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anicolas

 

Alexandre Nicolas :

Cartographe - géomaticien,

ancien officier géographe

du Ministère de la Défense.

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AUTEUR

Paysages de neige et de glace, exposition de gravures des années 1830-1860. Organisée et commentée par Olivier Joseph.

Cette exposition a eu lieu durant 3 mois dans la Chapelle des Pénitents de Vallouise dans les Hautes-Alpes (05) au printemps 2015.

Affiche de l'xposition - Vallouise

 

Dans la première moitié du XIXe siècle, des artistes français et anglais dirigent leurs pas vers le Briançonnais et la Vallouise. Ils en dessinent les vallées, les villages et les sommets. Puis ils mettent au net leurs esquisses et les publient sous forme de gravures, dans des livres destinés aux premier touristes.

Moins d'une centaines de gravures représentant le nord des Hautes-Alpes et l'Ubaye sont connues. Parmi elles, quelques-unes, rares, montrent des paysages de neige et de glace. Ce sont celles que vous allez découvrir à travers ce billet et que l'on peut admirer en grande taille dans cette exposition.

Carte des lieux représentés dans les gravures

Carte des lieux représentés dans les gravures

 

Victor Cassien (1808-1893)
Gravure : le Village de Livet (Romanche-Isère)
Album du Dauphiné, Grenoble, 1835-1839

Victor Cassien - Village de Livet

 Dans les années 1830, Victor Cassien et Alexandre Debelle dirigent leurs pas sur les chemins et les routes de l’ancienne province du Dauphiné. Artistes grenoblois, ils visitent les villes et les villages à la recherche des monuments, souvent en ruines, de l’ancienne province du Dauphiné.

De leurs pérégrinations artistiques, ils rapportent des centaines d’esquisses qui, une fois lithographiées, sont réunies en un livre composé de quatre forts volumes et intitulé : Album du Dauphiné ou Recueil de dessins représentant les sites les plus pittoresques, les villes, bourgs et principaux villages; les églises, chateaux et ruines les plus remarquables du Dauphiné, avec les portraits des personnages les plus illustres de cette ancienne province ; ouvrage accompagné d'un texte historique et descriptif.

Cassien et Debelle participent du grand mouvement des « itinéraires pittoresques » qui voient des historiens, des romanciers – Victor Hugo et Prosper Mérimée… – et des artistes représenter les ruines de l’ancienne France, héritées du mouvement destructeur de la Révolution, mais aussi, et peut êtresurtout, de la Restauration qui cherche la nouveauté et ne s’encombre guère de l’ancien. Ces représentations de l’ancienne France ont comme ambition d’en préserver la mémoire et de les sauvegarder.
Dans l’Oisans et le Briançonnais, les ruines sont peu nombreuses. Ce sont surtout des villes et des villages qui sont représentés, des paysages aussi. Dans la vallée de la Romanche, les hautes falaises, les cascades puissantes, les gorges sombres impressionnent les artistes. Plus haut, au-delà de Bourg d’Oisans, ce sont les travaux de la nouvelle route du Lautaret qui retiennent leur attention.
Cette vue du village de Livet est la seule montrant l’hiver et la neige dans la Romanche. Elle laisse aussi découvrir un paysan et ses vaches, ainsi qu’un marcheur transi de froid.
Au coeur de cette nature qui impressionne, la présence humaine est permanente : les ruines de l’ancienne France sont aussi des paysages humains.

 

 Victor Cassien (1808-1893)
 Gravure : Château Queyras
Album du Dauphiné, Grenoble, 1835-1839

Victor Cassien - Château Queyras

Posé sur piton rocheux dominant le Guil et verrouillant la combe du Queyras, véritable ni d’aigle, le château impose sa silhouette aux voyageurs. C’est un des monuments les plus représentés dans les gravures des Alpes du Sud du XIXe siècle. Mais celle de Victor Cassien est la seule à le montrer sous un manteau neigeux.
Hérité de la politique médiévale des Dauphins de mise en défense des hautes vallées, Château Queyras a traversé les siècles, et affronté bien des périples guerriers sans sourciller. Lors de l’invasion du duc de Savoie et de ses alliés, en août 1692, la petite garnison française a tenu tête victorieusement à plusieurs milliers d’hommes des régiments protestants venus se venger de la Révocation de l’Édit de Nantes par Louis XIV. Quelques semaines plus tard, à l’automne 1692, Vauban et ses ingénieurs imaginèrent et mirent en oeuvre des travaux qui donnèrent à la petite forteresse son allure définitive.

En cet hiver de la décennie 1830, Victor Cassien fait vivre le paysage en installant deux soldats, ou deux douaniers au pied du fort. La scène est dans l’air du temps : depuis le Traité d’Utrecht organisant, en 1713, la cession des vallées briançonnaises d’outremont à la Savoie, et le rattachement de l’Ubaye à la France, la militarisation des vallées et des crêtes alpines est une réalité qui va en augmentant. Pour les rois de France, comme pour les ducs de Savoie, puis les rois de Piémont-Sardaigne, il s’agit d’interrompre un mouvement commercial important qui, depuis des siècles, irrigue les deux états, et fait prospérer les vallées alpines, dont celles du briançonnais et du Queyras.
Dans la scène dessinée par Victor Cassien, il manque pourtant un acteur majeur de cette confrontation militaire et commerciale entre France et Piémont : le contrebandier queyrassin. Peut être se cache-t-il quelque part dans la gravure ?

