Amerique

Auteur

anicolas

 

Alexandre Nicolas :

Cartographe - géomaticien,

ancien officier géographe

du Ministère de la Défense.

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AUTEUR

La population du Pérou :

En 2009, le Pérou comptait 29,1 millions d'habitants avec une densité de population de 22 habitants au km², l'un des pays les moins peuplés de l'Amérique. Cependant la répartition de la population est très irrégulière sur l'ensemble du territoire avec 75% de la population vivant en milieu urbain :
  • 50% des péruviens vivent dans la Sierra
  • 40% dans la plaine
  • 10% seulement vivent dans la forêt amazonienne
Le Pérou regroupe un ensemble de régions dont la population est répartie très inégalement. Cinq régions seulement sur vingt-quatre rassemblent en effet plus de la moitié de la population totale (52 %) : Lima, Piura, La Libertad, Cajamarca et Puno. Lima, avec 8,4 millions d’habitants, concentre à elle seule presque un tiers de la population du pays (30,8%). A l'autre extrême, une dizaine de régions représentent à peine plus de 10 % de la population totale du pays.

Carte - La densité de population au Pérou

Carte - La densité de population au Pérou

 

En 2007, les dix plus grandes villes du Pérou étaient :

  1. Lima (8 470 000)
  2. Arequipa (750 000)
  3. Trujillo (685 000)
  4. Chiclayo (524 442)
  5. Callao (480 000)
  6. Piura (425 000)
  7. Huancayo (380 000)
  8. Iquitos (371 000)
  9. Chimbote (350 000)
  10. Cuzco (330 000)

 

 

Carte : cartogramme - Répartition de la population du Pérou par département

 

Anamorphose - Répartition de la population du Pérou par département

 

 

 Données linguistiques du Pérou :

 

Le Pérou possède une bonne centaine de langues. Les indigènes, descendants des Incas, représentent environ 45 % de la population du Pérou ; ce sont essentiellement des Quechuas et des Aymaras. Près de 37 % des habitants sont issus d'un métissage entre Amérindiens et descendants d'Européens. Environ 15 % des Péruviens sont d'origine européenne (surtout espagnole). Les 3 % restants sont issus de l'immigration (Japonais, Chinois, Norvégiens, Chiliens, etc.).

 

 
Chez les peuples indigènes, il existe plus d'une soixantaine de communautés différentes réparties à travers les montagnes ainsi que dans les régions côtières et amazoniennes. Les plus grands groupes indigènes sont les peuples des montagnes, les Quechua (dans les Andes) et les Aymara (dans le Sud). La région amazonienne est le foyer de nombreux peuples et groupes ethnolinguistiques, qui sont largement dispersés géographiquement et dont les populations sont beaucoup moins importantes.
 

En ce qui a trait aux langues, quelque 76 % de la population parle l'espagnol comme langue maternelle. À l'exception de certaines langues immigrantes (japonais, portugais, norvégien, etc.), les autres langues sont d'origine amérindienne. Cependant, le nombre des langues indigènes péruviennes est impressionnant avec près d'une centaine, 72 ethnies et 14 familles linguistiques (quechua, aru, arahuaca, jíbaro, pano, tupi-guaraní, cahuapana, peba-yagua, huitoto, harakmbet, tacana, tucano, zaparo et un groupe sans classification linguistique).

 

Le quechua, avec ses nombreuses variantes, est parlé par 3,7 millions de personnes: c'est le groupe linguistique indigène le plus important. Le quechua ne constitue pas une communauté linguistique homogène, puisque cette langue est fragmentée en une vingtaine de variétés dialectales. Cette fragmentation rend plus difficile la promotion et la préservation de la culture indigène, et facilite plutôt son assimilation et son extinction.  Ensuite, c'est l’aymara (350 000 locuteurs, surtout dans les Andes) et ses variantes. Signalons qu'une soixantaine de langues sont parlées par un tout petit nombre de locuteurs, souvent par moins de 1000, parfois par moins de 100 ou de 20 individus. On peut malheureusement dire qu'un grand nombre des langues indigènes péruviennes est en voie d’extinction (à voir pour plus d'éléments l'atlas des langues en danger de l'UNESCO).

