| Inde - Nocturne Indien d'Antonio Tabucchi |
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| Dimanche, 07 Février 2010 16:43 | ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
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Un livre : Nocturne Indien Un auteur : Antonio Tabucchi (Notturno indiano, Sellerio, 1984)
Ce billet, un peu différent des autres, provient d'un constat assez triste : on ne trouve quasiment jamais de carte dans les récits de voyages et d'aventures. C'est comme si les notions de géographie dont parle le texte passaient après le texte lui-même. Pourtant c'est si plaisant de se promener sur une carte tout en accompagnant les propos de l'auteur.
L'auteur, c'est ici Antonio Tabucchi, grand écrivain italien et fervent admirateur de F. Pessoa, dont on ressent la présence dans plusieurs de ses romans (à lire également "Requiem"), son livre : Nocturne Indien.
Rossignol, personnage central de ce roman, voyage dans le sud de l'Inde à la recherche d'un ancien ami disparu. Or ce voyage se transfomera vite en une quête de soi, une quête de son "Âtman", de son âme. Ce périple, cette insomnie, portera le personnage dans plusieurs lieux du sud de l'Inde.
Cinq états seront traversés, avec cinq langues officielles différentes, autant dire cinq univers à part :
Carte - Nocturne Indien, quête philosophique d'un réveur en Inde
Ce livre est une succession de tableaux. Dans chaque tableau, on retrouve notre héros en compagnie d'une nouvelle rencontre à la fois insolite et mystérieuse. Prostituée, intellectuel, prophète jaïn, médecin, toute une galerie de portraits d'un pays envoutant s'offre au lecteur. Les coïncidences sont si étranges que l’on en vient à douter de leur caractère fortuit.
Image satellite - Nocturne Indien, Bombay, là où tout commence
Pascale Arguedas, critique littéraire, résume parfaitement les impréssions du livre : "La trame de l’histoire importe peu, seul compte le voyage du narrateur, voyage intérieur et physique, d’hôtel borgne en hôtel de luxe, à la recherche d’un fantôme. Derrière les mots, le lecteur devine la philosophie de tout un peuple, une culture riche et ancestrale. Le style de Tabucchi joue également la carte de l’étrangeté, laissant hors du cadre tous les éléments de compréhension. L’ensemble donne une impression agréable de dérive métaphysique. Un livre beaucoup plus profond qu’il n’y paraît. La fin intrigante voire absurde, conclut avec pertinence cette quête identitaire au pays de la spiritualité. L’auteur semble murmurer que c'est dans l'errance que l'on découvre son propre mystère. Ses romans offrent plusieurs lectures possibles. À chacun son interprétation."
Ce livre se vit et se respire intensément, les épices ne sont jamais très loin. Ces quelques cartes permettront ainsi aux futurs lecteurs de se repérer dans le labyrinthe indien laissé par Antonio Tabucchi.
Un film, très réussi, d'Alain Corneau, a également été adapté du roman avec JH Anglade dans le rôle titre. Enfin, pour les amateurs de musique classique, rappelons la puissance évoquatrice du quintette de Schubert en Do majeur D 956, qui épouse magnifiquement les images et l'atmosphère baroque du film.
Musique : Schubert - D 956, op 163, String Quintet in C Major
Sources :
Wikipédia : Le découpage administratif de l'Inde Calou, l'ivre de lecture de P. Arguedas
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Cartographe - géomaticien
indépendant et ancien officier
géographe du Ministère de
la Défense, actuellement réserviste
au 1er RPIMa à Bayonne...