 

Victor Cassien (1808-1893)
 Gravure : Village de Choranche (Vercors - Isère)
Album du Dauphiné, Grenoble, 1835-1839

Victor Cassien - Village de Choranche

Dans la plupart des gravures du Briançonnais et des Alpes du Sud figurent des personnages, seuls ou en groupes : bergers, paysans, muletiers, cavaliers, militaires… Ils présentent des attitudes stéréotypées : cela peut s’expliquer par le fait qu’ils ne figurent pas sur les esquisses des dessinateurs et qu’ils sont souvent rajoutés par le graveur, au dernier moment. Quant aux enfants, ils sont rarement représentés dans les gravures du XIXe siècle. Lorsqu’ils le sont, ils sont seuls, accompagnés d’un adulte qu’ils suivent, qu’ils regardent ou auquel ils obéissent.
Cette gravure de Victor Cassien est exceptionnelle : elle montre un groupe d’une vingtaine d’enfants glissant de bon coeur sur des luges fidèlement représentées. La multitude des détails – bonnets, casquettes… – et les attitudes variées et spontanées des enfants indiquent qu’une telle scène a été vécue par Victor Cassien.

Bien loin des discours du XIXe siècle qui enferment les montagnards et leurs enfants, six mois d’hiver durant, dans leurs étables, cette joyeuse sarabande d’enfants témoigne de leur familiarité avec la neige ; abondante en ce XIXe siècle, elle n’est pas un poids, ni un obstacle. Hier, comme aujourd’hui, les enfants des montagnes sortent pour s’amuser dès qu’il neige !

 

William Brockedon (1787-1854)
 Gravure : Le col du Stelvio (Italie)
Illustrations of the Passes of the Alps, Londres, 1828

William Brockedon - Le col du Stelvio

Entre 1824 et 1829, William Brockedon parcourt et traverse les Alpes à dix-huit reprises. Peintre talentueux, il est curieux de cet univers de vallées et de sommets. Mais avant toute chose, il est à la recherche de la route empruntée par l’armée d’Hannibal, et ses éléphants, pour aller combattre les légions romaines.

Cette quête sans fin, et sans solution, entraîne cependant Brockedon à la découverte des grands cols alpins. Dans le sillage des armées napoléoniennes, de nombreux cols d’altitude sont devenus des routes modernes dont l’audace des tracés, des galeries et des ponts jetés sur les abîmes impressionnent les voyageurs et leurs lecteurs.

Les historiens le savent : les cols n’ont jamais été des obstacles. Bien au contraire ! Depuis des temps immémoriaux, ils sont fréquentés en toute saison par des paysans, des militaires, des juristes, des percepteurs d’impôts, des clercs et des marchands. Au début du XIXe siècle, l’ampleur des guerres et l’accélération des échanges entraînent la modernisation des grand cols : Simplon, Mont-Cenis, Mont-Genèvre, Lautaret

La gravure du col du Stelvio (2758 m) montre des rambardes de bois installées afin de garantir la sécurité des voyageurs. Mais elle montre surtout que la neige ne saurait arrêter longtemps les passages et les échanges. D’ailleurs, dans les gazettes de Lyon, de Turin, de Milan ou de Genève, les nouvelles des chutes de neige, de la fermeture et de la réouverture des cols alpins sont rapidement imprimées : elles sont nécessaires à la bonne marche du commerce.
Dans cette gravure, le personnage contemplant le paysage, avec un chien à ses côtés, n’est autre que Brockedon. Il prend un malin plaisir à se glisser dans nombre de ses gravures, marchant, chevauchant, contemplant ou dessinant les paysages grandioses qu’il arpente et qu’il admire.

 

William Bartlett (1809-1854)
 Gravure : tourmente au col La Croix (Queyras)
Les vallées vaudoises pittoresques, Londres & Paris, 1838

William Bartlett - tourmente au col La Croix

William Bartlett représente ici une scène historique se déroulant en 1815. Après la défaite de Waterloo et l’abdication de Napoléon 1er, trois cent soldats blessés de la Grande Armée, soignés dans le Val Pellice par le Vaudois, furent obligés de regagner Briançon à travers le col La Croix et le Queyras. Portés sur des civières par les montagnards piémontais, soutenus pour les plus vaillants, ils furent pris dans une tourmente hivernale, et passèrent le col avec grande difficulté.
Dramatisé pour les besoins de la gravure et du récit, cette scène n’est pourtant pas éloignée de la réalité. À côté des cols principaux, des dizaines de cols secondaires permettent, depuis des temps immémoriaux de franchir les crêtes alpines. Dans le Queyras, les communautés payaient des familles, parfois sur plusieurs générations, afin d’entretenir les cols La Croix et Agnel, et d’en permettre le passage en toute saison. On damait la neige, on posait des croix et des repères, on construisit même un refuge. Et, surtout, on allait relever les morts : bien souvent c’était des voyageurs venus des pays de plaines, sans connaissance du milieu hostile de la montagne hivernale.
La chronique de cette volonté des hommes de garder ouverts les cols, nous est parvenue sous la forme de carnets, vieux de plusieurs siècles, conservant la mémoire de ces faits et gestes : les Transitons. Mais revenons un dernier moment vers cette scène dramatique. La précision du travail du graveur se découvre dans la présence de personnages franchissant le col : ils ne mesurent guère plus d’un millimètres sur l’original. Et pourtant, en quelques traits habiles sur la surface de cuivre, l’artiste a su donner vie à ces voyageurs anonymes pour qui les Alpes étaient un lieu de passage et non une impasse.

 

Léon Sabatier (...-1887)
 Gravure : le lac de l’Eychauda (Hautes-Alpes)
Voyages pittoresques et romantiques dans l’ancienne France, Le Dauphiné Paris, 1853

Léon Sabatier - le lac de l’Eychauda

Dans le volume Dauphiné des Voyages pittoresques et romantiques publiés par Isidore Taylor et Charles Nodier entre 1820 et 1878, Léon Sabatier offre à ses lecteurs une véritable excursion en Vallouise, au détour des années 1850.
Depuis le village de la Bessée jusqu’au Pré de Madame Carle, puis au lac et au col de l’Eychauda, il est le premier à montrer les paysages naturels de la vallée à travers 11 gravures. Sabatier n’est cependant pas le premier à parcourir la Vallouise avec les yeux d’un touriste : les premiers guides du début du XIXe siècle, notamment les guides anglais Baedecker et Murray, proposent des itinéraires conseillant le détour le long de la Gyronde et jusqu’au pied des glaciers Noir et Blanc, puis le passage par le col de l’Eychauda pour gagner le Monêtier.
Les gravures de Sabatier sont imprimées dans un format plus grand que la plupart de celles existantes alors : environ 30 x 45 cm au lieu de 15 x 20 cm.