 

Carte - Niveau de vitalité des langues au Pérou

 

Carte - Niveau de vitalité des langues au Pérou

 

 

 

Sources :

 

Wikipedia : Le Pérou

Encarta : Le Pérou

 

www.le-cartographe.net

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comments
  • 3 September, 2013
    L'Amérique multilingue
    Dans plus d'un quart des 3 077 comtés des États-Unis, et dans au moins un foyer sur dix, on parle espagnol, allemand, français ou une langue amérindienne en tout cas, un autre idiome que l'anglais.

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Derniers Ouvrages

  • 10 July, 2021
    La Révolution 🇫🇷

    La Révolution 🇫🇷

    Réalisation de la cartographie de ce nouveau numéro de la documentation photographique : La Révolution française (CNRS Éditions)
    Sous la direction de Pierre Serna (Professeur d’histoire de la Révolution française et de l’Empire à l’Université de Paris 1 Panthéon-Sorbonne. Membre de l’Institut Universitaire de France et de l’Institut d’Histoire de la Révolution Française (IHRF), fondé par Jean Zay en 1937/IHMC (UMR 8066).

    Couverture de ce numéro (juin 2021)

    DocPhoto La Révolution française couverture
    Proposer une nouvelle lecture de la Révolution française implique un triple pari. D’abord imaginer une nouvelle temporalité, retracer les origines profondes de l’événement dans la période moderne et esquisser sa postérité sur la longue durée. Ensuite réévaluer sa spatialité : la Révolution s’insère dans un espace atlantique bouleversé depuis la guerre de Sept Ans. Enfin présenter la particularité de la Révolution de France, laboratoire à la mesure du pays le plus grand et le plus peuplé de l’Europe occidentale, également celui de la monarchie absolue la plus ancienne et qui possède un vaste empire colonial. C’est en construisant un parcours autour des concepts de politisation, mobilisation, participation et agentivité que ce dossier entend relever ce pari.

    Quelques cartes de l'ouvrage :

    Carte : Les insurrections dans les anciens Pays-Bas
    Carte : Les insurrections dans les anciens Pays-Bas
    Carte :
    Les colonies françaises dans l'archipel cara¨bes au XVIIIe siècle

    Carte : Les colonies françaises dans l'archipel cara¨bes au XVIIIe siècle

    Carte :
    La France, les républiques
    sœurs et l'Europe en 1798
    Carte : La France, les républiques sœurs et l'Europe en 1798
    Carte : Le réseau routier et les territoires de l'Empire français

    Carte : Le réseau routier et les territoires de l'Empire français

    Pour se procurer ce numéro, c'est ici : https://www.cnrseditions.fr/catalogue/histoire/la-revolution-francaise-2/

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  • 9 March, 2021
    Les transitions

    Les transitions

    Réalisation de la cartographie de ce nouveau numéro de la documentation photographique : Les Transitions (CNRS Éditions)
    Sous la direction de Stéphanie Beucher (Docteure en géographie, professeure de chaire supérieure en CPGE au lycée Montaigne (Bordeaux), membre de l’équipe de recherche Habiter (Université de Reims Champagne-Ardenne), membre de la chaire Paix économique, École de Management (Grenoble).

    Couverture de ce numéro (mars 2021)

    DocPhoto - Les Transitions
    Transition écologique, transition démographique, transition énergétique, transition politique, etc. : cette étude des « transitions » interroge le changement de nos attitudes face à l’économie, l’écologie, la maladie, nos modes de vie urbains ou non, sans oublier nos manières de consommer, d’aménager nos espaces de vie. Ces transitions renvoient à un ensemble de choix et de stratégies, subis ou choisis, qui engendrent autant de bifurcations vers des avenirs fort différents, selon les voies empruntées tant collectivement qu’individuellement.

