dans le pays môn, la densité est nettement plus élevée. Aussi, comme c'est le cas en Thaïlande et au Cambodge, la majeure partie des effectifs de population est rassemblée dans la partie inférieure du couloir fluvial central.
Carte - Division administrative du Myanmar Ce fleuve centrale est bien sûr l'Irrawaddy :
Avec ses affluents, dont la très imposante rivière Chindwin, le grand fleuve draine les 3/5èmes du territoire dont 100 000 km² de basses terres, autrement dit l'essentiel de celles dont dispose le pays. Dans la région, seul le Mékong est plus impérial, en particulier à l'endroit des territoires du Cambodge et du Laos. Comme lui, l'Irrawaddy connaît des variations de débit considérables, les principales crues de son delta survenant vers la fin de l'été alors qu'il transporte une lourde charge de limons que la pluies de mousson et ses affluents sont allés arracher aux hauteurs environnantes.
Cartes - Vue en 3D du bassin et du delta de l'Irrawaddy
![]() Source de l'image satellite : ESA
Son bassin occupe en réalité un immense fossé d'effondrement, soumis à de fréquents tremblements de terre et traversé par des structures plissées orientées nord-sud. Celles-ci donnent naissance à des massifs longilignes de moyenne altitude, tels le Pegu Yoma (moins de 1 000 m). Ainsi alternent, dans le bassin même, des ensembles de collines et les terrasses alluvionnaires à la fois formées et alimentées en eaux par le réseau du grand fleuve.
Photo - Vue du fleuve Irrawaddy
![]() Photo - Vue du fleuve Chindwin
![]() Les rivières qui lui donnent naissance, les Me Hka et Mal Hka, prennent leurs sources dans les hautes montagne du nord-est, dans le cas de la première au pied même du mont Hkakabo Razi, le sommet de l'Asie du Sud-est (5 881 m), situé à la frontière de la Chine et de l'Inde. Avant d'attaindre son embouchure, après quelques 2 200 km de parcours, l'Irrawaddy aura drainé trois grandes régions :
Photo - Rangoon, Shwedagon Paya
![]() Au total, l'Irrawaddy et ses ramifications, tout particulièrement la rivière Chindwin, représentent encore aujourd'hui les artères essentielles non seulement de l'agriculture mais aussi des communications et des échanges commerciaux internes du pays. D'ailleurs, pendant le période coloniale, par l'expression "the road to Mandalay", les Britanniques désignaient en réalité l'Irrawaddy.
II - La question ethniqueL’État birman englobe un grand nombre d’ethnies : les Birmans (75 %), les Shans (11 %), les Arakans (6 %), les Karens (5 %), les Môns (3 %), les Kachins (2,5 %), les Chins, les Karennis (Kayahs), les Lahus, les Rohingyas, les Gurkhas, les Palaungs, les Méos (Hmongs), les Nagas, les Akhas, les Lisaws, les Kadus, les Was, les Mokens (ou Mawkens), etc.Carte - Les principaux groupes ethnolinguistiques
![]() Le pays compte aussi 150 000 Chinois et 800 000 Indiens. Trois de ces ethnies font souvent parler d'elles en se revoltant regulièrement contre l’ethnie majoritaire birmane : les Karens, les Kachins et les Shans. De plus, les Was vivant sur la frontière avec la Chine sont périodiquement en insurrection.
Les Birmans, groupe ethnique le plus important de la population, parlent le birman. Son alphabet repose sur le sanskrit et le pali, les deux langues sacrées du bouddhisme. Tandis que les minorités du pays, qui représentent environ 23 % de la population totale et occupent les 2/3 du territoire, parlent une centaine de langues : le shan (11 %), l’arakan (6 %), le karen (5 %), le môn (3 %), le kachin (2,5 %), le chin, le karenni, le lahu, le rohingya, etc. La plupart de ces langues sont d’origine sino-tibétaine, mais certaines d’entre elles, comme le môn, appartiennent à la famille austro-asiatique. En plus du birman, l'anglais, le chinois et le thaï sont très utilisés dans ce pays en tant que langues véhiculaires.
III - Le cyclone Nargis - mai 2008Le cyclone Nargis s'est formé le 27 avril 2008 au centre du golfe du Bengale et a frappé le côte sud-ouest de la Birmanie le 2 mai vers 12 TU.Image - Le cyclone Nargis, le 1er mai 2008
![]() Avec des vents oscillant entre 200 et 250 km/h, une onde de tempête de plus de trois mètres et des pluie diluviennes, il a généré des dégats très importants dans la région du golfe de Martaban. Nargis est passé à proximité de la capitale Rangoon avec des vents soufflant toujours à 130 km/h, avant de perdre de son souffle dans les montagnes à la frontière du pays et de la Thaïlande, tôt le 3 mai.
Sur ces deux image satellites, on mesure parfaitement l'ampleur de la catastrophe. Le 15 avril, qui correspond à la première image, les limites des rivières et des étendues d'eau douce sont très bien définies par rapport aux zones agricoles et de végétation. Le fleuve Irrawaddy est net et bien délimité également. Chaque bras du delta est visible et facilement identifiable.
Image - Le delta vu par le stallite Terra de la Nasa avant le passge du cyclone le 15 avril 2008
![]() Les inondations peuvent être difficile à voir sur des images satellites “normales”, particulièrement lorsque l’eau est boueuse. Deux autres images MODIS, prises par le satellite Terra de la Nasa utilisent une combinaison en visible et en infra-rouge léger afin de faire ressortir les parties inondées. L’eau apparaît en bleu ou presque noire, la végétation est vert vif, la terre nue est brun ocre rougeet les nuages sont blancs ou bleu clair.
Image - Le delta vu par le stallite Terra de la Nasa après le passge du cyclone le 5 mai 2008
![]() Le cyclone serait responsable de la mort d'environ 22 000 personnes.
IV - Cartographie birmane Carte - Myanmar par les birmans
![]()
Sources :
- Wikipédia : Myanmar. - Earth Observatory, Nasa : Naturel hazards.
A Lire :
- La vallée des rubis de Joseph Kessel aux Editions Folio poche
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Cartographe - géomaticien
indépendant et ancien officier
géographe du Ministère de
la Défense, actuellement réserviste
au 1er RPIMa à Bayonne...