 La qualité du trait, des détails et des textures ne doit cependant pas égarer : comme souvent, les paysages sont reconstruits par l’artiste. Les proportions sont exagérées, les hauteurs étirées, les largeurs comprimées. Mais qu’importe, le paysage s’impose par sa présence. Et il est reconnaissable.
Cette gravure du lac de l’Eychauda est la plus ancienne connue. Des peintures en couleurs seront produites plus tard, dans les années 1880-1890. Toutes offrent un point de vue dirigé vers la vallée. Seul Léon Sabatier dirige le regard vers le glacier de Séguret Foran dont la langue descend alors jusqu’au niveau des eaux.

 

Léon Sabatier (...-1887)
 Gravure : le Pré de Madame Carle et les glaciers Noir et Blanc (Hautes-Alpes)
Voyages pittoresques et romantiques dans l’ancienne France, Le Dauphiné Paris, 1853

Sabatier - Le Pré de Madame Carle et les glaciers Noir et Blanc

Exagérément étirée en hauteur, voici la plus ancienne représentation artistique connue du Pré de Madame Carle et des glaciers Noir et Blanc. La confluence des glaciers n’existe plus depuis les années 1870 ; elle se poursuit au gré des modifications des régimes de précipitations et du réchauffement climatique. Malgré tout, le paysage est aisément reconnaissable.
La jonction des deux glaciers est confirmée par un document scientifique dressé dans les mêmes années : le dessin-minute de la carte de l’État-Major. Durant l’été 1853, avec pour seuls compagnons un guide et un muletier de la Vallouise, le lieutenant Émile Meunier a passé 54 jours à arpenter les vallées, les glaciers et les sommets afin de mesurer et de dessiner ce qui était alors un paysage connu et parcouru par les vallouisiens depuis des siècles ; mesuré et décrit au milieu du XVIIIe siècle par les cartographes militaires ; mais dont les hautes montagnes échappaient encore au regard précis des géomètres de l’État-Major. Cette histoire, méconnue, reste à écrire.

 

Léon Sabatier (...-1887)
 Gravure : le glacier de la Grave (Hautes-Alpes)
Voyages pittoresques et romantiques dans l’ancienne France, Le Dauphiné Paris, 1853

Sabatier - le glacier de la Grave

Cette vue d’un glacier au-dessus de la Grave – qui pourrait être celui du Tabuchet, avec vue sur le Bec de l’Homme – est exceptionnelle : à une époque où personne ne parle d’alpinisme dans le massif des Écrins, elle montre deux personnages à la surface du glacier. L’un est courbés de fatigue, l’autre admire les séracs. Alpinistes anonymes dont l’Histoire n’a pas retenu les noms, peut être sont-ils en route vers les sommets environnants…
La précision de la gravure atteste de la présence de Léon Sabatier sur le glacier, dans les années 1850. Elle dévoile la fascination qu’exercent alors les glaciers : fascination esthétique, mais aussi intérêt scientifique. En effet, depuis la fin du XVIIIe siècle, les glaciers sont au coeur de nombreuses questions dans le domaine naissant de la géologie scientifique : les blocs erratiques
découverts loin des glaciers actuels, en Suisse, en France, en Allemagne et jusqu’en Russie intriguent. Et la présence de moraines glaciaires dans les hautes terres et sur les côtes écossaises surprennent.
Plusieurs hypothèses prennent corps. Parmi elles-ci, l’idée que les montagnes aient pu être plus élevées et les glaciers bien plus étendus est sérieusement étudiée. En 1837, le géologue suisse, Louis Agassiz propose une théorie audacieuse : il fut un temps où la Terre était bien plus froide et partiellement englacée. Cependant, cette hypothèse contredit les lois de la thermodynamique : les corps évoluent toujours spontanément d’un état chaud vers un état plus froid. Comment, dans ces conditions, la Terre aurait-elle pu se réchauffer après ces périodes de glaciations ?
Ces énigmes expliquent le déplacement dans les Alpes des savants anglais étudiant les glaciers et les glaciations : Forbes, Tyndall… Il faudra attendre que la physique des glaciers, ainsi que celle des lentes variations de l’orbite de la Terre autour du Soleil, soient mieux connus pour que l’énigme des grandes glaciations soit enfin démontrée et admise.
Dans les années 1850, les glaciers ne sont pas un univers inconnu et terrifiant : ils intriguent et passionnent, avant même le développement de l’alpinisme sportif.

 

Edward Whymper (1840-1911)
 Gravure : le pasteur Félix Neff prêchant dans la vallée de Freissinières (Hautes-Alpes)
Swiss Pictures Drawn with Pen and Pencil, Londres , 1866

 Whymper - le pasteur Félix Neff prêchant dans la vallée de Freissinières

Edward Whymper est connu dans le massif des Écrins et particulièrement en Vallouise, pour ses exploits d’alpiniste : il a découvert la haute montagne en escaladant le Pelvoux (1861), puis en atteignant la Barre des Écrins (1864). Il s’illustre encore, en 1865, en étant le premier au sommet de l’Aiguille Verte ainsi qu’au Cervin. Il réalise la première ascension du Chimborazo, dans les Andes, en 1880.
Mais Whymper est, avant tout, un dessinateur et un graveur sur bois réputé. Ses gravures de montagne et d’escalade illustrent son livre paru en 1871 : Escalades dans les Alpes. D’autres gravures, nombreuses et méconnues comme celle-ci, accompagnent notamment des ouvrages sur les Alpes Suisses.
Pour quelle raison Whymper représente-t-il Félix Neff (1798-1829), pasteur genevois installé dans le Triève, puis dans la vallée de Freissinières et dans le Queyras, entre 1821 et 1827 ?
Comme de nombreux anglais visitant les Alpes au début du XIXe siècle, Whymper est membre d’une église non-conformiste dissidente de l’Anglicanisme : il est baptiste.
Socialement bloqués par le fait qu’ils ne sont pas anglicans, ces représentants des classes moyennes éduquées viennent chercher dans l’exploration géographique, dans la mission vangélique ou dans l’exploit sportif, un reconnaissance à laquelle ils aspirent.