    Quelques cartes de l'ouvrage :

    Carte : Risques et métropoles au Japon
    Carte : Risques et métropoles au Japon
    Carte :
    L'Amazonie entre développement et destruction

    Carte : L'Amazonie entre développement et destruction
    Carte :
    L'extraction du lithium et les grandes entreprises

    Carte : L'extraction du lithium et les grandes entreprises
    Carte : L'Arctique, une région aux enjeux entremêlés

    Carte : L'Arctique, une région aux enjeux entremêlés
    Carte : Enjeux géostratégiques sur l'espace indopacifique
    Carte : Enjeux géostratégiques sur l'espace indopacifique


    Pour se procurer ce numéro, c'est ici : https://www.cnrseditions.fr/catalogue/geographie-territoires/les-transitions

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  • 2 March, 2021
    Rouge Cochenille

    Rouge Cochenille

    Rouge Cochenille, Histoire d’un insecte qui colora le monde XVIe-XXIe siècle de Danielle Trichaud-Buti et Gilbert Buti, cartographie d'Alexandre Nicolas aux CNRS Éditions, 2021.

     Rouge Cochenille, histoire d’un insecte qui colora le monde XVIe-XXIe siècle
    Note de l'éditeur :
    La cochenille n’aurait pu être qu’un insecte parasite du nopal, cactus des hauts plateaux du Mexique. Grâce aux soins des peuples précolombiens, son cadavre est devenu un trésor convoité par toute l’Europe. Matière première pour teindre dans une gamme de rouges du luxe (carmins, cramoisis, écarlates), elle y a détrôné le vermillon du kermès.
    Danielle Trichaud-Buti et Gilbert Buti se livrent à la traque de l’étonnant insecte qui participe à la première mondialisation des échanges. Après avoir présenté le produit dans l’espace amérindien et son contrôle par les Espagnols, ils en retracent sa redistribution en pointant le rôle de Marseille, « place la plus délicate de l’Europe » au XVIIIe siècle. L’enquête se prolonge par l’étude de son acclimatation dans le monde au XIXe siècle avant son abandon provoqué par les colorants synthétiques, puis son discret retour de nos jours comme colorant naturel.
    Une épopée haute en couleur à travers le Nouveau et l’Ancien Monde, où se tissent les destins ordinaires et exceptionnels d’aventuriers, d’artisans et de marchands, mais aussi de scientifiques botanistes, naturalistes et géographes parmi les plus passionnants.


     Rouge Cochenille, histoire d’un insecte qui colora le monde XVIe-XXIe siècle
     Rouge Cochenille, histoire d’un insecte qui colora le monde XVIe-XXIe siècle

     Rouge Cochenille, histoire d’un insecte qui colora le monde XVIe-XXIe siècle
     Rouge Cochenille, histoire d’un insecte qui colora le monde XVIe-XXIe siècle
    Un livre à lire et à regarder ! Une histoire passionnante accompagnée d’une riche iconographie. Bref une vraie réussite éditoriale.
    Pour ce procurer ce beau livre n'hésitez pas à le commander sur le site du CNRS (
    https://www.cnrseditions.fr/catalogue/histoire/rouge-cochenille/)

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  • 11 February, 2021
    Atlas des Français

    Atlas des Français

    Atlas des Français (Éducation, santé, emploi, inégalités : les transformations de la société française) de Laurence Duboys Fresney, cartographie d'Alexandre Nicolas aux Éditions Autrement, 2021.

    L'Atlas des Français

    L'Atlas des Français de Laurence Duboys Fresney
    Note de l'éditeur :
    Un portrait inédit de notre société.
    En 2021, les Français sont désormais bien entrés dans le XXIe siècle. À quoi ressemble aujourd’hui notre société ? Les discriminations face à l’emploi s’atténuent-elles pour les enfants de l’immigration ? Quels sont les bastions qui restent à conquérir pour les « petites-filles du baby-boom » ? Quels sont les nouveaux visages de la délinquance, et le sentiment d’insécurité est-il rationnel ? Quels sont les départements qui profitent le plus des mouvements de population ?
    Droit à l’éducation, accès au logement, pouvoir d’achat, éclatement de la classe moyenne, épargne, place des femmes, des jeunes et des seniors, services publics, influence de la religion, accès au numérique ou équilibre entre travail et loisirs : le bilan que dresse l’auteur met en lumière la complexité et les paradoxes de la société française. L’impact de la pandémie comme accélérateur du changement social est également abordé dans un premier état des lieux.
    Grâce à 180 cartes, graphiques et infographies présentant les résultats des dernières enquêtes et statistiques de l’Observatoire français des conjonctures économiques de Sciences Po, cet atlas passionnant dévoile les grandes tendances mais aussi les constantes des transformations à l’œuvre.