Entre la Suisse, berceau de la Réforme, les vallées Vaudoises situées en Italie derrière les col du Briançonnais, et la présence protestante dans le Queyras et à Freissinières, les lieux de mémoire du protestantisme ne manquent pas.
Cette profusion de gravures anglaises représentant les Alpes du Sud, celles de Brockedon, Bartlett, Monson ou Whymper, est avant tout le témoignage de l’attachement et des liens vivants entre les minorités protestantes anglaises et leurs frères des Alpes du Sud.

 

William Bartlett (1809-1854)
 Gravure : la cascade de Dormillouse (Hautes-Alpes - Freissinières)
Les vallées vaudoises pittoresques, Londres & Paris, 1838

William Bartlett - la cascade de Dormillouse (Freissinières)

William Bartlett est friand de paysages nocturnes éclairés par la Lune. C’est ainsi qu’il dessine la cascade de Dormillouse, mais aussi le lac et le village de la Roche-de-Rame. Les formes noires et lugubres des montagnes contrastent avec le blanc des crêtes baignées de lumière. Malgré la nuit, le mouvement du «peuple des images » ne saurait cesser : voyageur accompagné d’un chien, paysanne guidant une mule et son chargement… les gravures sont vivantes.
Comme ses compatriotes, Brockedon, Monson ou Whymper, Bartlett parcourt les Alpes les yeux grand ouverts, à la recherche des paysages grandioses qu’il présente aux lecteurs anglais. Et comme eux, c’est la présence passée et actuelle des Réformés qui guide ses pas. Dans les Alpes du Sud, ce sont les Vaudois piémontais et leur église qui a traversé les siècles malgré les persécutions, et leurs frères médiévaux de la Vallouise et de Freissinères qui font l’objet de toute son attention.
Ces gravures offrent un regard multiple sur les montagnes du Briançonnais : l’Histoire des Hommes, leurs traces architecturales – fortifications, routes et cols, villages, ponts et tunnels… –, le témoignage religieux et la grandeur des paysages y sont intimement entremêlés.

La présence obsédante des torrents et des cascades a souvent été comprise comme un thème structurant de l’esthétique romantique. Peut être a-t-on oublié d’y voir aussi la représentation d’un savoir géologique en cours d’élaboration : celui de l’histoire naturelle des montagnes, des glaciers et de la Terre qu’élaborent Lyell, Darwin, Forbes, Agassiz, Beaumont
Cette vue de la cascade de Dormillouse n’est pas un paysage de neige, ni de glace. Elle a été dessinée lors d’un voyage estival de William Bartlett. Elle est une invitation à poursuivre la découverte de ces gravures du Briançonnais, du Queyras, de la Vallouise et de Freissinères, à diriger nos regards vers ces paysages anciens, à nous rendre responsables de ce qu’ils deviendront.

 

Texte d'Olivier Joseph - 2015

A lire : Altas des montagnes. Espaces habité, monde imaginés, Xavier Bernier et Christophe Gauchon, cartographie et infographies d'Alexandre Nicolas aux Éditions Autrement (2013)

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Derniers Ouvrages

  • 24 July, 2017
    Le Queyras en carte

    Le Queyras en carte

    Le Parc Naturel Régional du Queyras et la communauté de communes du Guillestrois et du Queyras (département des Hautes-Alpes) nous ont contacté afin de réaliser une carte à vocation multiple (brochures touristiques, communication, utilisation interne). La carte se devait donc d'être à la fois complète en terme d'information géographique et esthétique afin d'être publiée. Elle fut réalisée et livrée sous illustrator et afin de pouvoir choisir les informations à la carte. Un estompage en transparence permet également d'apprecier le relief. Pour les amateurs de randonnées voici le site internet du Parc du Queyras : www.pnr-queyras.fr/

    Carte du Queyras (complète)
    Carte du Queyras
    Carte du Queyras (fond vierge)
    Carte du Queyras
    Carte du Queyras (extrait)
    Carte du Queyras
    Carte du Queyras (extrait)
    Carte du Queyras
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  • 25 April, 2017
    Plans de ville

    Plans de ville

    Offices de tourisme, sociétés de consulting, sociétés immobilières, maisons d'édition, vous êtes nombreux à me solliciter afin de concevoir des plans de villes. Voici donc quelques exemples de plans réalisés récemment. Un plan réussi étant un délicat mélange entre la qualité des données géographiques et l'esthétique.

    Avignon (plan de ville réalisé pour une maison d'édition)
    Avignon (plan de ville réalisé pour une maison d'édition)

    Isle-Adam et Pantin (plans de ville réalisés pour la société Eiffage)
    Isle-Adam (plans de ville réalisés pour la société Eiffage)

    antin (plan de ville réalisé pour la société Eiffage)

    Bergerac (plan de ville réalisé pour une société de marketing/communication)
    Plan ville Bergerac site 0

    Bergerac (plan de ville réalisé pour une société de marketing - Balthazar Média)

    Plan ville Bergerac site 2
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  • 22 March, 2017
    XXI - 37

    XXI - 37

    Réalisation de la cartographie de ce nouveau numéro de XXI. L'information grand format. Quintin Leeds et Sara Deux à la Maquette ont encore fait des merveilles. Ce numéro est passionnant et le reportage sur Aloïs Bruner est exceptionnel.
    Couverture du n°37 (Hiver 2017) de la revue XXI
    Couverture du n°37 (Hiver 2017) de la revue XXI

    Note de l'éditeur concernant ce n° :
    Un scoop est comme un puzzle.
    Tout commence par une discussion à bâtons rompus, un jour d’octobre à Istanbul. Hedi Aouidj, un journaliste free-lance qui couvre le conflit syrien depuis plusieurs années, sursaute quand un « fixeur » (à la fois interprète et assistant) évoque une relation qui aurait bien connu un certain « Fischer », protégé par le régime de Damas. Fischer… Hedi connaît ce nom… C’est le pseudonyme d’Aloïs Brunner, l’un des nazis les plus recherchés depuis 1945. Le reporter remonte aussitôt le fil qui conduit en Jordanie. C’est la première pièce du puzzle : il faut un journaliste sur le terrain, cultivé et attentif.
    Hedi Aouidj a déjà publié dans XXI un reportage, « La Couveuse de Daech », sur un étudiant syrien qui avait partagé son cachot avec des éclopés de la vie, de pauvres types devenus par la suite des hommes forts de l’État islamique. Il appelle le rédacteur en chef de XXI. On est un mercredi : « Va en Jordanie ! » Le vendredi, Mathieu Palain, un membre de la rédaction de XXI, est mis au parfum. Le samedi, Hedi Aouidj arrive à Irbid, en Jordanie. C’est la deuxième pièce du puzzle : il faut une rédaction qui ait les moyens de financer « pour voir » un voyage qui peut faire « pschitt », un journal qui mobilise tout de suite ses forces.
    Pendant quinze jours, un duo se met en place. Hedi gagne la confiance de plusieurs sources, accumule les rendez-vous et les entretiens dans une petite pièce, à l’abri des oreilles indiscrètes, et retranscrit les témoignages. Par messagerie, il envoie chaque soir les scripts des entretiens. À Paris, Mathieu se gave de documentation, confesse le gendarme qui pendant douze ans a mené la traque, voit le juge d’instruction, sollicite Serge Klarsfeld qui ouvre ses archives. Et envoie des listes de questions, de détails à recouper ou à vérifier. C’est la troisième pièce du puzzle : il faut un travail minutieux pour renverser la méfiance, recouper tous les indices, traquer les récits trop parfaits, questionner les blancs. Le journalisme a besoin de temps et de ce carburant impalpable qu’on appelle l’envie.
    Tout se met en place. L’enquête est bouclée. À peine descendu de l’avion, Hedi Aouidj file à la rédaction de XXI pour dégager un plan avec Mathieu Palain. Quelques jours plus tard, une « V-1 » est mise en forme, un premier jet qui sera repris une dizaine de fois par les journalistes, la rédaction en chef, le secrétariat de rédaction et la direction artistique. C’est la quatrième pièce du puzzle : il faut une méthode et une exigence pour rendre intelligible, vivant et clair un immense jeu de pistes de soixante ans.
    Le texte passionne toute la rédaction. Une présentation particulière est décidée : la maquette est bouleversée. Un bandeau en couverture affiche l’histoire terrible d’un homme qui se vantait d’avoir tué « plus de vingt-cinq mille juifs français » et qui a mis son savoir-faire de nazi au service du clan Assad. Le tirage de XXI est augmenté. Pour éviter que l’information soit dénaturée, un embargo est imposé. C’est la cinquième pièce du puzzle. Il faut savoir rompre les habitudes pour s’adapter et accompagner les lecteurs.
    Ces cinq pièces de puzzle forment un tout. Le hasard et l’amitié y jouent un rôle important. Mais la méthode et la structure permettent de transformer une indiscrétion en information tangible et indiscutable. Pour cela, le journalisme a besoin d’un projet éditorial, de moyens humains et matériels, et de beaucoup de temps : deux mois de travail intensif.
    Cette liberté, c’est vous, lecteurs, qui nous la donnez, numéro après numéro depuis bientôt dix ans en achetant XXI. Vous êtes la dernière pièce du puzzle, celle qui permet tout.

    Laurent Beccaria

    http://www.revue21.fr Lire la suite ...
  • 2 January, 2017
    Atolls Pacifique

    Atolls Pacifique

    Les atolls du Pacifique face au changement climatique. Une comparaison Tuamotu-Kiribati de T. Bambridge et J.-P. Latouche cartographie d'Alexandre Nicolas aux Éditions Karthala.
    Les atolls du Pacifique face au changement climatique. Une comparaison Tuamotu-Kiribati
    Note de l'éditeur :
    Cet ouvrage pluridisciplinaire réunissant géographie, anthropologie, histoire et archéologie, est le premier à aborder d’une manière comparative l’avenir des atolls du Pacifique considéré du point de vue des sociétés qui y vivent et du ressenti de leurs habitants confrontés au changement climatique.
    Il présente les résultats d’enquêtes de terrain effectuées simultanément en 2015 dans l’archipel des Tuamotu en Polynésie française et dans celui des îles Gilbert en République de Kiribati. Des synthèses historiques sur les axes traditionnels de la résilience d’îles basses, très exposées aux risques cycloniques et aux submersions marines, complètent ces observations contemporaines pour souligner les dangers d’un développement économique oublieux de l’équilibre socio-environnemental et des effets potentiels du changement climatique.
    Ces analyses lancées à l’initiative de l’AFD (Agence française de développement) s’adressent autant à un public sensibilisé aux enjeux climatiques mondiaux qu’à des responsables et acteurs des politiques publiques. Au-delà des différences ponctuelles, elles témoignent du rejet d’ensemble des consignes internationales par des sociétés insulaires voulant demeurer libres de leur destin et s’appuyant sur l’expérience des savoirs traditionnels.
    Elles dégagent une orientation centrale pour le développement durable d’atolls situés en première ligne du risque climatique : éviter, dans un contexte de crise, que deux conceptions de la résilience, celle de la vision locale et celle des États, ne s’affrontent pour devenir antagonistes.