    Quelques cartes de l'ouvrage :

    Carte : Les Aires d'attraction des villes selon le nombre d'habitant en 2017
    Carte : Les Aires d'attraction des villes selon le nombre d'habitant en 2017
    Carte : La qualité de vie dans les territoires
    Carte : La qualité de vie dans les territoires

    Carte :
    Les demandes de logements sociaux en France

    Carte : Les demandes de logements sociaux en France
    Carte : Les systèmes de production agricoles en France

    Carte : Les système de production agricoles en France
    Document  : La composition de l'Armée française
     Document  : La composition de l'Armée française

    Carte  : Part des immigrés dans le population française, en 2017
    Carte  : Part des immigrés dans le population française, en 2017

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  • 24 December, 2020
    Kisokaidō et Kuniyoshi

    Kisokaidō et Kuniyoshi

    Catalogue de l'exposition : Voyage sur la route du Kisokaido - De Hiroshige à Kuniyoshi sous la direction de Manuela Moscatiello.
    Réalisation de la cartographie.
    L'exposition (16 octobre 2020 - 17 janvier 2021) est présenté au musée Cernuschi (Paris).

    L'exposition permettra de parcourir en images l'une des routes les plus spectaculaires du Japon : le Kisokaido. Elle rassemblera un ensemble de près de cent cinquante estampes japonaises exceptionnelles, dont certaines seront dévoilées au public pour la première fois. L’exposition permettra de parcourir en images l’une des routes les
    plus spectaculaires du Japon : le Kisokaidō, qui était une des cinq voies du réseau routier créé au Japon durant l’époque Tokugawa (1603-1868). Elle reliait Edo (actuelle Tōkyō), où le shogun avait sa résidence, à Kyōto, siège de l’empereur. Contrairement à la route du Tōkaidō, qui rejoignait l’ancienne capitale en cinquante-trois relais le long de la côte, le Kisokaidō, jalonné de soixante-neuf étapes, traversait l’intérieur montagneux. Il suivait un itinéraire plus long, parfois plus pittoresque et ardu en raison de la présence de neuf cols escarpés.

    Entre 1835 et 1838 le Kisokaidō fit l’objet d’une série d’estampes réalisées par Eisen (1790-1848) et Hiroshige (1797-1858), dont le succès fut considérable. Deux autres séries virent le jour sous le pinceau de Kunisada (1786-1865) et de Kuniyoshi (1797-1861). Elles constituent les deux grandes parties du parcours de l’exposition.

    Catalogue : Voyage sur la route du Kisokaidō. De Hiroshige à Kuniyoshi

    Carte : Voyage sur la route du Kisokaidō. De Hiroshige à Kuniyoshi

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  • 24 December, 2020
    6MOIS - N°20

    6MOIS - N°20

    Dans toutes les bonnes librairies, sort ce mercredi 15 novembre 2020 le nouveau numéro du magazine 6MOIS, le XXIe siècle en images, magazine qui donne la part belle à la photo et au photojournalisme. Réalisation cartographique d'Alexandre Nicolas.

    6M20 couverture

    Éditorial :