    Tamatoa Bambridge, directeur de recherches au CNRS, anthropologue au CRIOBE de Moorea, s’est spécialisé dans les questions foncières dans le monde polynésien.
    Jean-Paul Latouche, ethnographe au CNRS, a pu étudier pendant plusieurs années sur le terrain l’organisation socio-politique et l’histoire ancienne et contemporaine de Kiribati.

    Quelques cartes de l'ouvrage :
    Carte des Kiribati

    Carte des îles Tuamotu
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  • 1 January, 2017
    TimeBook 2017

    TimeBook 2017

    Time Book 2017 de Hélène de Virieu, Daniel Garcia, Matthieu Recarte, cartographie d'Alexandre Nicolas aux Éditions Les Arènes.Time Book 2017
    Note de l'éditeur :
    Le Time Book, c’est quoi ?
    250 dates à noter dans votre agenda pour 2017, les grands rendez-vous culturels, économiques, scientifiques, politiques.
    12 grands entretiens avec des penseurs, philosophes, géographes ou astrophysiciens… qui regardent l’avenir, voient clair et loin.
    Des centaines d’éclairages variés, des chiffres clés, des infographies pour comprendre le monde tel qu’il va.

    Un livre qui donne le goût de demain

    Une vraie mine d'or ce livre. La maquette et les infographies de Quintin Leeds sont superbes. On a envie de se plonger en 2017 avec une grosse envie d'apprendre et de partager. Société, géopoilitique, sciences et culture, cet objet non identifié est un bijou. - Le Cartographe


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  • 30 December, 2016
    XXI - N°36

    XXI - N°36

    Réalisation de la cartographie de ce nouveau numéro de XXI. L'information grand format. Avec toujours Quintin Leeds et Sara Deux à la Maquette !
    Couverture du n°36 (Automne 2016) de la revue XXI
    XXI 36

     
    Éditorial :
    Au début des années 1990, l’expression « spectacle vivant » s’est imposée pour qualifier le théâtre, les concerts, le cirque, l’opéra, la danse ou les spectacles de rue. Autant de formes d’art qui offrent des sensations distinctes de celles, tout aussi intenses et fortes, que l’on peut éprouver au cinéma, devant un écran ou en écoutant de la musique enregistrée.
    C’est en référence à cette distinction que nous avons intitulé Les Ateliers de Couthures le « Festival du journalisme vivant ». Il s’agissait de proposer une autre forme d’expression du journalisme et une autre relation entre les journalistes et le public. Pas d’écran ou de papier. Une restitution de choses vues par les témoins et les journalistes, de plain-pied, avec simplicité.
    Dans le Manifeste XXI, il y a deux ans, nous citions le philosophe japonais Uchida Tatsuru : « Ce dont les médias ont besoin actuellement, c’est de chair. Pour que les médias reviennent à la vie, ils n’ont pas d’autre choix que de redevenir des êtres vivants. » Nous avons pu éprouver le sens et la profondeur de son intuition pendant trois jours, au cœur de l’été, dans le petit village de Couthures, au bord de la Garonne.
    Ce que nous avons vécu ensemble, festivaliers et professionnels, lecteurs et journalistes, bénévoles et témoins, de tous âges et de tous horizons, c’est la force de la présence et la nécessité de l’échange. En chair et en os. L’harmonie qui se dégageait de ces trois jours, la lumière, l’intensité, le parfum de l’air, la beauté de l’éphémère… Tout paraissait simple, loin du lamento sur la crise des médias, la société crispée ou des théories fumeuses sur la mutation numérique.
    Un des participants, Abou Jaffar, a témoigné sur son blog : « J’ai vécu un rêve d’analyste, un moment rare de pure plénitude intellectuelle. Sans cesse sollicité, défié, stimulé, au contact permanent d’esprits passionnés, je sors de ce séjour presque comme on sort d’une expérience spirituelle. En quelques heures, au soleil, au cœur d’un village transformé en un “think tank” géant, j’ai plus réfléchi, appris et douté qu’en bien des mois […] Ce rassemblement d’intelligence collective m’a rassuré sur nous, notre résilience, notre capacité à chercher des réponses, même douloureuses, même imparfaites. La richesse des échanges de ces jours et de ces nuits m’a convaincu que, tous, nous n’écrivons pas pour vous mais grâce à vous. »
    Pourquoi les intervenants ont-ils été aussi attentifs et les festivaliers aussi talentueux ? Un observateur malicieux a évoqué deux références. D’abord les Rencontres du Contadour, organisées dans les années 1930 par Jean Giono, un lieu de rencontres rituelles dans un hameau de montagne, rassemblant des poètes, des écrivains, des philosophes et des lecteurs : écouter de la musique, partager ses lectures et se promener en refaisant le monde… Ensuite, L’An 01, une BD de Gébé parue dans la foulée de Mai 68 et enrichie pendant quatre ans par les propositions des lecteurs, puis adaptée en film par Jacques Doillon, dont le sous-titre était : « On arrête tout, on réfléchit et c’est pas triste. » La BD racontait l’utopie d’un monde où tout serait questionné et remis à zéro.
    Nous vivons des temps de métamorphose, où les structures horizontales et pyramidales implosent, tandis que les médias s’affolent, sans boussoles. Smith Henderson, un écrivain américain, témoignait de cette perte de sens dans Libération : « Il suffit qu’un pseudo-expert soulève une polémique sur les réseaux sociaux pour que les télévisions s’en emparent et viennent lui demander d’en parler lui-même dans les talk-shows du soir. L’absurdité initiale de la polémique n’a bien sûr aucune importance : “Les gens en parlent”, par conséquent le sujet mérite d’être débattu jusqu’à la lie. Les bonds d’audience enregistrés par ces émissions les rendent irrésistibles. » Il est temps de dire « stop » et de proposer autre chose.
    Le Festival international du journalisme vivant est une utopie incarnée. À nous et à vous de la faire vivre, croître et s’enrichir. Nous avons quelques idées. Mais nous avons aussi besoin des vôtres. Pour XXI, l’été 2016 marque un point de départ vers de nouvelles aventures, à imaginer ensemble.
    Laurent Beccaria et Patrick de Saint-Exupéry

    Site internet
    de la Revue XXI : http://www.revue21.fr/tous_les_numeros#n-36
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  • 19 November, 2016
    Allemand en France

    Allemand en France

    Comme un allemand en France ; Lettres inédites sous l'occupation 1940-1944 de Jeanne Guérout, Aurélie Luneau et Stefan Martens, cartographie d'Alexandre Nicolas aux Éditions L'Iconoclaste.