    Obama venait d’être réélu. Fin 2012, nous avions titré notre numéro 4 « USA, nouvelle saison » et ouvert notre triptyque sur cette phrase du premier président afro-américain des États-Unis : « Quiconque vous dit que l’Amérique est en déclin ne sait pas de quoi il parle. » Rêves de puissance, de liberté, d’égalité, recherche du bonheur : une saison de Trump plus tard, nous avons eu envie d’interroger une nouvelle fois ce mythe américain.
    Nos ordinateurs regorgent d’histoires rangées par pays, certaines envoyées par les photographes, d’autres repérées sur Internet, lors de prix ou de festivals. Celle de Bethany Mollenkof nous a saisis par sa justesse. L’Américaine raconte que quand elle arrive quelque part les gens n’imaginent pas que c’est elle « le » photographe. D’abord c’est une femme – elles représentent à peine 15 % des photoreporters ; et en plus, elle est noire. Cette fille du Tennessee, dans le Sud conservateur, s’intéresse aux Noires américaines, leur ventre, leur vie en danger : elles ont trois à quatre fois plus de risque de mourir d’une grossesse ou d’un accouchement que les Blanches. « La communauté n’est pas assez racontée, nous dit-elle. Il faut des histoires. Des histoires tout en nuances. » Ces nuances sont au cœur du projet « Geography of Poverty » du photographe de l’agence Magnum Matt Black. Six ans de travail, 160 000 kilomètres d’asphalte à travers 46 États : ce road trip en noir et blanc, exceptionnel par son ampleur, témoigne d’une pauvreté systémique, ancrée. « Mon pays, dit-il, est très différent des histoires que nous aimons nous raconter. »
    Matt Black et Bethany Mollenkof, s’inscrivent dans une longue tradition de la photographie sociale américaine. Dès les années 1880, Jacob Riis publie dans le Evening Sun des photos des taudis insalubres des ouvriers du Nord – interpellé, le maire de New York fera assainir certains lieux, comme les asiles de nuit. En 1910, Lewis Hine enquête sur les conditions de travail des enfants.
    Ses images indignent le pays, une loi pour la protection de l’enfance est votée. Durant la Grande Dépression qui suit le crash de 1929, la Farm Security Administration, organisme d’État chargé d’aider les fermiers les plus pauvres, envoie des photographes dresser un portrait de l’Amérique en crise. Le but : convaincre de l’utilité des réformes du président Franklin Roosevelt. Parmi eux, des grands noms – Walker Evans, Russell Lee, Arthur Rothstein, Ben Shahn, Dorothea Lange, célèbre pour sa photo de la « mère migrante », ou encore Gordon Parks, l’un des premiers photographes noirs à user de son objectif comme d’une arme pour dénoncer la ségrégation sociale, et raciale.
    Autre époque, près d’un siècle plus tard, c’est une vidéo, tournée par une adolescente, qui révèle l’indicible. George Floyd, Afro-Américain de 46 ans, étouffe au bout de huit longues minutes sous le genou d’un policier. « Le racisme n’est pas en train d’empirer, il est juste enfin filmé », prévenait l’acteur noir Will Smith en 2016. Les chiffres qui affluent des États-Unis embrasés par la colère semblent irréels : les Noirs ont 2,5 fois plus de probabilité d’être abattus par la police que les Blancs ; un Noir sur trois né aujourd’hui risque la prison, pour un Blanc sur dix-sept. Alors que nous bouclions ce numéro, les images de Bethany résonnaient d’un coup. Elle dit qu’elle « fabrique des archives. Les archives sur les femmes et les personnes de couleur ». C’est la force des projets au long cours : leurs histoires font déjà mémoire •
    Léna Mauger

    Carte - Le Cartographe 6Mois
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  • 23 December, 2020
    Les Littoraux

    Les Littoraux

    Réalisation de la cartographie de ce nouveau numéro de la documentation photographique : Les Littoraux (CNRS Éditions)
    Sous la direction de Annaig Oiry (Maître de conférences en géographie à l’Université Gustave Eiffel de Marne-la-Vallée)

    Couverture de ce numéro (décembre 2020)

    DocPhoto - Les Littoraux
    Les littoraux présentent aujourd’hui des visages variés. Si certains maintiennent une activité de pêche importante, d’autres favorisent le développement du tourisme. Si certains sont devenus des interfaces industrielles intégrées aux grands circuits mondialisés, d’autres restent isolés, marginalisés. La question de la vocation de ces espaces littoraux est liée à des enjeux politiques, géopolitiques, économiques, sociétaux et environnementaux majeurs, abordés ici.