    Comme un allemand en France

    Note de l'éditeur :

    "Les Français ne bossent pas comme des imbéciles comme nous, ils prennent le temps pour tout et semblent, personnellement, plus heureux." Gottfried S. à sa femme, Lotte, 23 Mai 1941

    Ils sont 80 000 en 1941, près d’un million à la veille du débarquement en juin 1944. Issus de tous les milieux et de toutes les régions, certains quittent leur foyer pour la première fois. Cinq années durant, ces allemands qui occupent la France écrivent à leur familles, se confient à leurs journaux intimes, croquent leur quotidien dans des calepins, photographient les paysages.

    Avec le temps, leurs sentiments évoluent. Les lettres des premiers mois se veulent rassurantes, et même fanfaronnes ; peu à peu, le doute s’installe. Certains ont une foi absolue en Hitler. D’autres, tel le jeune soldat Heinrich Böll, futur prix Nobel de littérature dont les lettres sont traduites pour la première fois, sont gagnés par l’empathie et tissent des liens avec les Français.

    Il a fallu deux années de recherche en Allemagne pour trouver, sélectionner et rassembler ces écrits complètement inédits en France. Ils renouvellent de manière passionnante notre regard sur cette période. Entre les lignes se dessinent un nouveau visage de l’Occupant, plus complexe, plus subtil.

    Sous la plume des Allemands, une autre guerre nous est racontée.

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  • 27 June, 2016
    Les Amazoniens

    Les Amazoniens

    Les Amazoniens en sursis, de Nicolas Bourcier, cartographie d'Alexandre Nicolas aux Éditions Atelier Henry Dougier HD.
    Les Amazoniens en sursis
    Note de l'éditeur :
    L’Amazonie se meurt. On connaît l’antienne, mais elle prend une dimension dramatique depuis une quinzaine d’années. Déforestation, front agricole, garimpeiros, barrages, routes, trafics en tous genres, réforme du code forestier, modification des droits d’exploration minière… jamais les saignées n’ont été aussi profondes et menaçantes. Certains peuples indigènes résistent, d’autres dépérissent peu à peu ou se fondent dans une urbanisation effrénée et homogénéisante. Quant aux caboclos, ces métis à l’identité insaisissable et qui forment la plus grande communauté amazonienne, ils rappellent qu’ils ont, eux aussi, besoin de la nature pour survivre. Ce monde amazonien laisse entrevoir l’image inquiétante d’une grande plaie ouverte, comme un mal contagieux infectant lentement mais sûrement la planète tout entière. Une terre en proie à des bouleversements d’une ampleur inédite mais qui porte encore, et à chaque instant, l’humanité en apprentissage. Pour combien de temps ?

    Nicolas Bourcier, a été correspondant au Brésil du journal Le Monde, où il occupe désormais le desk Amérique du nord.

    Dans la même collection :

     Collection Lignes de vie d'un peuple

    La couverture est de la photographe et graphiste Céline Boyer (Série " Empreintes").

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  • 28 May, 2016
    XXI - N°34

    XXI - N°34

    Réalisation de la cartographie de ce nouveau numéro de XXI. L'information grand format. Avec toujours Quintin Leeds et Sara Deux à la Maquette !
    Couverture du n°34 (Printemps 2016) de la revue XXI
    Couverture du n°34 (Printemps 2016) de la revue XXI
    Éditorial :
    Pour la quatrième fois depuis la création de XXI, Emmanuel Carrère participe à un numéro, sans oublier d’ajouter son reportage sur La Vie de Julie pour le n° 1 de 6Mois.
    Ce compagnonnage est précieux. Pour des raisons sentimentales d’abord. Emmanuel est le premier auteur à qui nous ayons parlé de XXI, le premier à avoir dit « banco » sur un coin de table. Ainsi est né son reportage sur Le Dernier des possédés, à l’origine de son grand livre sur Édouard Limonov.
    Il est aussi celui qui a suspendu l’écriture d’un roman pour filer en Californie sur les pas d’une junkie inconnue et d’une photographe tout aussi anonyme, Darcy Padilla, juste après que nous lui avons montré sur un ordinateur un portfolio en vrac.
    Emmanuel Carrère a une vertu qui n’est pas si courante chez les écrivains qui pratiquent le journalisme : il énonce les choses sans emphase. Chez lui, la forme ultime est simple à force d’être juste. À une époque où les opinions volent bas, il pratique le journalisme en cherchant continuellement à corriger par l’expérience vécue ce qu’il pensait avant de partir, au lieu de plaquer sur le réel des idées préconçues. Il refuse de se servir d’un reportage pour expliquer au lecteur ce qu’il faut en dire.
    La langue est un outil à la disposition du journaliste qu’il utilise avec plus ou moins de bonheur, de talent ou de liberté. La rédaction de brèves, la rubrique des chiens écrasés, la chronique, l’éditorial, le reportage, l’entretien ou l’enquête… Il n’y a pas de hiérarchie, de castes ou de label qui vaille.
    Auteur de livres couronnés par les prix littéraires d’automne et acclamés par la critique, Carrère estime que « le journalisme fait partie de la littérature comme la tragédie, le sonnet, le roman, l’essai ». Carrère refuse de s’inscrire dans une école. Il n’aime pas les étiquettes qui tentent, de manière plus ou moins acrobatique, de faire du journalisme littéraire une aristocratie qui s’attaquerait à des sujets nobles, avec une technique romanesque et un parti pris subjectif à outrance, comme ce que l’on a appelé « nouveau journalisme » et « journalisme gonzo » dans les années 1970, « creative nonfiction » aujourd’hui.
    Il revendique au contraire la pédagogie comme une vertu littéraire. « Je crois être capable de m’intéresser à tout, de la confection d’un pot de yoghourt aux rouages des crédits à la consommation, en passant par les boîtes de nuit à Moscou dans la Russie postsoviétique. Je ne veux pas tabler sur la connaissance du lecteur. L’explication doit venir dans le texte très naturellement sans qu’on ait l’impression que je fais un cours. C’est très délicat à faire et j’aime le faire. »
    Les lecteurs de D’autres vies que la mienne se souviennent des pages sur le surendettement qui permettaient de comprendre le travail des juges Étienne Rigal et Juliette Devynck. Rendre clair et accessible un réel compliqué est une gageure plus ardue qu’avoir recours à des artifices de fiction.
    D’où vient son attrait pour le journalisme, au point d’avouer qu’il « ne sait plus écrire que ce qui s’est passé » ? La saveur que procure le sentiment d’être à sa place en racontant la vie des autres. « Il y a un mystère que la fiction ne pourra jamais livrer là où, dans ce qui est documentaire, persiste une forme d’opacité du réel […] Il y a quelque chose du journalisme qui me paraît être aussi un lieu de l’intégrité, où l’on a à répondre de ce que l’on dit. Avec le réel, on engage vraiment sa responsabilité. »
    Il y a bien sûr chez lui un côté « faraud », qui lui joue parfois des tours et dont il se moque. Mais Emmanuel Carrère s’interpose d’abord entre le lecteur et le réel pour ne pas outrepasser ses droits. Il se refuse à imaginer ce qu’il se passe dans la tête d’autrui. Ce qu’il ressent, en revanche, lui appartient. Après toutes ces années d’écriture et d’aventures littéraires, il sait où il est. Aussi nous aimons bien quand Emmanuel Carrère s’interpose dans les pages de XXI. Il y est chez lui, avec vous.
    Laurent Beccaria et Patrick de Saint-Exupéry