    Quelques cartes de l'ouvrage :

    Carte : La piraterie dans le golfe de Guinée en 2018
    Carte : La piraterie dans le golfe de Guinée en 2018
    Carte :
    Les aires marines protégées en Afrique de l'Ouest

    Carte : Les aires marines protégées en Afrique de l'Ouest

    Carte :
    Les Touristes et backpackers en Asie du Sud-Est

    Carte : Les Touristes et backpackers en Asie du Sud-Est

    Carte : Pollutions dans le golfe du Mexique à la suite de l'explotion de la plateforme pétrolière Deepwater Horizon

    Carte : Pollutions dans le golfe du Mexique à la suite de l'explotion de la plateforme pétrolière Deepwater Horizon

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  • 7 October, 2020
    L'Empire Romain

    L'Empire Romain

    Réalisation de la cartographie de ce nouveau numéro de la documentation photographique : L'Empire Romain (CNRS Éditions)
    Sous la direction de Pierre Cosme (Professeur d'Histoire romaine à l'université de Rouen, Groupe de Recherche en Hisoire EA 3831 )

    Couverture de ce numéro (octobre 2020)

    L'Empire Romain (CNRS Édition)
    Au Ier siècle av. J.-C., Rome a formé un empire à l’échelle de l’Europe occidentale et de la Méditerranée. Tout en conservant les apparences républicaines, Auguste fonde un nouveau régime politique : le Principat. Il adapte ainsi les institutions romaines aux dimensions de l’Empire. Ce moment politique essentiel ouvre une période de cinq siècles d’unité territoriale autour de la Méditerranée pendant laquelle s’épanouit la civilisation gréco-romaine.
    Ce dossier explore l’Empire romain dans sa diversité, ses évolutions et ses éléments de continuité structurants. Il offre un aperçu de cette société fortement hiérarchisée, reposant sur l’esclavage, mais dans laquelle des affranchis peuvent s’élever à des fonctions parmi les plus hautes de l’État.

    Quelques cartes de l'ouvrage :

    Carte : L'empire romain et les nouvelles capitales impériales au IVe siècle
    L'empire romain et les nouvelles capitales impériales au IVe siècle
    Carte :
    Migrations et invasions barbares dans le première moitié du Ve siècle

    Carte : Migrations et invasions barbares dans le première moitié du Ve siècle
    Carte :
    Les provinces romaines à la fin du IIe siècle

    Carte : Les provinces romaines à la fin du IIe siècle

    Carte : Principaux espaces de production et axes commerciaux dans l'Empire Romain

    Carte : Principaux espaces de production et axes commerciaux dans l'Empire Romain

    Carte : Le Portus à Ostie près de Rome
    Carte : Le Portus à Ostie près de Rome

    Carte : Plan de Constantinople
    Carte : Plan de Constantinople


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  • 3 September, 2020
    Guerre du Péloponnèse

    Guerre du Péloponnèse

    L’Histoire de la Guerre du Péloponnèse de Thucydide - préface par Olivier Rolin, traduit par Charles Zevort aux Éditions de l'École de Guerre.
    Cartographie Alexandre Nicolas.

      " L’Athénien Thucydide a écrit l’histoire de la guerre entre les Péloponnésiens et les Athéniens et raconté les divers incidents de cette lutte. Il a commencé son œuvre au début même des hostilités, prévoyant combien cette guerre serait importante, combien plus mémorable que celles qui avaient précédé : il en avait pour preuve les immenses ressources de tout genre avec lesquelles les deux peuples allaient s’entrechoquer, et les dispositions des autres États de la Grèce qu’il voyait ou prendre parti immédiatement, ou méditer dès lors de le faire. C’est là, en effet, le plus vaste mouvement qui jamais se soit produit chez les Grecs ; il embrassa une partie des barbares, et ébranla pour ainsi dire au loin l’univers."

    Ouvrage intemporel, l’Histoire de la Guerre du Péloponnèse conserve toute sa pertinence pour comprendre les dynamiques des forces de  notre époque.
    .