    Site internet
    de la Revue XXI : http://www.revue21.fr/tous_les_numeros#n-34
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  • 19 May, 2016
    Oser... et réussir

    Oser... et réussir

    Oser... et réussir, 75 aventures d’entrepreneurs dans l’Afrique de CFAO 1852-2016 de Raymond Lehideux-Vernimmen. Cartographie de Alexandre Nicolas aux Éditions l'Harmattan.
    Oser... et réussir de Raymond Lehideux-Vernimmen
    Note de l'éditeur :
    75 aventures authentiques.
    Tous les récits recueillis par Raymond Lehideux-Vernimmen sont authentiques. Ils émanent d’écrits inédits, rédigés par des entrepreneurs pour leur sphère privée : enfants, familles, amis…  Plusieurs de ces familles ont confié ces chroniques à l’auteur, à fin de publication. Les témoignages les plus contemporains sont le fruit d’interviews exclusives que Raymond Lehideux-Vernimmen a menées en France, en Europe et en Afrique, au cours des cinq dernières années. Ils couvrent le début du XXIe siècle et la dernière partie du XXe. Certains mettent en scène des personnalités notoires, d’autres d’illustres méconnus. Mais tous sont haletants, et complémentaires les uns des autres.    
    40 pays couverts  De l’Algérie à l’Afrique du Sud, du Sénégal aux îles de l’océan Indien, une quarantaine de pays et territoires forment le cadre de ces aventures d’entrepreneurs.  Le cœur du Continent n’est pas absent de cette épopée collective, loin s’en faut : le golfe de Guinée, le Gabon, le Congo, la RDC, la Centrafrique, le Sahel, les Grands lacs, l’Ouganda, le Kenya, le Malawi… participent pleinement à la mise en lumière de l’Afrique vivante, dans toute sa diversité.
    L’Histoire mise en perspective.
    La présentation des chroniques individuelles suit le cours de la « grande » Histoire. Mais de l’Histoire vue d’Afrique, vécue en Afrique par ses acteurs de terrain. Cette perspective inédite est totalement différente de celle que les écoles enseignent.
    Les bouleversements à portée planétaire (guerres mondiales, krachs boursiers, guerre froide…), et les renversements à portée locale (indépendances, dévaluations, coups d’Etat…) s’entrechoquent dans la vie quotidienne des entreprises qu’ils affectent. Raymond Lehideux-Vernimmen prend soin de situer ces événements, les uns par rapport aux autres, afin de bien faire comprendre les ressentis des entrepreneurstémoins.
    L’auteur met également en relief l’impact des innovations qui sont nées des grandes ruptures de l’Histoire : accélérations technologiques, raccourcissements des temps de transport, métamorphoses des télécommunications et mondialisation du commerce. Au sortir de chaque période de conflit, ces révolutions ont galvanisé la créativité des entrepreneurs et dopé le développement de l’Afrique.
    300 entreprises et 350 personnalités citées.
    De A, pour Aéromaritime ou Africa on Line, à Z, pour Zodiac, plus de 300 entreprises et organismes sont cités dans ce livre. Vous les retrouverez facilement grâce à un index alphabétique. De même, 350 personnalités africaines et internationales sont mises en lumière et répertoriées dans un second index.

    Présentation de l'auteur : Publicitaire et homme de média, passionné de l'Afrique, Raymond Lehideux-Vernimmen a partagé sa vie professionnelle entre la France, l'Europe et le continent noir, où il s'est expatrié à trois reprises.
    Pour le compte de grands groupes anglo-saxons, ses activités y ont couvert 31 pays. Il y a créé et dirigé plusieurs entreprises, avant de rejoindre CFAO - de 2002 à 2008 - afin d’y mettre en place sa Direction de la Communication. Il a formé de nombreux Africains à ses métiers, en tant qu’employeur, enseignant vacataire en grande école, conférencier, consultant et Conseiller du Commerce extérieur de la France.

    Oser... et réussir carte
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