    Carte : la guerre du Péloponnèse

    Carte : la guerre du Péloponèse

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  • 1 September, 2020
    6MOIS - N°19

    6MOIS - N°19

    Dans toutes les bonnes librairies, sort ce mercredi 15 mai 2020 le nouveau numéro du magazine 6MOIS, le XXIe siècle en images, magazine qui donne la part belle à la photo et au photojournalisme. Réalisation cartographique d'Alexandre Nicolas.

    6M19 couv

    Éditorial :

    Une enquête sur la santé des photojournalistes ? On pense maladies du grand reporter : tourista, paludisme, voiture piégée, assassinat ciblé. L’état des lieux dressé en juin 2019 par la sociologue Irène Jonas tranche avec un quelconque romantisme et rapproche les photographes des chauffeurs Uber. Le premier risque du métier, dans un univers de la presse abîmé, est le même que celui subi par un ouvrier dans une usine en liquidation, ou en pleine « réorganisation », comme on dit maintenant : perte de sens, burn-out, sentiment de ne pas être respecté, peur de l’avenir. Vient ensuite la pénibilité : les horaires, la flexibilité, le matériel à porter. Puis l’absence de soins. La plupart des photographes cumulent les statuts : autoentrepreneurs, pigistes (payés en salaire), auteurs (cotisant à l’Agessa). En multipliant les régimes, ils sont privés d’un accès correct à la sécurité sociale, aux mutuelles, aux caisses de retraite. Certains comptent sur leur conjoint, ou prient pour ne jamais tomber malade, avoir besoin de lunettes… D’autres repoussent puis oublient un projet de grossesse. D’autres encore vieillissent sans le sou.

    Dans ce paysage sinistré, 6Mois ne fait pas figure de solution. Nous ne paraissons que deux fois par an, trop peu pour assurer des perspectives aux photographes. Exigeants mais humbles, nous savons que nous ne sauverons pas ce métier. Nous ne paierons jamais assez celui qui a passé un an, dix ans, une vie sur un sujet. Carolina Arantes, qui ouvre notre triptyque sur le Brésil, travaille sur l’agrobusiness depuis six ans. Javier Alvarez a régulièrement passé six à huit semaines, entre 2014 et 2019, dans un squat de São Paulo.

    Comment gratifier un tel engagement ? Comment rendre justice à leur travail ? C’est toute notre ambivalence : nous aimons des projets qui ne reposent sur aucun modèle économique. Nous primons la passion, le dévouement, le courage, sans être capables de vraiment les rétribuer. Nous payons honnêtement : autour de 2 500 euros le reportage. Cette somme dépend du nombre de pages publiées, pas du nom du photographe. Qu’il soit un inconnu habitant un village iranien ou une star américaine, nous accordons à chacun la même attention. Et nous défendons leurs projets auprès de vous, lecteurs, avec le même enthousiasme.

    Alors que faire ? À la lecture de ce rapport, on ne doit pas se contenter du constat. Chacun peut, à son niveau, s’engager à participer à la survie d’un photojournalisme aussi remarquable que les femmes et les hommes qui le pratiquent. À 6Mois, nous leur proposons de publier leur projet sur une vingtaine de pages. Nous tentons de coller au plus près de leur démarche. De les guider dans le travail de légendes, d’éclairage, pour faire émerger le sens et la dynamique de leur histoire. Cette année, pour la première fois, nous lançons aussi un prix doté de 10 000 euros et accompagnerons un ou une photographe dans la poursuite de son projet (voir page 305). Cette fois encore, nous encouragerons le souffle, l’engagement.

    Et vous ? Si vous lisez ces lignes, si vous tenez 6Mois entre vos mains, vous faites votre part. Les photographes ne vivent que grâce aux publications qui les rétribuent ; nous ne vivons que grâce à vous, lecteurs. Aucune page de publicité, aucun mécénat. Chaque fois que vous dépensez 26 euros pour cette revue de 300 pages, vous permettez à ces professionnels de mettre une noix de beurre dans leurs épinards. D’aller voir un dentiste. De contracter une mutuelle. De partir en vacances une semaine. C’est rien, n’est-ce pas. Cela aide pourtant à avancer, à se projeter. De notre part à tous : merci

    Carte - Le Cartographe 6Mois
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